Quentin Delachapelle présente sa démarche "Produire autrement"


Quentin Delachapelle s’est installé en 2008 à la suite de son père sur 160 ha en grandes cultures : céréales (blé, orge printemps, maïs), oléoprotéagineux (colza, féverole, pois de printemps), luzerne, betterave sucrière, chanvre, miscanthus.

En images, visite de l’exploitation :

"Produire autrement", pour Quentin Delachapelle, c’est quoi?

Mes objectifs :
Diminuer ma dépendance aux intrants (engrais, pesticides) en valorisant l’agronomie afin d’être moins sensible aux aléas économiques et environnementaux. Être en phase avec les attentes de la société afin de bien vivre mon métier !

Ce qui a déclenché mon souhait de changer de mode de production :
L’exploitation est au bord de la Champagne crayeuse qui a largement bénéficié de l’intensification. J’ai constaté que ce modèle agricole, légitime après guerre, pose aujourd’hui beaucoup d’interrogations quant à sa pérennité : impact sur l’environnement local (eau, biodiversité, sol…), accès aux intrants chimiques de plus en plus tendu
avec une forte demande mondiale et une énergie en raréfaction, forte dépendance de la PAC alors que sa légitimité sociétale n’est plus si évidente qu’après guerre. J’ai voulu améliorer l’efficience économique et environnementale de l’exploitation existante afin d’améliorer sa résilience et permettre l’installation prochaine de ma femme.

Ce que je fais concrètement :
Ma démarche est fondée sur les principes de la protection intégrée : rotation de 8 ans minimum en fonction des 2 types de sol présents, développement des cultures « économes » (luzerne, chanvre, protéagineux, miscanthus), utilisation d’engrais verts intégrant des légumineuses, maintien et développement d’infrastructures agroécologiques (haies, bandes enherbées, maintien de zones non cultivées), développement de méthodes alternatives (désherbage mécanique, faux semis…).

Mes résultats économiques :
J’ai obtenu une diminution des charges proportionnelles de 35%en moyenne (sur blé d’hiver, l’économie de charge équivaut à 1,5 tonne de blé à 200 € par tonne par rapport à la moyenne de mon centre comptable), et j’ai une production dans la moyenne de ma région naturelle (83 quintaux par hectare de blé). Ma marge brute moyenne par hectare est améliorée de 100 € par rapport au système
initial (en tenant compte de l’évolution des prix).

Mes résultats pour l’environnement :

  • Indice de fréquence de traitements phytosanitaires (IFt) moyen réduit de 50 % , diminution de 25 %de la consommation d’azote et de plus de 50 %en phosphore et potassium par rapport à un système « conventionnel »
  • efficacité énergétique du système de 9,78 (contre 4,7 en comparaison avec des systèmes céréaliers français (source : PLANETE))
  • 23%de la surface agricole utile est déclarée en Surface équivalente topographique (Set) (dont 1,5 km de bandes enherbées, 1,5 km de haies, maintien d’une prairiepermanente de 5 hectares (production de foin) et d’1,5 hectare de zones non cultivées…).

Ce qui a changé dans l’organisation du travail au quotidien : étalement des périodes de semis et de récolte par la diversité de l’assolement. Surveillance régulière de chaque parcelle (10 km entre les 2 plus éloignées). Interventions phytosanitaires décidées à la parcelle en fonction de l’atteinte effective des seuils de nuisibilité (et de la présence ou non d’auxiliaires des cultures en cas de pression d’insectes ravageurs). Utilisation lorsqu’ils sont disponibles de modèles de prévision des risques (exemple : déclenchement du traitement contre la septoriose du blé).

Retrouver les témoignages de tous les agriculteurs présents à la conférence.

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