Comment mesurer les progrès dans les objectifs fixées par le CFM en matière de déforestation ou de progression de la production de richesse par l'activité sylvicole sans évaluation globale ? Comment estimer demain la biomasse ou le stock de carbone représenté par les forêts mondiales ? Tous les pays forestiers ne peuvent pas toujours consacrer à ces questions les ressources nécessaires à un investissement souvent de long terme. Les dispositifs nationaux de suivi et d'évaluation des forêts, communément désignés par l'acronyme anglais NFMA sont un des leviers du développement forestier. Ainsi, en France, l'Inventaire forestier national, créé en 1958, a acquis une expérience reconnue à l'international qui permet de bien connaître le couvert forestier en métropole comme Outre-mer et d'en suivre les évolutions.
En novembre 2008, la FAO (Food and Agriculture Organization) a demandé la mise en place d’un panel d’experts pour suivre la mise en place des NFMAs dans les pays en développement. La première réunion de ce panel d’experts s’est tenue le lundi 19 octobre en tant qu’événement parallèle du Congrès Forestier Mondial. Il se réunira une fois par an.
Avec le processus NFMA, la FAO vient en soutien des différents processus internationaux, tels que la Convention sur la diversité biologique (CBD), la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique (UNFCCC) et le programme de lutte contre la déforestation et la dégradation des forêts (REDD). Un des objectifs principaux est de renforcer les liens entre le processus Evaluation des ressources forestières (FRA), apprécié par les inventaires forestiers, et les outils de collecte du NFMA, pour les pays qui ne disposent pas d’inventaire forestier.
Le besoin d’informations, actualisées régulièrement et fiables, par le biais du NFMA devrait contribuer à l’amélioration de la production de rapports internationaux.
Le directeur de l’Inventaire forestier national, Claude Vidal, a été élu président de ce panel d’experts, le Brésil assurant la vice-présidence.
Le Panel d’expert (PE) est défini comme un groupe informel, travaillant sur le long terme dont le mandat de 3 ans est d’assurer le suivi du dispositif et d’émettre des recommandations pour prendre en compte les nouveaux besoins politiques. Il travaille dans 3 directions : stratégique, technique et réseau d’experts entre la plate-forme du NFMA en lien avec les autres processus internationaux.
Les priorités assignées au PE par la réunion formelle de novembre 2008 sont de trois ordres :
- scientifique et technique (échantillonnage, utilisation de la télédétection, modélisation, assurance qualité, et estimation de la biomasse)
- outils de suivi de l’état des forêts (surface forestière, ressources, évolution des stocks de carbone et changements d’utilisation du sol)
- pertinence politique (renforcer le lien entre les données biophysiques et socio-économiques, mise à disposition et interprétation de l’information, et partenariat et travail en réseau des processus internationaux)
Le PE a mis l’accent sur la distinction à faire entre le processus de consultation d’experts de la FAO (formel et décisionnel) et ses travaux qui doivent préparer et éclairer les discussions formelles de ces groupes d’experts.