Réduction des risques d'antibiorésistance : la synthèse du Plan Ecoantibio
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© Pascal Xicluna / Min.Agri.Fr
Dans le cadre de la Journée européenne de sensibilisation au bon usage des antibiotiques, les ministères de l'Agriculture, de l'Environnement et de la Santé organisent, le 17 novembre 2016, un colloque sur "Les enjeux économiques de l'antibiorésistance et de sa maîtrise en médecine humaine, vétérinaire et dans l'environnement". L'occasion de revenir sur le Plan Ecoantibio 2012-2016.

Le plan Ecoantibio est une politique publique pilotée par le ministère de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt. Il concerne toutes les filières animales (y compris les animaux de compagnie) et tous les territoires de France.

Il s'agit d'un plan de réduction des risques d'antibiorésistance en médecine vétérinaire visant à préserver l'efficacité des antibiotiques qui s'inscrit pleinement dans les recommandations de l'Organisation mondiale de la Santé animale (OIE), de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), de la Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) et des instances européennes. Le plan Ecoantibio s'inscrit également dans un contexte plus large porté par le ministère chargé de l'agriculture, à savoir le projet agro-écologique.

Le projet agro-écologique pour la France doit permettre de répondre aux nombreux défis auxquels fait face l’agriculture française : compétitivité, changement climatique, sécurité sanitaire mondiale, préservation des ressources naturelles, qualité et sûreté de l’alimentation, moindre recours aux intrants chimiques.

Le premier plan Ecoantibio, lancé le 18 novembre 2011, s'étend sur cinq années pleines, de 2012 à 2016 inclus. L'année 2016 est consacrée au bilan du premier plan et à la préparation d'un nouveau plan.

Le premier plan Ecoantibio vise 2 objectifs spécifiques :

  • réduire de 25% en 5 ans l'exposition des animaux aux antibiotiques en portant une attention particulière à l'utilisation des antibiotiques d'importance critique en médecine vétérinaire et humaine. L'atteinte de cet objectif chiffré de -25% est mesurée par un indicateur, l'ALEA, acronyme anglais de « niveau d'exposition des animaux aux antibiotiques ». Les chiffres d'exposition des animaux aux antibiotiques sont rendus avec une année de décalage, d'où la référence à l'année 2017 dans le nom du plan Ecoantibio. L'atteinte de l'objectif chiffré du plan 2012-2016 ne sera en effet connue qu'en 2017 ;
  • préserver de manière durable l’arsenal thérapeutique que constituent les antibiotiques et ce d'autant plus qu'à ce jour, la perspective du développement de nouveaux antibiotiques en médecine vétérinaire est réduite.

Pour atteindre ces objectifs, le plan Ecoantibio comporte 40 mesures s'articulant autourt de 5 axes stratégiques :

  • Axe 1 : promouvoir les bonnes pratiques et sensibiliser les acteurs aux risques liés à l'antibiorésistance et à la nécessité de préserver l'efficacité des antibiotiques ;
  • Axe 2 : développer les alternatives permettant d'éviter le recours aux antibiotiques ;
  • Axe 3 : renforcer l'encadrement et réduire les pratiques à risque ;
  • Axe 4 : conforter le dispositif de suivi de la consommation des antibiotiques et de l'antibiorésistance ;
  • Axe 5 : promouvoir les approches européennes et les initiatives internationales.

Pour la mise en oeuvre du plan, le ministère de l'agriculture a désigné un pilote (organisme publique ou privé) pour chacune des 40 mesures du plan. Des conventions financières (budget de 2 millions d'euros/an depuis 2013) sont signées entre le ministère de l'agriculture et les pilotes afin de conduire des actions d'information, de formation, des études et des projets de recherche appliquée.

L'objectif chiffré du plan Ecoantibio est en passe d'être atteint avec un recul de 20,1% pour l'exposition des animaux aux antibiotiques (toutes familles) sur les 4 dernières années (2012-2015 inclus).
Par ailleurs, l'exposition des animaux aux fluoroquinolones et celle aux céphalosporines de dernières générations ont respectivement reculé de 22,3% et 21,3% sur les 2 dernières années (2014 et 2015).
Quant à l'exposition à la colistine, elle a diminué de 25,3% sur les 4 dernières années (2012-2015 inclus). Bien qu'ils soient à nuancer selon les familles d'antibiotiques et les filières animales, ces bons premiers résultats témoignent de la mobilisation et de l'engagement des acteurs autour du plan Ecoantibio et en particulier des vétérinaires et des éleveurs.

Colloque "Les enjeux économiques de l'antibiorésistance et de sa maîtrise en médecine humaine, vétérinaire et dans l'environnement" : Programme et résumé des interventions (PDF, 594.41 Ko)

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