Quand la théologie, la bioarchéologie, l’histoire et la prospective se mettent à table…

 

© Denis Feignier

Quand la théologie, la bioarchéologie, l’histoire et la prospective se mettent à table…

Le CGAAER a assisté au colloque international organisé par la chaire « Alimentation du monde » de l’école Montpellier SupAgro et intitulé : « Que mangeait-on hier ? Que mangera-t-on demain ? »…

 
© Denis Feignier

La création à Montpellier SupAgro d’une chaire « UNESCO Alimentation du Monde » constitue l’une des mesures de sauvegarde auxquelles la France s’est engagée dans le cadre de l’inscription du Repas gastronomique des français sur la liste du Patrimoine culturel immatériel de l’humanité (PCI).

Dirigée par Jean-Louis Rastoin, et animée par Damien Conare, la chaire organisait le 30 janvier dernier son 4ème Colloque annuel.

La preuve est faite que l’on peut célébrer le PCI sans basculer dans le mercantile !

Après les Enjeux d’une alimentation durable (2012), l’Approvisionnement des régions urbaines (2013) et les Nouveaux modes de consommation (2014), le thème retenu pour 2015 portait sur : Que mangeait-on hier ? Que mangera-t-on demain ? Ce fut délectable.

Jean-Louis Rastoin a ouvert, sous le signe de Charlie, les exposés et débats d’une douzaine d’intervenants, quiont conféré à cette journée d’histoire et de prospective un intérêt conforme, et au delà, aux attentes d’un public nombreux d’étudiants, de professionnels et de curieux, et même de membres du CGAAER.

Avec « La gourmandise, histoire d’un péché capital », Florent Quellier, historien, titulaire de la chaire CNRS « Histoire de l’alimentation des mondes modernes » à l’Université François Rabelais de Tours,a su démontrer comment, en remontant du ventre au palais, ce péché a perdu de sa gravité sans perdre de son charme, pour éclore en une gastronomie impeccable.

Gwenaëlle Goude, du centre national de la recherche scientifique (CNRS), en étudiant l’évolution des comportements alimentaires des populations préhistoriques, a fait apparaître l’étendue des possibilités qu’offre la bioarchéologie en plein essor ; c’est ainsi que de nouveaux constats surgissent de nouvelles questions, encore sans réponse, comme par exemple de savoir pourquoi les populations néolithiques des rivages de la mer Méditerranée et de l’Atlantique se nourrissaient - entre autres - de poissons d’eau douce et de moules, mais pas de poissons de mer ?

Dans un français irréprochable, Sarah Bak-Geller , historienne de l’Université nationale autonome du Mexique et Raul Matta, de l’Université libre de Berlin (tous deux actifs aussi dans le projet foodherit de l’ANR), ont démontré avec brio l’importance de la cuisine et des usages culinaires dans les relations internationales, autrefois et maintenant.

Dominique Trinel a fait une présentation précise et concrète des enjeux et modalités de la mise en oeuvre des politiques publiques de l’alimentation par le conseil régional de Nord-Pas de Calais, faisant même implicitement écho à un certain rapport du CGAAER sur le Programme national pour l’alimentation (PNA).

Gilles Trystram, DG d’AgroParisTech et Madame Saniez-Degrave, du groupe Roquette, ont évoqué les innovations technologiques alimentaires en cours, que le chef Michel Bras équilibrait par un vibrant éloge des richesses gastronomiques traditionnelles de l’Aubrac.

Les actes du colloque seront accessibles sur le site de la chaire, où se trouvent déjà ceux des années précédentes.


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