Un nouveau contrat entre la société et les forestiers. Christian Barthod, sous directeur de la protection de la nature au ministère en charge de l'écologie, dans son analyse de la gouvernance des forêts dans les pays développés a mis en évidence le fossé qui s'agrandit avec le public au sujet des forêts.
L'image de la nature sauvage que reçoit le public, à travers la télévision notamment, s'appuie sur la forêt tropicale ou boréale. Elle est très éloignée de la nature anthropisée des forêts européennes. Elle repose sur des paysages apparaissant immuables et de toute beauté, alors que les interventions sylvicoles entraînent des bouleversements visuels. Les hommes perçoivent les valeurs utilitaires (biens produits), éthiques (bénéfice pour la société) et esthétiques (beauté, harmonie, ..).
Pour Christian Barthod, la rénovation du contrat entre le public des pays développés (dont la France) et les forestiers devra reposer sur ce systèmes de valeurs :
- utilitaires : bois comme puits de carbone, forêt source de santé, diminution du gaspillage des produits forestiers, ..
- éthiques : acceptabilité d'un certain degré d'introduction d'essences exotiques et de manipulation génétique, ..
- esthétiques : qualité du paysage offert par les forêts, de l'extérieur ou de l'intérieur, correspondance avec l'idée de naturalité.
Ces dernières notions sont du domaine culturel. Les progrès dans la relation entre le public et les forestiers exigent donc une meilleure connaissance du fond culturel forestier. De même que pour répondre aux critiques des écologistes, les forestiers ont développé l'ingénierie environnementale, il serait nécessaire pour mieux communiquer avec le public et les populations locales concernées par les aménagements forestiers de développer une ingénierie culturelle : elle permettrait d'analyser l'attente du public et d'y apporter des réponses.
D'autres présentations françaises. Dans l'atelier consacré aux politiques nationales, a été présentée la démarche de prospective conduite par le CGAAER: « la forêt française en 2050 -2100 », devant quelque 200 auditeurs. Avec le soutien du ministère des affaires étrangères et européennes, les experts français en foresterie tropicale ont exposé l'intérêt de l'aménagement forestier et les résultats déjà obtenu, pour une gestion durable de massifs équatoriaux, dans le bassin du Congo.