Raffinerie de La Mède : Stéphane Travert a reçu les syndicats agricoles
12/06/2018
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Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr
Comme annoncé la veille sur RTL, le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation a reçu, mardi 12 juin, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs pour « travailler ensemble à trouver des solutions » sur les biocarburants.

Sur RTL, le ministre avait déclaré que « les producteurs de colza ne [devaient] pas être les parents pauvres des filières sur les biocarburants », puis avait rencontré Arnaud Rousseau, président du groupe Avril, premier producteur de biodiesel à base d'huile de colza, et président de la Fédération française des producteurs d'oléagineux et de protéagineux (FOP).

Le 16 mai dernier, le Gouvernement a autorisé le redémarrage du site Total de La Mède dans les Bouches-du-Rhône. Ce site, initialement consacré à du raffinage de pétrole brut, a été reconverti en « bioraffinerie » pour produire 500 000 tonnes par an de biodiesel.

L’État a imposé à Total, dans le cadre de l’autorisation de fonctionnement de La Mède, d’utiliser au moins 25% d’huiles recyclées. Par ailleurs, Total s’est engagé à raffiner moins de 50% d’huile de palme, et prévoit de s’approvisionner en colza. Enfin, l’État a imposé à Total les critères de certification les plus exigeants pour l’huile de palme importée.

Le gouvernement en appelle à la responsabilité des deux syndicats agricoles
FNSEA et JA

Le ministre Stéphane Travert affirme que la porte est toujours ouverte au dialogue : « Les sujets évoqués par la FNSEA et les JA sont nombreux et leurs inquiétudes légitimes. C'est pourquoi le gouvernement reste plus que jamais mobilisé, pour défendre notre agriculture dans toutes les enceintes européennes, comme dans le cadre des accords commerciaux. »

Stéphane Travert et le gouvernement réaffirment leur attachement à la filière colza française et seront très attentifs aux conditions de son développement :

  • celle-ci contribue non seulement à la production de biocarburants mais fournit aussi d’excellentes huiles alimentaires et des tourteaux ;
  • ceux-ci contribuent à l’augmentation de l’autonomie protéique de la France, dans le droit fil des conclusions des États généraux de l'alimentation.

La question de l’huile de palme ne peut se traiter qu'au niveau européen :

  • les biocarburants circulant librement en Europe, d’autres États-membres pourraient produire du biodiesel à base d’huile de palme, puis le vendre sur le marché français ;
  • le sujet de la lutte contre la « déforestation importée » (c’est-à-dire l’importation de produits issus de la déforestation) dépasse la question de l’huile de palme. La France souhaite donc une approche plus large, car d’autres matières premières peuvent avoir un impact sur la déforestation, comme le soja ;
  • c'est pourquoi la France soutient la proposition de compromis, proposée par la Présidence du Conseil de l'UE, pour qu’a minima l’Europe s’engage à plafonner ses importations de matières premières, ayant un impact sur la déforestation. Il importe que la consommation européenne de biocarburants ne conduise plus à de nouvelles déforestations ;
  • la France souhaite aussi continuer à travailler avec les pays producteurs d’huile de palme et de soja, pour améliorer les conditions environnementales de ces cultures, qui sont principalement utilisées pour l’alimentation ;
  • la France est l’un des premiers pays à se doter d’une stratégie cohérente pour mettre fin à la « déforestation importée ». L’huile de palme est, avant tout, utilisée pour l’alimentation qui s'élève à plus de 70% de ses usages. Au niveau européen, le soja représente 60% des importations de produits à risques, contre 12% pour l’huile de palme ;
  • l’Europe étant l’échelon le plus pertinent pour agir, ce projet de compromis européen vise à accélérer la prise de conscience collective et la mobilisation de l’État et des parties prenantes (entreprises, ONG, investisseurs, consommateurs…), pour faire évoluer les choix d’approvisionnements des entreprises et l’offre des pays producteurs. Il s'agit aussi de conduire l’Union européenne à se doter d’un cadre législatif pour mettre fin à la déforestation.

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