Le stand français a accueilli ce mercredi 21 octobre le secrétaire de l'Environnement et du développement durable de l'Etat du Minas Gerais au Brésil, José Carlos Carvalho. Il était intervenu la veille dans la session plénière forêts et changement climatique et avait milité pour un système d'aides aux forêts existantes pour prendre en compte les bénéfices environnementaux et sociaux apportés à la collectivité. Tant que la destruction des forêts coûtera moins que la mise en valeur de terres dégradées, la déforestation continuera.
José Carlos Carvalho a développé sa position dans son entretien en redisant que la clef de la fin de la déforestation était entre les mains des pays développés : ils ont réussi à apporter 3 000 milliards de dollars aux banques en quelques semaines et ne pourraient pas consacrer 800 milliards pour la protection des forêts enjeu mondial pour la protection de la biodiversité ! Copenhague est donc pour lui un rendez-vous très important.
Il est vrai que 60 % des émissions de CO2 au Brésil proviennent de la déforestation , puisque la production d'électricité est « propre » du fait des grandes usines hydroélectriques. La participation du Brésil à la réduction de l'effet de serre porte donc sur l'arrêt de la déforestation. Pour ce faire, le Brésil vient de décider de diminuer de 80 % d'ici à 2020 la déforestation.
D'une superficie égale à celle de la France, l'Etat du Minas Gerais (Sud-Est du pays) est encore plus offensif puisque le taux retenu est de 95%. Cet État a participé dernièrement à des discussions multilatérales en Californie avec d'autres États américains pour mettre au point le financement de ces actions.
L'expérience française dans le bassin du Congo appréciée au Brésil
Le Brésil a installé de grandes plantations artificielles d'eucalyptus et de pins (6,6 millions d'hectares), qui alimentent de grandes industries de production de papier et de panneaux. Le potentiel de développement de ces plantations est immense puisqu'il existe encore plus de 50 Mha de terres dégradées susceptibles d'être boisées, sans toucher à la forêt existante.
Le projet cofinancé par la France « Floraqui » vise à mettre au point les méthodes de boisement dans ces régions. Ces méthodes seront des plus utiles si le changement climatique se traduisait par la « savanisation » de l'Amazone !
L'année 2009 étant l'année France-Brésil, deux accord importants ont été signés portant sur le biome* amazonien et sur l'installation d'un centre franco-brésilien pour la biodiversité. Le CIRAD et des consultants français s'installent au Brésil, notamment en y exportant l'expérience de la gestion des forêts tropicales du bassin du Congo (Pour en savoir plus, consultez le document Foresterie française). Plus que jamais le Brésil apparait comme un grand acteur du monde forestier.
* Biome : ensemble des écosystèmes forestiers.