Questions - Réponses sur les cas de fièvre catarrhale ovine détectés en 2015

Qu’est ce que la fièvre catarrhale ovine ?

La fièvre catarrhale ovine (FCO), également appelée maladie de la langue bleue ("Bluetongue" en anglais), est une maladie virale, transmise par des insectes vecteurs du type Culicoides (moucherons). 26 sérotypes viraux différents sont répertoriés dans le monde.

Les espèces sensibles à la FCO sont les ruminants domestiques (ovins, bovins, caprins) et sauvages. La FCO entraîne les symptômes suivants : fièvre, troubles respiratoires, salivations, oedème de la face, etc.

Cette maladie est strictement animale : elle n’affecte pas l’homme et n’inspire donc aucune inquiétude ni pour la population, ni pour le consommateur. Elle n’a strictement aucune incidence sur la qualité des denrées (viande, lait, etc).

D’où vient la maladie et où est-elle présente ?

La FCO est essentiellement située dans les zones subtropicales du fait de la biologie de son vecteur. Elle a été considérée jusqu’en 2006 comme une affection exotique dont l’extension était limitée aux zones les plus chaudes du Sud de l’Europe (Grèce, Italie, Espagne).

Elle a pourtant fait son apparition, de façon inattendue, en août 2006 dans le Nord de l’Europe (Allemagne, Belgique, Pays-Bas) et s’est étendue très rapidement les années suivantes à l’ensemble du territoire métropolitain français , pour provoquer jusqu’à 32 000 foyers déclarés en 2008.

Plus récemment, depuis 2014, des cas ont été détectés dans l’Est de l’Europe (Bulgarie, Albanie, Serbie, Roumanie).

Quel est le statut de la France vis-à-vis de la FCO ?

La France était de nouveau indemne de FCO sur son territoire continental depuis le 14 décembre 2012. Elle avait perdu ce statut à la suite de l’apparition de la maladie en 2006 dans le nord de la France. La maladie s’était ensuite propagée à l’ensemble du territoire.

Conformément à la réglementation européenne et aux normes internationales de l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale), la condition pour recouvrer le statut officiel de pays indemne de cette maladie est de ne pas détecter de foyer de la maladie pendant deux ans.

Quelle est la situation actuelle ?

  • En France continentale

Un premier cas de FCO sur un bélier dans un élevage d’ovins et de bovins du département l’Allier a été déclaré en septembre 2015.

L’identification par le vétérinaire sanitaire de symptômes de la maladie sur l’animal a conduit  les services de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) du département de l’Allier à réaliser des prélèvements pour analyse sur l’animal malade.

La confirmation formelle du foyer de FCO a été établie le vendredi 11 septembre 2015 par les résultats positifs du laboratoire national de référence de l’agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Il s’agit d’un cas de FCO à sérotype 8.

Le sérotype 8 ne circule plus depuis 2010 en France, et n'a été notifié dans aucune région du monde depuis 2011.

À la suite de la détection de ce cas, une surveillance renforcée a été mise en place.

Au 2 décembre 2016, ce sont au total 1 128 cas de FCO qui ont été détectés en France dont notamment 92 cas dans l’Allier, 232 dans le Puy-de-Dôme, 17 dans la Creuse, 9 dans le Cher, 141 en Saône-et-Loire, 36 dans la Nièvre, 127 dans la Loire, 7 dans l'Indre, 33 dans le Cantal, 10 dans l'Aveyron, 160 dans la Haute-Loire, 2 dans le Loiret, 7 en Lozère, 6 en Corrèze, 6 dans l'Yonne, 14 en Isère, 6 en Dordogne, 3 en Haute-Vienne, 36 dans le Rhône, 3 dans le Lot, 3 dans la Vienne, 1 en Charente, 3 en Charente-Maritime, 1 en Gironde, 4 en Ariège, 6 en Haute-Savoie, 7 dans le Doubs, 6 en Haute-Saône, 3 en Haute-Marne, 74 dans l'Ain, 3 en Côte d'Or, 1 dans les Hautes-Pyrénées, 1 en Haute-Garonne, 40 dans le Jura, 2 dans les Hautes-Alpes, 1 dans le Tarn, 1 dans la Meuse, 5 dans l'Ardèche, 1 dans l'Aude, 2 dans la Drôme, 2 dans les Pyrénées-Atlantiques, 9 en Savoie, 1 dans les Deux-Sèvres, 2 dans les Vosges, 1 dans la Loire-Atlantique, 1 en Vendée.

Voir la liste des communes et départements situés dans la zone réglementée FCO

Les investigations pour comprendre l’origine de la réémergence du virus sont en cours.

  • En Corse :

176 foyers de fièvre catarrhale ovine (FCO) de sérotype 1 en Corse ont été détectés entre septembre 2013 et juin 2014. Ces cas sont survenus alors qu’aucun foyer n’avait été signalé dans l’île depuis 2006.

La 3° campagne de vaccination est en cours en Corse jusqu’au 30 septembre 2016.

Pour un point sur la situation historique en Corse : http://agriculture.gouv.fr/maladies-animales-la-fievre-catarrhale-ovine-fco

Quelles mesures de lutte pour limiter la diffusion de la maladie ont été mises en place, suite au foyer découvert dans l’Allier ?

Des mesures ont été prises afin de prévenir tout risque éventuel de propagation de la maladie : l’élevage a été placé sous surveillance renforcée et les mouvements d’animaux ont été bloqués au sein de l’exploitation. De plus, une zone réglementée est constituée d'une zone de protection de 100 km de rayon autour de l’élevage concerné a été définie, elle est entourée d'un zonage de surveillance de 50 km de large. Au sein de la zone réglementée, les troupeaux infectés sont entourés d'un périmètre d'interdiction de 20 km de rayon.

Les zones ont fusionné en une zone réglementée unique de 150 km de rayon autour des foyers.

Le principe pour limiter la diffusion de la maladie est de restreindre les mouvements des ruminants domestiques au sein de leurs zones réglementées.

De plus, une surveillance renforcée en France continentale et en Corse a été mise en place.

Une vaccination volontaire est en cours avec une mise à disposition gratuite des doses par l’Etat.

Quelles sont les communes concernées ?

La zone réglementée a été étendue régulièrement par arrêté. Consulter la liste des communes concernées actuellement

La zone réglementée a été étendue par arrêté le 17 septembre à la suite de la détection des 17 nouveaux cas, puis le 24 septembre, le 1er octobre et tout récemment le 8 octobre. Consulter la liste des communes concernées

Un outil pour connaître le statut réglementaire d'une commune de France continentale vis à vis de la FCO a été développé par l'Anses dans le cadre des activités de la plateforme ESA pour permettre aux acteurs de la surveillance et de la lutte contre cette épizootie de connaître facilement le statut de leur commune vis àvis de ce zonage, à l'adresse suivante : www.plateforme-esa.fr

En quoi consiste la surveillance renforcée en France métropolitaine vis-à-vis de la FCO ?

La mise en place d’une surveillance renforcée en France métropolitaine a pour objectif d’évaluer rapidement l’étendue de la zone infectée par la FCO de sérotype 8, de détecter toute nouvelle introduction d’un autre virus de sérotype différent mais aussi d’être en alerte sur le redémarrage éventuel de la maladie en Corse.

Deux dispositifs ont été mis en place :

  • un dispositif de surveillance programmée en France continentale et en Corse

Deux campagnes de surveillance ont été mises en œuvre (octobre-novembre 2015 puis janvier-avril 2016).

Un nouveau dispositif de surveillance basé sur des élevages sentinelles dans les départements sans foyer sera mis en place à l’été 2016.

  • un dispositif de surveillance dite « événementielle »

Cette surveillance passe par une sensibilisation des éleveurs et des vétérinaires afin qu’ils soient vigilants aux signes cliniques de la maladie et ainsi détecter rapidement une éventuelle présence du virus.

Quelles sont les stratégies de lutte contre cette maladie ?

Pour lutter contre la maladie, il est possible de mettre en place une stratégie vaccinale. Vacciner , c’est protéger les animaux mais aussi contribuer à l’éradication de la maladie.

Il faut deux injections de vaccin à 3 semaines d’intervalle par animal pour que l’animal soit vacciné.

Le Ministre a décidé, après avis du CNOPSAV (Comité National d’Orientation de la Politique Sanitaire et Végétale) le 14 septembre et après concertation avec les professionnels le jeudi 17 septembre, de faire vacciner en priorité les animaux bovins, ovins et caprins que ce soit à des fins d'engraissement ou de reproduction destinés aux échanges européens et à l’export vers les pays-tiers ainsi que les animaux producteurs de matériels de reproduction (semences mâles, ovules, embryons) dont les produits sont destinés à l’exportation.

Le ministère en charge de l’agriculture a acquis un total d’environ 2,2 millions de doses de vaccin contre le sérotype 8, livrées en deux fois et qui représentent de quoi vacciner 1,1 million d’animaux. Les délais d’obtention de nouvelles doses sont de 4 à 6 mois.

Le principe retenu pour la stratégie vaccinale est d'avoir une répartition des vaccins disponibles la plus réactive possible pour limiter la dissémination de la maladie et qui évite le gaspillage des doses. De plus, comme déjà précisé, la priorité a été donnée aux bovins, ovins et caprins destinés aux échanges européens et à l'export vers les pays tiers que ce soit à des fins d'engraissement ou de reproduction.

Ainsi compte tenu des stocks limités, la campagne de vaccination d’urgence organisée par l’Etat a visé en priorité les catégories d’animaux suivantes :

  • les animaux dans les troupeaux avérés infectés,
  • les animaux impliqués dans les schémas de sélection des races
  • les animaux destinés au marché extérieur, notamment les broutards à destination de l’Espagne et de l’Italie.

1,4 millions de doses de vaccin ont été livrées dans les centrales de distribution le 19 septembre et le 21 septembre 2015 : la vaccination dans les foyers pouvait commencer. Les conditions de délivrance des vaccins pour les animaux destinés au commerce extérieur ont été débattues avec les organisations professionnelles et vétérinaires le 23 septembre. Il a été décidé de procéder à une distribution des doses en fonction du nombre d’animaux allaitants de 6 à 16 mois, soit la catégorie la plus susceptible de partir à l’étranger, qui avaient été vendus à l’étranger pendant la période similaire de l’année précédente. Le dispositif national de vaccination de ces animaux a été lancé le 25 septembre. Le 5 octobre, 800 000 doses avaient déjà été distribuées auprès des vétérinaires.

Ensuite, 820 000 doses ont été livrées en octobre 2015 .

Depuis le 1er mars 2016, la vaccination volontaire des cheptels ovins et bovins, recensés par GDS France, est autorisée. 2 millions de doses ovines ( et 500 000 bovines) ont été également livrées en mars 2016.

Un deuxième marché public a permis de commander de quoi vacciner 8 millions de bovins et 2,5 millions d’ovins en 2016.

La mobilisation de l’Etat, aux côtés des autres acteurs publics et privés et notamment des vétérinaires et éleveurs, constitue un facteur déterminant dans la lutte contre la FCO.

La rapidité de mise en œuvre des mesures de gestion et de lutte est de plus une condition indispensable pour limiter les conséquences de la maladie. C'est aussi une condition indispensable pour les échanges en dehors du territoire national.

Quelles sont les conséquences potentielles pour le commerce des animaux et notamment pour les échanges intra-UE et les exportations vers les pays tiers ?

Etant donné les contraintes pour la sortie des animaux de la zone réglementée qui couvre tout le bassin allaitant (4,6 millions de bovins, 700 000 ovins et 160 000 caprins dans la première zone de protection et de surveillance de 150 km établie le 11 septembre), il y a des conséquences en termes de commerce et d’échanges .

Néanmoins, concernant les exportations et les échanges, le Ministre et la Direction générale de l’alimentation ont déjà conduit des négociations avec un certain nombre de pays  importateurs tant européens qu’extra-européens . La réactivité de la France a été et continue de constituer une condition du maintien de la confiance nécessaire aux relations commerciales.