Michel HUNAULT, Député de Loire-Atlantique
Monsieur le Président, je vous remercie.
Au nom de mes collègues du Nouveau Centre, Monsieur le Président, j’interrogerai Monsieur le Ministre de l’Agriculture, une nouvelle fois sur les problèmes agricoles et, cet après-midi, plus spécifiquement sur la situation des plus difficiles que rencontrent les producteurs de viande bovine.
Monsieur le Ministre, vous le savez, les prix pratiqués aujourd’hui ne couvrent même pas les prix de revient des éleveurs de viande bovine, sans compter qu’ils n’en tirent aucun revenu, alors que, depuis de nombreuses années, ils ont fait des efforts sans précédent en termes de qualité, de traçabilité, de normes environnementales et ils sont confrontés à l’importation de la viande notamment en provenance du Brésil.
Alors, Monsieur le Ministre, face à cette situation très difficile, il y a un véritable problème – je sais que vous y êtes attentif, comme le Gouvernement – mais se pose, au-delà du revenu des producteurs, le problème de toute la filière, car il y a le prix pratiqué pour les consommateurs qui peut être multiplié par 4 par rapport au prix auquel les éleveurs vendent leur viande.
Alors pour toutes ces questions, Monsieur le Ministre, comme on l’a fait au groupe Nouveau Centre depuis plusieurs années, nous vous demandons d’affirmer une volonté politique, les éleveurs de viande méritent non seulement d’être soutenus mais que des décisions très concrètes soient prises pour assurer à la fois leur trésorerie et qu’ils puissent dégager un revenu. A l’heure où nous parlons, le prix de bêtes vendues est moins important qu’il y a 20 ans, il y a donc urgence à affirmer une volonté politique et, au-delà, de prendre des mesures tant au plan national qu’au plan communautaire, car il s’agit là également d’une compétence européenne.
Je suis confiant dans votre réponse, Monsieur le Ministre, mais c’est un peu un cri de désespoir que je voulais, au nom de mes collègues Nouveau Centre, eh bien vous le dire cet après-midi dans cette hémicycle. Je vous remercie.
Bruno LE MAIRE, Ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Monsieur le Député Michel HUNAULT,
Je veux vous dire que le Gouvernement est tout entier au côté des éleveurs, qu’il connaît leur situation difficile et qu’il n’accepte pas que les prix à la production ne cessent de baisser quand le consommateur paie mois après mois sa viande plus chère dans notre pays.
Face à la situation de crise que nous connaissons actuellement – et notamment au blocage des abattoirs – j’ai réuni l’ensemble des acteurs de l’interprofession bovine ce matin au Ministère de l’Agriculture, je leur ai proposé un plan de sortie de crise en 3 points qu’ils ont accepté :
- Premier point, le relèvement des prix à la production : il n’est pas acceptable que le revenu des producteurs bovins continue de baisser, il n’est pas acceptable une nouvelle fois que les prix à la consommation augmentent, que le prix du kilo de viande soit à 15 ou à 17 euros sur les étals et qu’il soit payer à 3 euros le kilo pour le producteur qui se trouve chez vous, dans le Centre, en Loire-Atlantique ou ailleurs ;
- Deuxième point de ce plan de sortie de crise : je souhaite que l’interprofession se réunisse enfin au complet, que certains acteurs qui pratiquaient la politique de la chaise vide reviennent à la table de négociation, ce qu’ils ont accepté ce matin, pour traiter de l’ensemble des questions qui concerne la filière, que ce soit la meilleure valorisation des races à viande (les Salers, les Blondes d’Aquitaine, toutes les races qui font notre fierté), que ce soit la contractualisation ou que ce soit la meilleure valorisation du travail des éleveurs ;
- Troisième point enfin dans ce plan de sortie de crise, qui a été accepté par l’interprofession, c’est d’avoir dès la fin de l’année 2010, de la part de l’Observatoire des prix et des marges, un premier rapport qui portera exclusivement sur la formation du prix dans le domaine de la viande bovine, de façon, une nouvelle fois, que les producteurs soient mieux rémunérés et que leur travail dans notre pays soit reconnu à sa juste valeur.




