Russie

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Contexte agricole et relations internationales

Ce qu'il faut retenir

La Fédération de Russie est le premier pays du monde par sa superficie soit 1/8e des terres émergées, mais n'est que le cinquième en surface agricole et le neuvième pays par sa population (146,3Mhab en 2015), qui croît légèrement depuis 2009 après une longue phase de décroissance. La population rurale, qui représente 26% de la population active, a pour la première fois augmenté en 2015 mais ceci est lié au fait que les habitants de la Crimée ont été ajoutés aux statistiques.

Le climat continental, avec une période végétative courte et des sécheresses récurrentes, ne favorise pas l'agriculture, malgré des terres noires très fertiles (de type tchernoziom) au sud du pays. La surface agricole utile représente 13% du territoire. Les forêts (comme la taïga) couvrent 815Mha (chiffre qui atteint 1184Mha, soit 51% du territoire, si l’on y ajoute les réserves naturelles plus ou moins densément boisées) – 1/5e de la superficie mondiale de forêts - et sont une des richesses naturelles du pays.

La place de l'agriculture dans l'économie russe a considérablement diminué en 20 ans, passant de 15,4% du PIB en 1990 à 4,2% du PIB en 2014. Les secteurs agricole et forestier emploient néanmoins 10% de la population active.

Si la Fédération de Russie reste très dépendante de ses importations en produits agroalimentaires, elle ambitionne d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. La doctrine sur la sécurité alimentaire du pays, adoptée en 2010par décret présidentiel, est le fondement du nouveau programme d'état de développement de l’agriculture pour la période 2013- 020 avec pour objectif d'atteindre la quasi-autosuffisance alimentaire du pays (95% pour les céréales et les pommes de terre, 90% pour le lait, 85% pour la viande, 80% pour le sucre, pour les produits laitiers et pour l'huile végétale) d’ici 2020. Avec l’embargo politique sur certains produits agroalimentaires, l’autosuffisance est quasiment atteinte désormais pour les viandes de volaille et de porc.

Après une phase d’effondrement de la production agricole jusqu’à la fin des années 90 et de stabilisation entre 2000 et 2005,les productions sont reparties à la hausse avec de très fortes croissances pour certaines filières animales à cycle court (au cours des six dernières années: +200% pour la filière volaille et +100% pour la filière porcine). En 2015, la production agricole n’a augmenté que de 3% (après une hausse de 6% en 2014), contrairement à ce que les autorités russes attendaient de l’embargo politique. Seule la filière bovine peine à se redresser (que ce soit en production de viande ou de lait) : le cheptel continue de diminuer, et la production laitière continue à baisser depuis 2009 avec un déficit en lait de 8M de tonnes (le pays reste le 2e importateur de produits laitiers au monde).

Le solde des échanges agroalimentaires franco-russes reste très excédentaire en faveur de la France mais s’est fortement réduit (0,58Md€ en 2015/0,94Md€ en 2014 / 1,10Md€ en 2013) selon les douanes russes (dont les chiffres peuvent différer des douanes françaises, explications infra). La France a perdu pour la deuxième année consécutive des parts de marché en 2015 (2,3% au lieu de 3,25% en 2014 et 4% les années précédentes) du fait de l’embargo politique commencé mi-2014 et qui se poursuit. La France occupe ainsi la 12e place (pays fournisseur) en 2015 et perd donc 3 places (en se plaçant derrière la Biélorussie, le Brésil, la Chine, la Turquie, l’Équateur, l’Allemagne, le Paraguay, l’Indonésie, les Pays-Bas, l’Argentine et l’Italie). La France a cependant moins souffert que les USA de cette situation (qui perd 8places), ou que la Pologne (-5places), mais se fait doubler par les «nouveaux fournisseurs» que sont l’Équateur, le Paraguay, l’Indonésie et l’Argentine.

La Russie demeure un acteur majeur sur le marché mondial des céréales : 6e exportateur en 2015 avec 30Mt (année civile, contre 30,1Mt en 2014). Elle exporte entre 20 et 25Mt chaque année habituellement, et ambitionne d’exporter 40 à 50Mt d’ici 10 à 15 ans (soit 20% du marché mondial).En 2015, la Russie est devenue le 3e exportateur de blé au monde.

L’embargo politique du 7 août 2014 visant certains produits agroalimentaires de l’Union européenne, des états-Unis, de Norvège, d’Australie et du Canada n’a pas eu les effets escomptés sur l’augmentation de la production russe. La volonté politique affichée était de développer la production russe et de diminuer les importations, mais la chute du rouble et les sanctions occidentales portant sur les banques russes ont rendu plus difficiles les investissements(forte hausse du coût du crédit, et augmentation du prix des matériels, machines et animaux importés du fait de le dépréciation de 50% du rouble par rapport à l'euro).

Production agricole

Un potentiel exceptionnel

L’immensité du territoire russe (17Mkm²), laisse disponible pour l’agriculture 385,5Mha de terres (selon les statistiques officielles russes), dont 60% de surfaces cultivées (parmi lesquelles la moitié sont des « tchernoziom», « terres noires » célèbres pour leur fertilité exceptionnelle), et 24,5% de pâturages. Les 14,5% restants, soit 56Mha, sont en jachère. Le climat continental est très rigoureux avec une période végétative réduite et des aléas climatiques fréquents (sécheresse, gel, fortes pluies) générant une forte variabilité interannuelle des rendements.

L’utilisation des terres non cultivées et l’amélioration des rendements laissent donc envisager l’important potentiel de l’agriculture russe pour les années à venir. C’est pour cela qu’un projet de loi est étudié, à la demande de M.Poutine, afin de retirer la propriété des terres agricoles non utilisées depuis 3 ans.

Un secteur productif divisé entre petites exploitations et agroholdings

La production agricole est organisée autour de trois grandes catégories de structures :

  •   Les entreprises privées : héritières des anciennes exploitations collectives ; 40 000 grandes structures de plus de 5000ha de moyenne sur 55,3% de la surface cultivée, qui produisent 73,7% de la production de céréales, 89,2% des betteraves à sucre et 70,3% du tournesol, 77,8% de la production d’œufs, 72,4% de la production de viande et 46,7% de la production de lait. Certaines sont regroupées en agro-holdings de plus de 100 000ha.
  •  Les exploitations paysannes encouragées par une politique d'État de développement et qui fournissent 10% de la production nationale : 223 182 unités (au 1er janvier2014) de 162,8 ha de moyenne, qui occupent 8% des terres et produisent 25,3% du volume total de production de céréales, 29,2% du tournesol et 10,3% de betteraves à sucre.
  • Les micro-exploitations (lopins de terres), produisant 40,5% de la production agricole nationale, essentiellement orientées sur l’autoconsommation mais dont certaines commercialisent leur production sur des marchés de détails ou en bord de route : 16 millions de foyers avec 0,44ha de moyenne, qui gagnent moins de 640 €/an de revenu de leur petite activité agricole (ils produisent 80,4% des pommes de terre, 68,4% des fruits, 69,9% des légumes, 47,1% du lait et 24,7% de la production de viande).

Un parc de matériel agricole vieillissant voire obsolète, et insuffisant, des semences non-sélectionnées, et une utilisation réduite des intrants (engrais et phytosanitaires) affectent les rendements et la compétitivité des filières. Le personnel est souvent peu qualifié avec de bas salaires, à l'exception de quelques grandes unités de production récemment recapitalisées. Le secteur aval (transformation et distribution) peut ainsi rencontrer des difficultés d'approvisionnement, en quantité et en qualité, l'incitant à intégrer l’amont des filières pour sécuriser les approvisionnements.

Une agriculture orientée vers les grandes cultures, mais avec un cheptel en cours de reconstitution

La Fédération de Russie est une grande puissance céréalière tournée vers l'exportation (entre 15 et 30Mt en fonction notamment des conditions climatiques, sécheresses ou inondations), mais ambitionne de peser encore plus sur le marché mondial et d’exporter 40 à 50Mt de céréales d’ici 10 à 15 ans (soit 20% du marché mondial).

La Russie n’a cependant toujours pas rattrapé le niveau de sa production agricole d’avant 1992.

En 2015, la production agricole russe a enregistré une progression modeste tous secteurs confondus (+3%) compte tenu du ralentissement économique général.

En 2015, la Russie a produit 104,8Mt de céréales et oléagineux (contre 103,8Mt en 2014 ; 92,4 Mt en 2013 et 70,7Mt en 2012), et notamment :

  • 61,8Mt de blé (qui oscille entre 37 et 65Mt en fonction des années)
  • 17,5Mt d’orge (qui oscille entre 8 et 23 en fonction des années)
  • 13,2Mt de maïs (récolte record)
  • 9,7Mt de tournesol (qui oscille entre 3,9 et 10,2Mt en fonction des années)
  • 2,1Mt de seigle (qui oscille entre 1,6 et 4,5 Mt en fonction des années)
  • 2,8Mt de soja (récolte record)
  • 1,1Mt de colza (qui oscille entre 0,6 et 1,4Mt en fonction des années)

À noter en 2015, au-delà des récoltes record de soja et de maïs, la transformation des grains se développe puisque la production de farine de blé augmente (8,9Mt soit +2,4%), ainsi que celle d’huile de tournesol (4Mt soit +21%).

Malgré ces excellents résultats des récoltes 2015, les perspectives pour 2016 demeurent incertaines, du fait du renchérissement des intrants (lié à la dévaluation du rouble), et des taux d’intérêts prohibitifs pratiqués par les banques russes, sous sanctions internationales, pouvant aller jusqu’à 20%.

La Russie est également structurellement déficitaire dans le secteur des fruits et légumes, bien que la production augmente chaque année : en 2015, la production de fruits a stagné par rapport à 2014, toujours à 2,9Mt (contre +3,4% en 2014 et +10,1% en 2013). La production de légumes a battu quant à elle à nouveau un record en 2015 avec 16,1Mt (+4,4% ; déjà +4,8% en 2014).

Le vignoble russe est passé de 300 000 ha en 1985 à 61 000h aaujourd’hui, principalement suite aux arrachages de la période Gorbatchev. Chaque année, les Russes consomment 9 milliards de litres de bière, 2,2 milliards de litres de vodka, 850 millions de litres de vin (dont 40 millions de litres de vin français), et 60 millions de litres de brandy(dont 2,5 millions de litres de Cognac). La Russie a produit moins de raisins en 2015 qu’en 2014 (470 000 T contre 520 000T), mais a produit plus de 15% de vins supplémentaires (401M de litres de vins en 2015 contre 350M en 2014 ; et toujours 161M de litres de vins pétillants), du fait de l’importation de vins en vrac, mis en bouteille en Russie.

Dans le secteur des productions animales, alors que le cheptel s’est effondré de moitié entre le début des années 1990 et2000,certaines filières à cycle court continuent leur redressement comme les cheptels porcins, volaille, ovins et caprins qui sont en passe d’atteindre leur niveau d’après la chute du bloc soviétique (1992). Le cheptel bovin quant à lui se développe difficilement(légère baisse continuelle depuis 1992) du fait du manque de savoir-faire (perte de la main d’œuvre qualifiée qui a quitté les campagnes) et d'une plus longue durée du retour sur investissements. Le cheptel bovin a donc encore perdu 2% de ses effectifs en 2015 (19,2M de bovins laitiers et allaitants). Le besoin en formation reste très important. Mais ce type d’élevage est amené à se développer, car le cheptel bovin, surtout allaitant, est quasi inexistant (seulement 370 000 vaches allaitantes, contre 4100000 en France, alors que la France représente un territoire 33 fois plus petit que la Russie). Concernant le cheptel des bovins laitiers, la Russie est le 7e producteur de lait dans le monde, tout en étant le 2e pays importateur mondial de produits laitiers en valeur (dépassé depuis 2013 par la Chine).

La production laitière s’est stabilisée, en 2015, à 30,8Mt (pour la 3e année consécutive) et enraye ainsi sa chute qui a débuté à la fin de la période soviétique (1992), et ce malgré un cheptel laitier qui a perdu 1,02% de ses effectifs par rapport à 2014. L’amélioration des rendements en est l’explication (5233kg par vache, soit +6,9% de plus qu’en 2014). Le déficit de production de lait en Russie reste cependant important et est estimé à l’heure actuelle à 8Mt, mais serait, selon l’Union laitière russe (Soyouzmoloko), de 15Mt d’ici 2025 en raison de la diminution de la production de lait dans les lopins de terres des particuliers.

La production nationale de viande (9,5Mt poids net), en progression de 16% par rapport à 2014, ne suffit pas à satisfaire la demande intérieure. Mais pour la première fois, en 2015, les viandes ne constituent plus le premier poste d’importation de la Russie (elles sont passées derrière les fruits). Ces 15 dernières années, la Russie a augmenté sa production de viande de 5Mt, passant de 4,4Mt à plus de 9,5Mt (en poids net) avec +200% dans la filière volaille et +100% dans la filière porcine.

La production de viande de volaille en 2015 a atteint 4,5Mt en poids net, soit une augmentation de 7% par rapport à 2014. La production a été multipliée par 6 depuis 1997, permettant de passer du 12e rang des producteurs mondiaux à la 5e place (juste derrière les USA, la Chine, le Brésil et l’UE).

La production de viande porcine augmente également, même si cela est plus progressif que la viande de volaille, avec, en 2015, 3,1Mt de viande en poids net, soit +6% par rapport à 2014. La production de viande bovine reste quant à elle très faible. En 2015, seulement 1,6Mt de viande ont été produites, soit une baisse de 15,8% (après la hausse de 11,8% en 2014).

Cette chute de production est liée à la baisse du cheptel bovin.

Les récentes progressions observées dans les filières animales (volaille et porcin) sont à relier aux importants investissements réalisés dans la modernisation et la construction de nouveaux complexes agroalimentaires auxquels ont participé les entreprises étrangères. L’embargo politique alimentaire et les nombreuses subventions de l’État russe pour le secteur agricole ont amplifié ce phénomène.

La production d’oeufs a retrouvé son niveau de 1992, avec42,5milliards d’oeufs produits, et continue à progresser.

La production aquacole, après s’être développée ces 3 dernières années, est en baisse : 0,197Mt en 2015 soit -7% (+7,5% en 2014). La pêche représente 4,4Mt et augmente très légèrement.

La production de vodka en Russie a diminué de 4% en 2015. En revanche, la production de brandy a augmenté de 11,1%, celle de vins de 25% et celle de vins pétillants de 3,3%.

Politique agricole

Une priorité retrouvée

L’agriculture, longtemps parent pauvre des politiques publiques, a vu son importance s’accroître. Déclarée priorité nationale en 2005, elle a fait l'objet d'un premier programme quinquennal d'État 2008-2012 de développement, qui visait à renforcer la compétitivité et la qualité des productions agricoles, le développement durable de l’agriculture et la conservation des ressources naturelles utilisées en agriculture. Depuis la chute de l'URSS, c'était le premier programme de planification indicative dans le secteur agricole avec allocations des ressources budgétaires pour des objectifs précis à atteindre dans le cadre des priorités établies.

Le Président Poutine a lui-même ensuite défini en 2010 des objectifs d’autosuffisance alimentaire à atteindre d’ici 2020.

Le nouveau programme d'État 2013-2020 de «développement de l’agriculture et de la réglementation des marchés des matières premières, produits agricoles et produits agroalimentaires », outil de la politique agricole du gouvernement de Medvedev et de son ministre de l’agriculture, vise à relever tous ces défis.

Sa dotation globale, rapportée à l'année, est doublée par rapport à celle du précédent plan d'État pour l’agriculture 2008-2012, avec un total de 52,5Md€ (Le taux de change de 2014 (moyenne annuelle) RUB/EUR est de 50,95 selon Eurostats) entre 2013 et 2020, répartis entre budget fédéral (34,8Md€) et budget régional (17,7Md€). Si, dans la continuité du plan 2008-2012, le développement de la production primaire reste un axe phare (augmentation des surfaces cultivées, meilleure utilisation des intrants, utilisation de semences sélectionnées, achat d’animaux de race), la stratégie de ce nouveau programme d'État 2013-2020 met l’accent sur la nécessité d’une structuration des filières avec le développement et la modernisation de l’aval. La modernisation du parc des machines agricoles doit également contribuer au renforcement de la rentabilité et la compétitivité des filières. Priorité est aussi donnée au développement des zones rurales (infrastructures, accès aux soins et aux services), à l’amélioration de la viabilité économique des exploitations et à l’incitation à l’installation, le maintien des forces vives dans les campagnes conditionnant le développement durable des systèmes de production.

De nouveaux outils de soutien sont mis en place comme la prime à l'hectare (qui remplace les subventions pour l'acquisition d'intrants), la prime à la qualité du lait commercialisé, des prêts bonifiés pour le secteur des IAA, et des subventions spécifiques pour la filière «bovin viande » (notamment une aide à l'acquisition de bovins «de race », une aide aux frais vétérinaires, etc.).

Si la dynamique de croissance des grandes agroholdings intégrées verticalement permet une augmentation significative de la production agricole nationale et contribue fortement à l’autosuffisance alimentaire du pays, l'État met également depuis trois ans l’accent sur la nécessité de développer les petites fermes privées sur le territoire, avec mise en place dans un sous-programme spécifique d’une politique favorisant le développement de ces dernières, et l’installation des agriculteurs.

Cependant, la crise économique que traverse la Russie depuis 2014 (notamment liée aux sanctions occidentales et à la chute du prix du pétrole) a entraîné l’adoption d’une loi de finances fin 2014 très austère, avec une baisse de plus de 2% des crédits alloués pour 2015, et une baisse annoncée de près de 7% sur la période 2015-2020. Le budget du secteur agricole est resté toutefois relativement épargné en 2015 par rapport aux autres secteurs compte tenu de l’ampleur de la crise économique que traverse la Russie. Ceci peut s’expliquer par la volonté politique d’augmenter la production agricole russe le plus rapidement possible afin de substituer au maximum les importations.

Enfin, le gouvernement a adopté en 2015, un plan «anti-crise» d’approximativement 46Md€ prévoyant 60 mesures dont 3 concernent le secteur agricole. 593M€ ont ainsi été attribués au secteur agricole en 2015, et ont complété le budget fédéral alloué à l’agriculture de 3,9Md€.

Les subventions allouées en 2015 ont porté essentiellement sur les machines agricoles (25% du montant remboursé aux producteurs russes ; soit 10 000 unités achetées en 2015, 4 fois plus qu’en 2014), sur les taux d’intérêt bonifiés (la bonification passera de 7% en 2015 à 11% en 2016), sur les subventions aux investissements et sur la prime au litre de lait produit.

Les trois directions prioritaires pour le soutien du secteur agricole en 2016 sont : construction d’élevages laitiers, soutien des fermes familiales, et augmenter le cheptel de bovins allaitants. Le secteur laitier devient la première priorité du Gouvernement avec deux fois plus de subventions octroyées en 2016 qu’en 2015. Les subventions aux investissements passeront de 20% à 35% en 2016 pour la construction de nouveaux élevages laitiers (elles restent à 20% pour le secteur des fruits et légumes). Les objectifs du nouveau Ministre de l’agriculture, M. Tkatchiov, pour 2016 sont : renforcer des amendes pour des produits frauduleux, stabiliser les prix, attirer des investisseurs et stimuler la demande des consommateurs.

Echanges commerciaux

Les échanges commerciaux sont encore limités.

Après une augmentation des importations de produits agroalimentaires entre 2013 et 2014 (+10,1% en valeur) en Russie, cette tendance s’est inversée en 2015. Le pays a importé 23,2Md€ de produits agroalimentaires, soit 23% de moins qu’en 2014. La quasi-totalité des produits alimentaires sont concernés par cette baisse, à l’exception de certains extraits végétaux et des animaux vivants.

Les principales diminutions concernent les viandes, les produits laitiers, les préparations à base de viande, les produits de la pêche, les préparations à base de céréales et les vins et spiritueux. Outre les conséquences de l’embargo politique pris le 7 août 2014 par les autorités russes, la baisse du pouvoir d’achat des consommateurs, liée à la crise économique que traverse le pays, ainsi que les fluctuations importantes du rouble, expliquent, en grande partie, cette diminution. L’augmentation de production intérieure russe peut également expliquer, en partie, ce phénomène.

Le pays a importé en 2014 plus de 5,1Md€ de fruits et de légumes frais (principalement des agrumes et des tomates), alors que dans le même temps, la Russie n'exportait qu'environ 412M€ de fruits et légumes (soit néanmoins +40% par rapport à 2014).

Les pays non concernés par l’embargo, qui ont récupéré les parts de marché des pays sous embargo (en pratiquant parfois des prix bien plus élevés) sont principalement la Turquie, la Biélorussie, la Chine et le Brésil. Les tensions politiques entre Moscou et Ankara vont certainement modifier ce classement à l’avenir.

Cependant, du fait de l’embargo, la part de marché de la France a bien évidemment diminué, puisqu’elle était de 3,9% en 2012 et 2013, de 3,25% en 2014 et qu’elle passe à 2,3% en 2015. Mais la situation est la même pour tous les pays sous embargo. La France, avec ses 59,4Mds€ de produits agro-alimentaires exportés en 2015 (contre 57,2Mds€ exportés en 2014) occupe la 12e place des principaux fournisseurs de la Russie (trois places de moins qu’en 2014), derrière la Biélorussie, le Brésil, la Chine, la Turquie, l’Equateur, l’Allemagne, le Paraguay, l’Indonésie, les Pays-Bas, l’Argentine et l’Italie. La France a moins souffert que les États-Unis de cette situation (qui perd 8 places), ou que la Pologne (-5 places), mais se fait doubler par les nouveaux fournisseurs que sont l’Equateur, le Paraguay, l’Indonésie et l’Argentine. La France garde sa position de leader (en valeur, la position en volume continue de se dégrader) pour les vins et spiritueux qui n’étaient pas concernés par l’embargo, malgré la chute de 40% (en valeur) de ses exportations (juste devant l’Italie).

Les principales marchandises exportées depuis la France vers la Russie en 2014 étaient les boissons (alcoolisées ou sans alcool) : 250M€ (en baisse de 40% par rapport à 2014 en valeur). Parmi les autres produits, il convient de noter les exportations suivantes :

  • 1,3M€ de viandes (contre 28,8M€ en 2014 et 134,2M€ en 2013, soit -95% entre 2014 et 2015) ;
  • 4,6M€ de produits laitiers (contre 56M€ en 2014 et 116M€ en 2013, soit -92% entre 2014 et 2015) ;
  • 0,7M€ de fruits et légumes frais (contre 40M€ en 2014 et 49M€ en 2013, soit -98% entre 2014 et 2015).

L’embargo politique d’août 2014 explique ces baisses très importantes. Les quelques codes douaniers non concernés par l’embargo, dans les catégories de produits citées ci-dessus, expliquent le maintien de flux.

Les autres exportations françaises vers la Russie se caractérisent par un arrêt total des exportations de porcs vivants et de viande porcine du fait d’un embargo sanitaire lié à l’épizootie de peste porcine africaine dans l’est de l’UE en janvier 2014, et visant tous les états membres de l’Union (la PPA étant également présente sur le territoire russe). L’année 2015 a connu une augmentation des exportations de lapins et autres espèces cunicoles (0,6M€, +35% par rapport à2014), d’ovins/caprins – suite à la levée de l’embargo lié à la maladie de Schmallenberg en France - (0,6M€, x2,6 par rapport à 2014), d’oeufs à couver (16,6M€, +10%). Les exportations de bovins et de poussins d’un jour ont, quant à elles, diminué (respectivement – 20% et – 55% par rapport à 2014). Les fluctuations du rouble et la situation sanitaire de la France vis-à-vis de l’influenza aviaire peuvent expliquer ces baisses.

La Russie ambitionne toujours de devenir, d’ici 2020, exportatrice de viande de volaille et de porc. En 2015, elle importait moins de 10% de la viande de volaille qu’elle consommait, tout en exportant dans le même temps 70 000t de viande de volaille en 2015 (en constante augmentation, +13% par rapport à 2014). Les exportations de viande de porc, certes modestes, ont néanmoins été multipliées par 10 entre 2014 et 2015, passant à plus de 4000t en 2015. La Russie est déjà une grande puissance exportatrice de céréales, puisqu’elle est actuellement 5e exportateur de céréales dans le monde en 2015 (en volume, derrière le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et les États-Unis). Les principaux clients de la Russie pour les céréales sont la Turquie et l’Égypte,puis le Yémen et l’Iran.

Pour la campagne 2014-2015, la Russie a exporté 32Mt (contre 25,2Mt en 2013-2014, 14,8Mt en 2012-2013 et 27,2Mt en 2011-2012) dont :

  • 23,5 Mt de blé
  • 5,3 Mt d’orge
  • 3 Mt de maïs

Le ministère de l’agriculture russe a décidé fin décembre 2014 de mettre en place une taxe à l’exportation sur le blé qui est entrée en vigueur le 1er février 2015, afin d’éviter une pénurie et une flambée des prix sur le marché intérieur (la dévaluation du rouble en 2014 et en 2015 ayant engendré un attrait pour les exportations en devises). Les économistes russes du secteur agricole estiment dès lors que les exportations de grains de la saison 2015-2016 s’établiront à environ 32Mt. Le maintien de cette taxe à l’export est régulièrement remis en question, suite aux plaintes des professionnels du secteur, mais les autorités ne semblent pas vouloir l’abroger dans l’immédiat.

De plus, la Russie compte jouer un rôle de plus en plus important sur le marché des huiles de soja, de colza et de tournesol. Cette tendance confirme le développement du secteur de la première transformation (comme pour la meunerie), et que les importantes subventions attribuées à ce secteur semblent commencer à porter leurs fruits.

En 2015, les exportations russes de boissons, de graisses et de fruits notamment vers la France ont fortement baissé en 2015.

Les principales marchandises exportées vers la France en 2015 étaient, comme habituellement, des huiles végétales et des tourteaux, ainsi que des produits de la pêche et de la vodka.

La Russie a importé, en 2015, 1,9Md€ de machines agricoles contre 3,05Md€ en 2014, soit une baisse de plus de 35%. La France a exporté en Russie 73M€ de machines agricoles en 2015 contre 87M€ en 2014, soit une baisse de près de 16%. La dévaluation du rouble peut être un des éléments expliquant la baisse des importations de machines en Russie en 2015, tout comme les difficultés administratives, liées aux restrictions à l’importation en Russie des biens à double usage (biens pouvant être utilisés dans un but militaire ou civil, notamment des pièces détachées).

Remarque : Des différences significatives existent entre les données sur les importations russes issues des douanes françaises (exportations depuis la France directement vers la Russie) et celles des douanes russes (importations de produits de France, quel que soit le trajet emprunté par le produit). Ainsi, les exportations de vins et spiritueux français vers la Russie atteignent 69M€ en 2015 selon les douanes françaises. Les douanes russes placent quant à elles en premier poste d'importation les vins et spiritueux français, pour un montant de 220M€ en 2015, soit une différence de l'ordre de 200%, qui peut s’expliquer notamment par les ventes réalisées via des pays étrangers.

La présence française se développe dans les secteurs stratégiques de agroalimentaire russe

De grands groupes français sont aujourd'hui présents dans divers secteurs (certains avec des sites de production, d’autres avec des filiales commerciales) : la filière laitière (Danone avec plus de 27% du marché des produits frais et 20 usines, Lactalis avec 4 usines), les céréales (Dreyfus, Soufflet, RZ Agro, Maïsadour, Florimond-Desprez, Limagrain), le sucre (Sucden), les legumes transformés (Bonduelle), la levure (Lesaffre avec 4 usines) et l’alimentation animale (Diana SPF). Ont également investi, avec es filiales commerciales : la Cooperl, Roquette, Olmix, Euralis, Clextral, Délifrance, Euralis, ainsi que les différents distributeurs de machines agricoles (Kuhn, Manitou et Gregoire-Besson), de médicaments vétérinaires (Ceva, Mérial, Virbac), sans oublier bien sûr le domaine des vins et spiritueux (Castel, Moet-Hennessy, Pernod-Ricard, Nicolas international).

Accords internationaux

OMC et accords avec l'UE

Retardées en 2010 par la mise en place de l'Union douanière entre la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan, les négociations d’accession à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ont finalement été conclues lors de la conférence ministérielle du 16 décembre 2011, après 18 années de négociation. Après la ratification du Traité par la Douma, l’accession de la Russie dans l’OMC est effective depuis septembre 2012.

Celle-ci entraîne une obligation d’appliquer les règles et normes internationales, notamment pour les normes sanitaires et phytosanitaires (SPS). Néanmoins, pour l'instant, la Russie peine à respecter ses engagements, avec notamment de multiples embargos pris dans des conditions non compatibles avec les règles de l'OMC (pommes de terre, viande porcine...).

Le 8 avril 2014, devant ce constat de la multiplication des embargos, la Commission Européenne a officiellement lancé, au nom de l’UE, une procédure contentieuse à l'OMC à l'encontre de l'embargo sur le porc européen décrété par la Russie le 27 janvier 2014, suite à la notification par la Pologne puis par la Lituanie de respectivement 2 cas de sangliers infectés par la peste porcine africaine à proximité de la frontière biélorusse.

Les négociations d’un nouvel Accord de partenariat et de coopération, pour remplacer l’accord décennal en vigueur entre la Russie et l’UE depuis le 1er décembre 1997, avancent lentement. L'enjeu de la reprise des négociations pour l'UE sera de trouver une solution concernant l'imbrication des compétences entre la Russie et l'Union douanière sans renoncer à son objectif ambitieux. Cependant, les négociations ont été stoppées puisque le Sommet UE- Russie de mars 2014 a été annulé du fait de la crise ukrainienne. Les discussions sur le nouvel Accord de partenariat et d'association sont donc gelées.

Union douanière

La Russie est un des membres fondateurs de l’Union douanière (UD) qui comprend la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan. Cette Union a été créée le 1er janvier 2010 et la Russie joue un rôle moteur dans l’approfondissement de cette intégration économique. Cette Union, qui permet d’accéder à un marché potentiel de plus de 170M de consommateurs, ne facilite pas pour autant l’accès à ce marché, notamment à cause de barrières sanitaires. L’Arménie, quant à elle, est devenue membre de l’Union suite à la signature de l’accord d’adhésion le 10 octobre 2014 (entrée en vigueur le 1er janvier 2015) et le Kirghizstan, dernier pays à entrer dans l’Union, est devenu membre le 12 août 2015. Le Tadjikistan est toujours candidat à une adhésion. Cette union a évolué en Union économique eurasiatique le 1er janvier 2015, avec pour but un perfectionnement du marché commun et la définition de règles communes dans certains domaines comme la concurrence ou les subventions.

Le Vietnam a ouvert des négociations pour un accord de libre échange avec l'Union douanière le 29 mars 2013. La Russie avait également annoncé en 2012 la future création d'un accord de libre échange avec la Syrie, sans suite à ce jour.

Position sur le changement climatique

La Russie, 4e émetteur de gaz à effet de serre (GES), s’engage à faire des efforts pour ralentir le changement climatique. En effet, la Russie commence à ressentir l’impact du réchauffement de la planète. Fournisseur majeur de combustibles fossiles, la cause principale des émissions de GES, la Russie en est aussi l’une des premières victimes. Selon l’École des hautes études en sciences économiques de Moscou, les pertes économiques liées au changement climatique pourraient représenter entre 200 et 700Md€/an d’ici quelques années, malgré les opportunités offertes par la possibilité de mettre en culture de nouvelles terres.

Selon sa contribution nationale (INDC – intended nationally determined contribution) soumise par la Russie le 31 mars 2015, la Russie vise une réduction de -25 à -30% par rapport à 1990 de ses émissions de GES. Le pays insiste sur l’importance de la prise en compte des émissions et absorptions de l’utilisation des terres, leurs changements et la forêt (UTCF) pour contribuer à l’objectif 2030. L’INDC précise qu’il ne sera pas fait usage des mécanismes de marché internationaux. Avant la publication de son INDC, la Russie avait promis de réduire ses émissions de GES de 15 à 25% à l’horizon 2020 par rapport à 1990 à Copenhague, engagement affermi à -25% et inscrit dans la loi russe en 2013.

Il est à noter que la Russie, avec 70% des forêts boréales et 25% des ressources mondiales en forêt, ressources importantes pour atténuer le changement climatique, lutter contre l’érosion des sols et préserver les ressources en eau et la biodiversité sur la planète, considère la gestion de la forêt comme l’un des éléments les plus importants des politiques de réduction des émissions de GES.

Dans les négociations internationales sur le climat, les autorités russes acceptent notamment l’idée d’un accord global juridiquement contraignant, mais elles ne veulent pas de procédures strictes, avec pénalités, contrairement à ce que souhaite l’Union européenne. Elles ont joué un rôle de facilitateur lors de la conférence des Nations Unies sur le climat (COP 21), qui s’est déroulée à Paris en décembre 2015. La Russie devrait signer l’accord de Paris sur le climat le 22 avril 2016, à New York.

Pool céréalier Mer Noire

La Russie, l’Ukraine, le Kazakhstan ont signé en octobre 2013 un accord portant sur la création d’un pool céréalier, afin de peser davantage sur les marchés mondiaux, d’assurer la transparence du marché, mais également de travailler sur des problématiques telles que la logistique, le stockage et le transport des céréales. Cependant, du fait de la crise russo- ukrainienne qui s’est déclenchée début 2014, l'avenir de ce pool céréalier demeure incertain.

FAO et volet agricole du G20

La Russie soutient l’idée de Partenariat mondial pour l’agriculture, la sécurité alimentaire et la nutrition. Elle soutient la réforme du comité de la sécurité alimentaire (CSA) de la FAO qui en concrétise le pilier politique. Elle participe par ailleurs aux échanges sur la réforme de la gouvernance de la FAO (système de rotation des sièges au Conseil). Elle a contribué activement aux travaux sur la volatilité des prix des matières premières agricoles, qui a été une priorité de la présidence française du G20 en 2011. Avec l’ensemble des ministres de l’agriculture des pays membres du G20, elle a approuvé en juin 2011 le «plan d’action sur la volatilité des prix alimentaires et l’agriculture ». S’agissant de la mise en oeuvre de ce plan d’action, la Russie soutient globalement l'amélioration de la transparence et de l'information sur les marchés agricoles, ainsi qu’une meilleure coordination internationale en cas de crise, en participant à AMIS (Agricultural Market Information System) et au Forum de réaction rapide (RRF). Elle fait également partie des partenaires engagés dans l'initiative internationale de recherche pour l'amélioration du blé (Wheat initiative), et dans l'initiative de suivi géographique de l'agriculture mondiale (GEO-GLAM). En revanche, la question des restrictions aux exportations de céréales reste délicate.

La Russie a assuré la présidence du G20 en 2013, sans que l’agriculture ne fasse partie de ses priorités affichées, même si l’importance de ce secteur a été réaffirmée lors de la Présidence russe de l’APEC (Asia-Pacific Economic Cooperation) en 2012, par l’organisation d’une réunion des ministres de l’agriculture.

Adhésion à l'OCDE

Après l'accession à l’OMC, les négociations d'adhésion àl’OCDE ont repris. Cependant, même si la Russie exprime son souhait d'adhérer à l’OCDE dans les meilleurs délais, les négociations n'ont pas suffisamment progressé, tant en termes d’harmonisation des transmissions de données économiques que de respect des recommandations en matière de lutte contre la corruption. Au sein de l'OCDE, on observe certaines réticences, compte-tenu de la mauvaise expérience de l'accession de la Russie à l'OMC.

Seuls 4 des 22 comités techniques que compte l'OCDE s'étaient exprimés en faveur de l'accession de la Russie en mai 2013, en raison de diverses objections concernant la situation russe actuelle. Le dernier comité technique agriculture de décembre 2013 n'a pas abouti à un avis formel, ce dernier étant renvoyé au prochain comité dans l'attente de précisions de la part de la partie russe.

À noter que dans le cadre de la crise ukrainienne, le processus d'adhésion de la Russie à l'OCDE est lui aussi temporairement suspendu.

Indications géographiques et secteur vitivinicole

La problématique des indications géographiques en Russie correspond à des enjeux économiques significatifs liés à l'utilisation d'appellations françaises de vins et spiritueux, notamment Champagne, Cognac et Calvados, pour des boissons produites en Russie ou importées depuis des pays voisins (Moldavie, Ukraine, Géorgie, Arménie…).

Ce sujet fait l'objet de discussions bilatérales entre la Russie et l'Union européenne. Le nouvel accord de partenariat et de coopération comporte un volet sur les droits de propriété intellectuelle (DPI) intégrant les indications géographiques.

La France est également en contact régulier avec les autorités russes sur ces questions, et souhaite aboutir à un accord satisfaisant pour toutes les parties, permettant, d’une part, l’abandon de l’usage de ces indications protégées pour des boissons produites hors de leur zone d’appellation et, d’autre part, le développement de productions originales, propres à la Russie.

La Russie est membre de l'Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV).

Ouverture d'une représentation régionale de la FAO à Moscou

La Russie est membre de la FAO depuis 2006. Elle contribue activement aux groupes chargés de la sécurité alimentaire, de l’agriculture, de la forêt, de la sécurité sanitaire, de la pêche et participe au Codex alimentarius. L’ouverture d’une représentation de la FAO à Moscou, décidée en février 2015,a été concrétisée par la nomination de son responsable en février 2016. La FAO et la Russie souhaitent ainsi renforcer leurs liens et leurs partenariats, et étendre l’influence de la FAO au sein de l’Union économique eurasiatique.

Par ailleurs, la Russie est un membre de longue date de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), dont les normes servent de référence pour l’OMC dans le domaine de la santé animale, et participe activement à l’ensemble de ses travaux. Après trois années de discussions, la décision a été prise le 7 mars 2013 d'ouvrir une représentation régionale de l’OIE à Moscou.

La Russie est aussi membre de l’Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes (OEPP) et signataire de la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV). Le Codex alimentarius de la FAO, la CIPV et l’OIE sont les trois organisations «soeurs» normatives reconnues par l’accord sur l’application des mesures sanitaires et phytosanitaires (Accord SPS) de l’OMC.

Relations bilatérales

Le groupe de travail agricole du comité économique, financier, industriel et commercial (CEFIC) s’est réuni à Moscou en mai 2016, et a permis d’évoquer, à un niveau technique, l'ensemble des thématiques d'échanges et de coopération bilatérale agricole franco-russe : volatilité des prix des matières premières agricoles, coopération en matière d'élevage, notamment sur les sujets sanitaires, coopération en matière d'enseignement et de recherche agronomique, renforcement des liens entre entreprises agricoles et agro-alimentaires russes et françaises, ou bien encore le développement durable des territoires ruraux.

La coopération franco-russe en matière d'enseignement agricole, technique et supérieur, a fait l'objet d'une mobilisation croissante depuis 2010 : 1ères rencontres de l'enseignement agronomique et vétérinaire à Krasnodar en Russie puis 2èmes Rencontres à Bordeaux Sciences Agro du 14 au 16 décembre 2011, 3èmes rencontres à l'Université agraire de Timiryasev, et enfin 4èmes rencontres en novembre 2016 à l’Ecole supérieure du bois à Nantes, avec pour ces différents événements, l'appui des deux ministères en charge de l'agriculture et des deux Ambassades.

En parallèle de ce processus s'est monté en France un « réseau Russie» des établissements d'enseignement agricole français. Ce réseau, co-animé par deux enseignants du MAAF, regroupe et développe des outils pour les établissements français en partenariat avec des établissements russes d'enseignement agricole. Les actions portent sur l'envoi ou accueil d'élèves, étudiants et enseignants (Bordeaux Sciences Agro, AgroSup Dijon, AgroParisTech, lycées agricoles de Châteauroux, du Périgord, de Poligny, de Mamirolle, plusieurs lycées agricoles privés...) ou pour certains, sur le développement de programmes linguistiques ou de formation spécifiques avec la Russie (master «Management technique et économique des agro-équipements » d'AgroSup Dijon en partenariat avec l'université Timiryasev de Moscou, programme «Étrangers en formation par alternance » de l'ESA d'Angers, programme ISFRADA de l'ISA de Lille...). Beaucoup de ces coopérations reposent sur des partenariats avec des entreprises, en particulier les entreprises agro-alimentaires françaises présentes en Russie.

Dans le secteur de la recherche, l’INRA collabore depuis plusieurs années avec l'Académie des sciences agricoles de Russie sur des thématiques prioritaires conjointement identifiées : ressources génétiques, génomique du blé, adaptation de l’agriculture et des forêts aux changements climatiques.

L’association des vétérinaires russes et l’ordre des vétérinaires français ont signé un document de jumelage en 2014, sous l’égide de l’OIE (organisation mondiale de la santé animale). Ce jumelage de 24 mois permettra l’émergence d’un ordre des vétérinaires russes, qui permettra de clarifier les rôles et attributions des vétérinaires en Russie. Une rencontre préparatoire a eu lieu à Moscou, puis le document final a été signé en marge de la session générale de l’OIE en mai 2014. Depuis lors, des échanges réguliers ont lieu entre les deux entités.

Sources : Banque mondiale, douanes françaises et russes citées par Business France 2013 et 2014 , MAAF, Ambassade de France en Russie