Réduire l'utilisation des produits phytosanitaires

Les produits phytosanitaires, communément appelés pesticides, assurent la protection des productions agricoles contre les insectes nuisibles, les champignons et les herbes qui entravent le bon développement des plantes. La diminution de l’utilisation des produits phytosanitaires est non seulement un enjeu majeur de santé publique, mais également un enjeu environnemental et économique. Diminuer les phytos, c’est mieux gérer les risques sanitaires de la production végétale, tout en protégeant ceux qui utilisent ces produits, mais aussi les riverains et les consommateurs.

LES ENJEUX

En complément ou en substitution de ces produits, des processus naturels doivent être recherchés. Ces techniques sont fondées sur les mécanismes et interactions naturels pour gérer les équilibres des populations d’agresseurs. La diminution de l’utilisation des produits phytosanitaires s’appuie sur leur meilleure utilisation, sur des modifications de pratiques comme la rotation des cultures, sur la valorisation des interactions positives avec l’environnement immédiat tels les auxiliaires naturels des cultures ou encore sur des produits dit de biocontrôle : la coccinelle pour lutter contre les invasions de pucerons.

QU'EST-CE QUE LE PLAN ÉCOPHYTO?

Le plan Écophyto, inscrit au coeur du plan agro-écologique, vise à aider les agriculteurs à utiliser moins de produits phytosanitaires tout en maintenant des niveaux de production agricole performants, permettant de répondre aux besoins des consommateurs qui attendent des produits de qualité et en quantité suffisante. Ces nouvelles pratiques économes en produits phytosanitaires permettent de favoriser la biodiversité et de mieux respecter les sols. Le plan a été lancé en 2008 et a été rénové en 2015. Il réaffirme l’objectif de réduction de 50% du recours aux phytos en 10 ans. On sait qu’il est possible de réduire sa consommation, il faut maintenant que les techniques soient généralisées.

En quoi consiste le plan écophyto?

L’objectif de réduction de 50% du recours aux produits phytosanitaires en 10 ans est détaillé en deux étapes : réduction à l’horizon 2020 de 25% grâce à la généralisation et l’optimisation des techniques et réduction de 25% supplémentaires à l’horizon 2025 grâce à des mutations plus profondes.

Actions phares du plan :

  •  Faire évoluer les pratiques et les systèmes agricoles.
  •  Amplifier les efforts de recherche, développement et innovation.
  • Réduire les risques et les impacts des produits phytosanitaires sur la santé humaine et sur l’environnement.
  • Renforcer l’appropriation du plan par les acteurs des territoires et des filières.

Les outils à disposition

  • Le Certiphyto pour former les agriculteurs : des formations de 2 à 3 jours sont proposées à tous les acteurs de la filière (distributeurs, conseillers, applicateurs). Ce certificat valide ensuite leurs connaissances.
  •  Des bulletins de santé du végétal pour surveiller et traiter au plus juste : ces bulletins permettent aux agriculteurs de doser au plus juste les pesticides en fonction de l’état de santé des cultures.
  • Des fermes pilotes pour diffuser les pratiques économes et performantes

Les « fermes DEPHY » sont un réseau pilote de groupes volontaires d’agriculteurs qui ont engagé leurs exploitations dans une démarche de réduction du recours aux produits phyto. Ils expérimentent des systèmes de culture économes et partagent leurs bonnes pratiques. Ce réseau va être étendu à 3 000 fermes qui s’engageront dans l’expérimentation d’alternatives à l’utilisation de produits phyto. Les rotations optimales, la diversité des cultures, le maintien des éléments de biodiversité dans le paysage, la taille des parcelles sont également testés du fait de leur action avérée pour limiter l’utilisation des produits.

Le biocontrôle

Le biocontrôle est un ensemble de méthodes de protection des végétaux par l’utilisation de mécanismes naturels : par exemple la coccinelle, prédatrice des pucerons ou certaines bactéries et virus pouvant lutter contre certaines maladies. Les phéromones d’insectes agissent par confusion sexuelle auprès des insectes ravageurs permettant leur piégeage. Le principe du biocontrôle repose sur la gestion des équilibres des populations d’agresseurs plutôt que sur leur éradication chimique. Aujourd’hui les techniques de biocontrôle sont particulièrement efficaces en cultures légumières. C’est ainsi 75% des surfaces de tomates et concombres sous abris qui sont protégées par des insectes auxiliaires et 50% des surfaces de vergers de pommiers et poiriers qui sont protégées.

 

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