ECOPHYTO 2018 : un plan pour réduire de moitié l'usage des pesticides
27/10/2009
Des produits qui rendent des services…
Au cours des siècles, les récoltes ont été compromises par des ravageurs, notamment des insectes, ou des maladies dues à des champignons. Qui n'a en mémoire le mildiou, un champignon parasite de la pomme de terre qui réduisit l'Irlande à la famine, ou le phylloxera, qui a anéantit le vignoble français. L'usage de produits phytosanitaires permet d'assurer la protection des cultures.
… mais qui présentent des risques
Parce que ces produits agissent sur les organismes vivants, ils peuvent aussi avoir des impacts négatifs sur la santé et l'environnement. On retrouve parfois dans l'eau, l'air et le sol des résidus, suspects d'être incriminés dans la réduction de la biodiversité. Ils présentent surtout des risques pour les applicateurs qui doivent être en mesure de respecter des précautions et mesures strictes d'utilisation.
Comment réduire l'usage des pesticides tout en maintenant un niveau de production agricole élevé ?
La réduction de l'usage des pesticides est une des composantes essentielles des objectifs de la durabilité des pratiques agricoles. Le Grenelle de l'environnement a fait émerger, avec les agriculteurs qui sont les premiers exposés aux risques induits par l'application de produits phytosanitaires, un consensus sur la nécessité d'une politique ambitieuse de réduction de l'usage des produits phytosanitaires. Le tout dans le respect de la compétitivité de notre agriculture. Conformément aux conclusions du Président de la République, à l'occasion de la restitution des conclusions du Grenelle de l'environnement, Michel Barnier a établi un plan d'action présenté en conseil des ministres le 10 septembre 2008.
Le plan Ecophyto prévoit :
- de diffuser le plus largement possible auprès des agriculteurs les pratiques connues, économes en produits phytosanitaires (réseau de 3 000 fermes pilotes) ;
- de dynamiser la recherche sur les cultures économes en pesticides et d'en diffuser largement les résultats ;
- de renforcer, par la formation, la compétence de l'ensemble des acteurs de la chaîne pour réduire et sécuriser l'usage des produits phytosanitaires (permis d'achat nécessaire à compter de 2014) ;
- de surveiller en temps réel les maladies et ravageurs des cultures afin d'avertir les exploitants et leur permettre de mieux cibler les traitements (bulletin de surveillance gratuit) ;
- de prendre en compte la situation spécifique des départements d'outre-mer en matière de risques phytosanitaires ;
- de mettre en oeuvre des actions spécifiques pour réduire et sécuriser l'usage des produits phytosanitaires dans les espaces non-agricoles (parcs et jardins urbains…) ;
- de retirer du marché des produits contenant les substances les plus préoccupantes (30 substances utilisées dans 1 500 produits ont éré retirées fin 2008, 10 substances supplémentaires seront retirées fin 2010).
Pour suivre les progrès réalisés, sont mis en place :
- un dispositif de suivi quantitatif des doses de pesticides utilisées en France.
- une instance de suivi, regroupant professionnels, ONG, chercheurs, sous présidence du ministre chargé de l'agriculture.
Le plan Ecophyto 2018 (sept. 08)
Consultez le plan Ecophyto 2018. Consultez le communiqué de presse du 10/09/2008 : Présentation du plan Ecophyto 2018 Consultez le compte rendu du conseil des ministres du 10/09/08
Le plan Ecophyto décliné en 105 mesures (avril 09)
Consultez le communiqué du 23/04/09 : Michel Barnier installe le premier Comité national d'orientation et de suivi du plan Ecophyto 2018. Consultez les 105 Fiches-Actions du plan Ecophyto (22/04/09)
Une même règle pour l'Europe
Le paquet pesticide, négocié sous la présidence française du conseil de l'UE, adopté par le Parlement européen le 13 janvier 2009 permet :
- d'assurer un haut niveau de protection du consommateur, de l'utilisateur et de l'environnement dans l'ensemble de l'Europe.
- d'harmoniser les conditions d'autorisation de mise sur le marché des pesticides par les firmes.
Des procédures simplifiées sont prévues pour des préparations naturelles peu préoccupantes. L'épandage aérien sera interdit sauf dérogations strictement encadrées. Les États-membres devront adopter des plans nationaux pour réduire les risques liés aux pesticides.
Le plan Ecophyto 2018 s'inscrit dans le périmètre de l'opération "Objectif Terres 2020".
Historique : travaux des experts (janvier - mai 2008)
Pour préparer ce plan, le ministre a chargé Guy Paillotin, secrétaire perpétuel de l'Académie d'agriculture, de constituer un comité opérationnel d'experts. Ce groupe était chargé de formuler des propositions concrètes d'action pour :
- définir précisément ce que 50 % de réduction veut dire : les références, le mode de calcul, le suivi et l'évaluation.
- évaluer les marges de progrès sur les molécules et itinéraires techniques agronomiques, de la parcelle au territoire.
- mobiliser la recherche et le développement agronomique autour des méthodes alternatives et des systèmes économes en pesticides.
- former des agriculteurs à l'utilisation des pesticides et professionnaliser les métiers de la distribution et du conseil phytosanitaire autour d'un objectif de certification.
- renforcer les réseaux de surveillance sur les bio-agresseurs et sur les effets non intentionnels de l'utilisation des pesticides avec une mise en transparence de la connaissance.
S'y sont ajoutés deux axes transversaux concernant les départements d'outremer (Ecophyto DOM) et les zones non agricoles (ZNA).
Dans l'esprit du Grenelle, ce plan a été élaboré avec l'ensemble des parties prenantes au dossier des pesticides : professionnels agricoles, producteurs de produits phytosanitaires... Le groupe d'experts et les différentes parties ont été réunis sous la présidence de Michel Barnier tous les trois mois pour valider l'état d'avancement du comité opérationnel d'expert.
Conclusions du groupe d'experts Ecophyto2018 (mai 2008)
Les conclusions des travaux du groupe opérationnel d'experts, présidé par Guy PAILLOTIN, ont été présentées à Michel BARNIER le 22 mai 2008. Le comité recommande la mise en place d'actions qui ont pour objectifs stratégiques la généralisation dans l'immédiat des meilleures pratiques agricoles économes en pesticides, la levée des obstacles à l'innovation et à la construction de nouveaux systèmes de production moins dépendants des pesticides et viables. Il souligne également la nécessité de s'appuyer sur le renforcement des réseaux de surveillance des bioagresseurs et des effets de l'utilisation des pesticides. Il préconise une ambition très forte en matière de formation des utilisateurs et de sécurisation des métiers de la distribution des pesticides, conditions nécessaires pour faire adhérer le plus largement possible à ces démarches. Un indicateur de suivi des résultats du plan est préconisé.
Consulter le texte du rapport Paillotin
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ÉCOPHYTO 2018 : un plan pour réduire de moitié l'usage des pesticides
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