Congrès forestier mondial 2009 : Qu'en retenir ?
25/10/2009
Alors que l’actualité dominante porte sur le changement climatique, avec la préparation de la réunion de Copenhague, le Congrès forestier mondial a abordé beaucoup d’autres thématiques traduisant la diversité des forêts mondiales (téléchargez la déclaration finale -version française) :
- la gouvernance forestière doit s’appuyer sur une approche territoriale associant les propriétaires forestiers et les collectivités dans le cadre des programmes forestiers nationaux ;
- des transferts financiers sont nécessaires pour payer les services environnementaux et sociaux apportés par la forêt à la société, le prix du bois étant trop faible, entraînant très souvent une surexploitation et une dégradation des forêts, voire la déforestation. Les mécanismes en cours de mise en place autour de l’économie du carbone doivent permettre de réserver des fonds à cette fin ;
- le développement des biocarburants est salué comme une opportunité de procurer de nouveaux revenus aux forestiers, à condition que les recherches pour mettre au point la filière carburant liquide se concrétisent. Le risque de déforestation doit être contenu par des règlements et lois appropriés, d’autant qu’il existe de par le monde des millions d’hectares de terres agricoles dégradées ou cultivées extensivement ;
- la gestion forestière durable est réaffirmée comme le cadre incontournable de gouvernance des forêts, plutôt une grille d’analyse du contexte aux niveaux économique, écologique et social, applicable dans toutes les forêts du monde ;
- les plantations intensives fournissent déjà la moitié des bois récoltés commercialement dans le monde ; elles sont appelées à se développer pour satisfaire la demande croissante de bois (construction et énergie), en allégeant la pression sur les forêts existantes ;
- l’industrie forestière a été affirmée comme le prolongement de l’activité forestière pour le développement économique et la fourniture de biens d’une façon durable, si elle respecte les règles élémentaires environnementales et sociales ;
- la communication avec le public est vue comme un facteur clef de compréhension de la forêt, des métiers forestiers et de la nécessaire évolution pour s’adapter aux changements du monde (climat, démographie, lutte contre la pauvreté).
Le Congrès a marqué que les forestiers doivent s’ouvrir au monde pour que leurs problèmes soient vus comme ceux de la société. Il souhaite que le sommet mondial de Copenhague sur le changement climatique prenne en compte les dossiers forestiers et aboutisse à une conclusion positive.
La délégation française a pu faire connaître la politique forestière et environnementale nationale et les instruments de gestion forestière, notamment ceux mis au point dans le bassin du Congo, faire entendre notre langue alors que la tendance de ce congrès a été au bilinguisme anglais-espagnol.