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Questions Réponses de Bruno Le Maire

Questions d’actualité au gouvernement – Réponse de Bruno LE MAIRE à Jean-Paul CHANTEGUET sur le thon rouge

Paris

10/11/2010

Jean-Paul CHANTEGUET, Député de l’Indre

Monsieur le Président,
Mes chers collègues,

Ma question s’adresse à Monsieur le Ministre de l’Agriculture.

Monsieur le Ministre, il ressort d’une enquête réalisée par un réseau mondial de journalistes, que le commerce du thon fait l’objet d’un marché noir pesant plusieurs milliards de dollars. Ces journalistes affirment que les pêcheurs dépassent les quotas de prix en toutes connaissances de causes pour alimenter un marché lucratif, dominé par le Japon. L’enquête qui a couvert dix pays montre particulièrement du doigt la France, accusant le ministère de l’agriculture et de la pêche d’être de mèche avec le secteur pour maquiller les chiffres concernant les prises. La France n’aurait-elle pas déclaré avoir pêché 10.000 tonnes de thon en 2007, soit presque le double des quotas alloués par l’ICCAT ; la commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique, une instance de régulation. Même si le Gouvernement français a semblé moins fermer les yeux sur ces pratiques au cours des deux dernières années, il convient de relever qu’il a, à plusieurs reprises, refusé de répondre aux questions des journalistes, ne permettant pas ainsi, de savoir si la situation s’améliorait. Du 17 au 27 novembre, la France accueillera la prochaine réunion de l’ICCAT qui arrêtera les mesures de gestion de cette espèce dont les stocks ont diminué de près de 75% au cours des quatre dernières décennies.

Monsieur le Ministre, nous nous demandons si les engagements pris par la France avec 192 autres pays en Nagoya il y a quelques jours seront tenus ? Dois-je vous rappeler en particulier, celui qui précise que les pêcheries n’auront pas d’impacts négatifs marqués sur les espèces menacées. Alors que le Conseil scientifique de l’ICCAT estime que le thon rouge est menacé de disparition, si des mesures draconiennes ne sont pas prises pour arrêter la surpêche, soutiendrez-vous Monsieur le Ministre, la proposition de la Commissaire européenne de la pêche, de réduction substantielle du quota mondial de thon rouge actuellement fixé à 13.500 tonnes ?

Bruno LE MAIRE, Ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Monsieur le député CHANTEGUET,

Je vous en supplie, arrêtez de jeter la suspicion sur les pêcheurs français ! Ils ont commis des erreurs jusqu’en 2007, ils ont corrigé avec mon prédécesseur Michel BARNIER leurs erreurs, les pêcheurs français sont aujourd’hui les plus contrôlés, les plus responsables et les plus respectables de la Méditerranée !

S’agissant de la position française sur les quotas de pêche du thon rouge, nous avons demandé l’année dernière à Recife aux scientifiques – je dis bien aux scientifiques – de nous dire quel était le quota de pêche qu’il fallait prévoir pour atteindre le rendement maximum durable en 2022 avec une probabilité de 60%. Les scientifiques nous ont répondu pour cela, pour atteindre cet objectif, il faut que les pêcheurs européens aient un quota de 13 500 tonnes.

C’est donc la position que j’ai défendue à Luxembourg la semaine dernière, un quota de 13 500 tonnes, tel qu’il est recommandé par les scientifiques. Cette position est la position du Gouvernement français, pas celle du Ministre de l’Agriculture. Elle a été validée par le Premier ministre en réunion interministérielle. Elle permet de garantir le bon équilibre entre le respect de la ressource à laquelle je suis autant attaché que vous, et la défense des intérêts des pêcheurs français.

Pensons au thon rouge Mesdames et Messieurs les députés, n’oublions pas non plus les pêcheurs, leurs emplois, l’activité à Saint-Jean-de-Luz, à Agde, à Marseille, à Sète, tous ceux qui pratiquent cette pêche traditionnelle depuis des décennies et qui ont le droit de la continuer dans de bonnes conditions.