Le Président de la République a fixé un objectif de 50% pour la réduction de l'utilisation des pesticides. Il convient donc de définir précisément ce que l'on entendra par quantité de pesticides utilisé, l'unité de mesure et la référence.
Le choix de l'indicateur a été en soi même un chantier qui a nécessité la mobilisation d'expertise technique. Ainsi, mesurer des masses globales était un choix possible, mais les nouveaux produits étant globalement moins lourds, on risquait de voir des effets de baisse sans changement des pratiques ; autre choix mesurer la fréquence du recours aux produits dans chaque exploitation, mais cette méthode ne permet pas d'agrégation, au niveau national, fiabilisée. L'indicateur retenu devait également permettre de « gommer » l'effet des variations annuelles de l'utilisation des pesticides liées aux conditions climatiques et à la pression des bio-agresseurs.
A l’issue des travaux du COMOP*, l’indicateur NODU a été choisi comme indicateur de suivi du plan au niveau national et régional. Celui-ci mesure globalement le recours à l’utilisation des pesticides en rapportant le volume vendu à une dose de référence. Un outil informatique permettant son calcul est en cours de développement.
L'indice de Fréquence de Traitement (IFT), construit à partir d’enquêtes statistiques sur les pratiques agricoles, a été retenu comme un indicateur d’accompagnement des pratiques agricoles et de leurs évolutions. Il n’est à ce jour disponible que sur les grandes cultures et sur une périodicité de 5 ans. Sa mobilisation suppose une augmentation du nombre et de la portée de ces études, qui sera mise en œuvre dès 2010.
De plus, afin de renseigner ces indicateurs de référence, le tableau de bord de suivi du plan et les indicateurs d’impact dont le COMOP a retenu la nécessité, un système d’informations devra être mis en place à partir, dans un premier temps, des référentiels substances et produits du système d’information de la protection des végétaux et de la base de données nationale des ventes issue des données mobilisés pour la perception de la redevance pollution diffuse instituée par la loi sur l’eau.
*COMOP : comité opérationel