Safi Ndiaye, parcours d'une championne
02/10/2015
Portrait de Safi Ndiaye
Joueuse de rugby à XV, Safi Ndiaye, 27 ans, formée au Castre Rugby Féminin, évolue aujourd'hui au poste de troisième ligne au Montpellier Herault Rugby, avec lequel elle fut trois fois championne de France en 2013, 2014 et 2015. Joueuse de l’équipe de France, elle remporte le tournoi des 6 nations en 2014 avec un grand chelem à la clef et se classe troisième de la coupe du monde féminine en 2014. Ancienne élève du lycée agricole privé des Touscayrats (Tarn), elle est la marraine de la section sportive rugby féminine de l’établissement.

Vous êtes une ancienne élève d'un lycée agricole. Quels souvenirs gardez-vous de votre scolarité ?

Je m’ennuyais un peu dans ma scolarité, et j'ai eu l'opportunité de m’orienter à partir de la quatrième vers un établissement qui me convenait davantage. Lorsque j’ai visité le lycée de Touscayrats, j’ai été d’emblée séduite par la qualité de l’accueil. Cet établissement forme aux métiers du cheval et des services en milieu rural.

J’ai choisi d’être interne car dans l’enseignement agricole la vie ne s’arrête pas après les cours. J’ai pu participer à des activités périscolaires très épanouissantes. L’ambiance était familiale et il y avait une activité associative importante. Mon professeur d’éducation physique et sportive, monsieur Boyer, m’a repérée rapidement et j’ai pu participer aux entraînement de rugby des garçons.

Pas trop difficile pour une jeune fille cette mixité sportive ?

Je me faisais respecter, et cela me plaisait de poursuivre dans un cadre scolaire ce que je faisais déjà en club puisque j’étais licenciée du club de rugby féminin de Castres. Ce fut le début de ma carrière sportive. D’un point de vue scolaire, j’avais de bons résultats et j’étais très attirée par les métiers liés aux services. J’ai passé un bac Pro « Service en milieu rural » qui m’a permis de devenir éducatrice pour enfants souffrants de troubles du comportement.

Aujourd'hui, je travaille dans un institut thérapeutique éducatif et pédagogique et toute mon expérience acquise dans ma formation me sert énormément.

N’est-il pas difficile de concilier vie professionnelle et statut de sportif de haut niveau ?

Au contraire, c’est un facteur d’équilibre, car le travail, le mien en particulier, nous confronte à la vraie vie avec ses difficultés et ses joies. Pour moi le rugby reste un jeu, c’est ce qui me permet de prendre du recul et donc de supporter la pression et les enjeux.

Que pensez-vous du début de parcours de l’équipe de France masculine en coupe du monde ?

Je vais être franche, je ne les trouve pas heureux : on gagne mais je ne lis pas le bonheur dans leurs yeux. Quand on est sportif, cette dimension entre en compte et vous fait avancer. Peut-être ont-ils trop de pression autour d’eux ? Le rugby professionnel entraîne avec lui des enjeux financiers et médiatiques très importants.

Que souhaitez-vous leur dire ?

Le rugby c’est un jeu, il y a des choses bien plus graves, qu’ils prennent du plaisir.

 

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