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Comment se transmet le virus chez les animaux ?
Le virus se transmet essentiellement soit par contact direct, notamment avec les sécrétions respiratoires et les matières fécales des animaux malades, soit de façon indirecte par l’exposition à des matières contaminées (par l’intermédiaire de la nourriture, de l’eau, du matériel et de vêtements contaminés). Les espaces confinés favorisent la transmission du virus.
Comment reconnaître la maladie dans un élevage de volailles ?
Après une période d’incubation de 3 à 5 jours, les signes suivants peuvent apparaître : diminution de l’appétit, réduction considérable de la production d’œufs, puis évolution vers une mort subite des volailles (avec ou sans symptômes digestifs, respiratoires ou nerveux, la mortalité pouvant atteindre de 90 à 100 %).
Existe-t-il des tests de diagnostic rapide de la maladie chez les animaux ?
Des tests à visée diagnostique existent ; ils permettent d’identifier le virus grippal sans pouvoir en préciser le type.
Hormis les oiseaux, quelles autres espèces animales l’Influenza aviaire peut-elle infecter ?
- le porc
- et de manière beaucoup plus rare, avec circonstances particulières : les félidés, les mustélidés (ex : furets, hermine, etc.).
Mais en théorie d’autres espèces pourraient être sensibles comme les mammifères marins (phoques baleines..) le vison, voire le cheval et sous certaines conditions tous les animaux de laboratoire (souris, rat, furet, cobaye voire lapin). Sans compter une infection possible du chien par un sous type H3N8.
Quelles seraient les mesures sanitaires prises en France en cas de survenue de cas de virus Influenza aviaire dans un élevage?
Les mesures de lutte sont définies au niveau européen. Elles prévoient :
- En cas de suspicion, la mise sous surveillance de l’exploitation, la réalisation de prélèvements pour analyse, la réalisation d’une enquête épidémiologique.
- En cas de confirmation, l’abattage et la destruction sur place de toutes les volailles et des œufs de l’exploitation, le nettoyage et la désinfection de l’exploitation suivis d’un vide sanitaire de 21 jours, la mise en place de zones de protection (rayon de 3 km) et de surveillance (rayon de 10 km) autour de l’exploitation, la mise en œuvre de ces mesures dans les exploitations suspectes identifiées lors de l’enquête épidémiologique.
Toutes les mesures permettant d’empêcher la contamination des personnes sont mises en œuvre (port de masques, règles d’hygiène,…).
Existe-t-il un vaccin pour les volailles ?
L’utilisation préventive de la vaccination reste exceptionnelle. Elle n’est autorisée dans les différents pays que sous contrôle officiel.
En France, la vaccination influenza aviaire est actuellement interdite. Elle ne sera autorisée que dans des cas exceptionnels et pour des programmes de vaccination ponctuels et après information de la Commission. Il sera possible, en cas de foyers particulièrement importants, de fabriquer en urgence un vaccin à partir de la souche en cause dans un délai de quelques mois.
Ne faudrait-il pas dès maintenant vacciner toutes les volailles françaises ?
Les mesures de confinement et de biosécurité strictement appliquées suffisent à empêcher la contamination des élevages. Il n’est donc pas justifié de vacciner préventivement toutes les volailles françaises.
Les professionnels du secteur avicole bénéficieront-ils d’une aide financière, si des millions de volailles devaient être abattus ou confinés?
L’Influenza aviaire est une maladie réputée contagieuse selon le Code rural. A ce titre, toute suspicion clinique par les éleveurs doit être déclarée au vétérinaire sanitaire qui, s’il la valide, en informe les autorités sanitaires départementales. La confirmation de la maladie entraîne des mesures de police sanitaire dont l’abattage. Dans ce cas, une indemnisation des éleveurs est prévue par arrêté ministériel.
Pourquoi est-il important de nourrir les volailles à l’intérieur des bâtiments ? Est-ce vraiment efficace ?
Dans le cas où l’élevage des animaux est réalisé avec des parcours en plein air, la distribution d’aliment peut attirer des oiseaux sauvages, la distribution d’aliment à l’intérieur minimise donc la promiscuité entre oiseaux sauvages et domestiques, ce qui vise à restreindre le risque (estimé très faible par l’Anses) de passage de virus entre les espèces sauvages et domestiques.
Les eaux de surface provenant de plan d’eau et servant au nettoyage et à l’abreuvage des volailles constituent-ils un risque ?
Certainement, car l’excrétion des virus Influenza est importante par voie cloacale contaminant ainsi les eaux de surface. La survie du virus dans les eaux douces de surface peut être de plusieurs semaines.
Les filets de sécurité pour éviter les contacts avec les oiseaux sont-ils vraiment efficace ?
Ils peuvent éviter un contact étroit entre oiseaux sauvages et oiseaux domestiques, ils ne peuvent être considérés comme totalement efficaces, car ils peuvent aussi servir de perchoir à la faune sauvage facilitant la retombée de fientes sur les parcours des oiseaux domestiques.
Les volailles peuvent-elles être contaminées sans présenter les critères d’alerte objectifs telles que les chutes des pontes ou de consommation ?
Les volailles peuvent être infectées avec des symptômes frustres ou l’absence de signes cliniques avec des souches faiblement pathogènes. Certaines espèces sont plus résistantes que d’autres et les canards peuvent être infectés par des souches pathogènes en ne présentant que des signes cliniques très discrets.
Quelles sont les différences entre la maladie de Newcastle et de l’Influenza aviaire ?
La symptomatologie est proche chez les oiseaux mais les virus sont différents et le laboratoire permet de différencier les pathologies sans ambiguïté.
Y a t-il des instructions particulières prévues pour les pigeons voyageurs ?
Ces oiseaux étant appelés à se déplacer sur de longues distances et sachant qu’on ne peut pas exclure qu’ils puissent véhiculer le virus, la suspension temporaire des lâchers de pigeons à visée sportive est prévue après une évaluation du risque d’introduction du virus sur le territoire.
Les chasseurs peuvent-ils être contaminés par le gibier ?
S’il s’agit du gibier à plumes : la réponse est oui. L’ONCFS a d’ailleurs déjà prévu d’avertir les chasseurs sur les protections à prendre dans le cadre du protocole de surveillance de l’avifaune sauvage. Néanmoins, le contact se ferait avec des cadavres en plein air, un contexte différent des atmosphères confinées qui serait propice aux contaminations par aérosol. Il faut en revanche prévenir le risque de mains sales contaminées portées sur les muqueuses oculaires ou à la bouche.
Ne serait-il pas plus prudent d’interdire la chasse ?
En période d’autorisation saisonnière de la chasse, des interdictions ponctuelles de chasser sont prononcées en cas de foyer : elles concernent la zone de protection (3km autour du foyer) et la zone de surveillance (10 km autour du foyer) établies autour d’un foyer d’Influenza aviaire hautement pathogène apparu dans un élevage de volailles ou dans la faune sauvage.
Comment contrôler efficacement le commerce illégal d’oiseaux ? (perruches, faisans)
Pour être importés légalement sur le territoire européen, les oiseaux doivent venir d’un pays ou de zones indemnes notamment d’Influenza aviaire, ils doivent être accompagnés de certificat sanitaire et respecter les règles prévues par la convention de Washington qui vise à protéger les espèces animales et végétales considérés comme menacées d’extinction. Le respect de l’ensemble de ces mesures est vérifié d’une part par les services vétérinaires dans les postes d’inspection frontaliers et d’autre part par les douanes.
L’importation en contrebande d’espèces protégées est considérée comme un délit douanier entraînant la confiscation totale et une amende. De même l’importation d’oiseaux sans respecter les règles sanitaires est passible de sanctions pénales.
Les oiseaux migrateurs constituent-ils une réelle menace pour les volailles domestiques ?
Oui, dans la mesure où ils sont porteurs de souches faiblement pathogènes qui, si elles se multiplient chez les poules et les dindes, peuvent muter en souches hautement pathogènes.
La France est-elle obligée de suivre les directives de l’OMS, de la FAO, de l’OIE ?
Ces trois organisations internationales ont une fonction de coordination, de mise en réseau et d’alerte. Elles n’ont pas de rôle normatif s’imposant aux Etats qui en sont membres. Elles émettent des recommandations ou des propositions d’action.
La France souhaite toutefois que ces trois institutions jouent une fonction centrale dans la réponse mondiale à l’épizootie aviaire et face au risque sanitaire d’une transmission à l’homme.
Le plan national contre une pandémie grippale s’inspire directement des principes de l’OMS, notamment en reprenant le phasage d’une crise pandémique (phase 1 à phase 6) suggéré par cette organisation.
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