Etudier : accueillir plus de jeunes en situation de handicap
01/12/2008
Selon la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, tout enfant handicapé est, de droit, un élève, acteur de ses apprentissages. Dans la réalité comment s'y prendre quand on est parent, étudiant, professeur, responsable d'un établissement du technique ou du supérieur, privé ou publique ?
Rendre possible « l'accès au savoir pour tous »
La loi autorise à tout parent d'élève en situation de handicap de choisir l'établissement, public ou privé, dans lequel il souhaite que son enfant étudie - il s'agit d'un droit opposable - à condition que cette orientation soit validée dans son « projet personnalisé de scolarisation ». Auquel cas, l'établissement de référence (celui choisi par la famille) a le devoir de tout mettre en œuvre pour assurer un accès total au cadre bâti et aux programmes de la formation choisie à l'élève handicapé.
Les modifications et aides humaines, techniques et organisationnelles nécessaires pour obtenir l'égalité des droits et des chances, seront définies par la MDPH dans une «notification».
L'intégralité du financement reviendra aux ministères de tutelle concernés. Par exemple, pour un établissement agricole, c'est le ministère de l'agriculture et de la pêche qui débloquera les fonds nécessaires, quel qu'en soit le prix.
Vidéo : Une classe de 10 élèves handicapés à l'UPITEC d'Yssingeaux (Haute-Loire)
L'UPITEC (Unité pédagogique d'interprétation à vocation technique) est un dispositif de scolarisation en milieu ordinaire qui permet à des jeunes de 16 à 20 ans déficients cognitifs (difficulté à acquérir des connaissances), de suivre une formation sur deux ans.
Celle d'Yssingeaux (Haute-Loire), établie en partenariat avec deux lycées voisins, l'un dépendant du ministère de l'agriculture, l'autre de l'éducation nationale, a ouvert en 2007. Blandine, Elisabeth, Maeva et Pierre-Luc, en 1e année, et Geoffrey, Geoffroy, Jennifer, Jonathan, Kévin, et Yoan, en 2e année, s'y sentent bien. Un premier pas avant l'objectif final : une meilleure issue professionnelle pour chaque élève.
Le Projet personnalisé de scolarisation (PPS)
Avant d'entamer toute démarche d'inscription dans un établissement d'enseignement, un projet personnalisé de scolarisation doit être construit. Une équipe éducative, mais aussi les parents de l'enfant handicapé, prennent part à l'élaboration de ce PPS. Dans ce projet, toutes les exigences matérielles et besoins pédagogiques seront cités, de manière à ce que l'élève handicapé se retrouve dans la même situation que les autres. Par exemple, pour un étudiant déficient visuel, il peut s'avérer nécessaire de recruter un assistant pour écrire à sa place. Ou bien, il pourrait avoir besoin que tous les documents scolaires soient imprimés en format A3 (plus grand que le format usuel A4). Par ailleurs, un élève sourd-muet peut être dispensé de cours d'anglais. Ou encore un enfant handicapé physique pourrait voir son cours de sport réaménagé en fonction de ses capacités. En aucun cas la mise en place de ces aides ne doit dévaloriser le diplôme pour lequel l'enfant handicapé est inscrit.
Dans les établissements agricoles
Au sein de chaque direction régionale de l'agriculture et de la forêt, le service régional de la formation et du développement a mis en place un correspondant handicap. Ce dernier a le rôle de soutenir la mise en place de l'aide, précisée dans la notification de la MDPH, dans le cadre du PPS. Une fois l'élève inscrit, l’inspection académique (ministère de l'éducation nationale) désigne un enseignant spécialisé référent, comme garant du suivi, de la mise en oeuvre et de la cohérence du PPS tout au long du parcours scolaire de l'élève concerné. Il couvre plusieurs établissements dans un bassin géographique. Si un parent ou un enseignant a un problème sur la réalisation du PPS, c'est cet enseignant référent qui doit être saisi. Les procédures relatives à l'accueil d'élèves-étudiant(e)s handicapé(e)s sont nécessaires mais pas suffisantes si l'on oublie la nécessité de travailler en équipe. Toutes les dimensions du parcours de formation de l'élève handicapé ne pourront être prises en compte et résolues si l'ensemble du personnel de l'établissement ne travaille pas en réseau. L'UPITEC d'Yssingeaux a relevé le défi et représente un exemple de réussite en matière de collaboration pertinente, de communication étroite et d'adaptation constante.