Protection et santé des végétaux - Contrôle de la pollution des eaux

La réduction de la pollution des eaux par les produits phytosanitaires est un objectif commun des ministères chargés de l’Agriculture et de l’Environnement (MEDD). Les groupes régionaux « phyto » instaurés sous l’autorité des Préfets ont pour objectif de mettre en œuvre des actions visant à réduire ces pollutions en s’appuyant sur la démarche préconisée par le CORPEN (Diagnostic, plan d’action, évaluation) sur les bassins versants pilotes puis à une échelle plus importante.

Bassins versants

208 bassins versants sont suivis par les groupes régionaux. Ces bassins coïncident avec les bassins prioritaires dégagés par l’étude du zonage régional pesticides pour plus de la moitié d’entre eux ou correspondent à des bassins pilotes choisis a priori. Environ 5 millions d’hectares sont couverts par les bassins suivis, concernant près de 80 000 exploitations. Plus de la moitié des bassins concernent uniquement les eaux superficielles, un quart des bassins concernent à la fois les eaux superficielles et souterraines et un quart concernent les eaux souterraines uniquement. Tous les grands types culturaux sont représentés dans les bassins suivis : 97 en polyculture élevage, 43 en grandes cultures et 23 en viticulture. 12 %portent sur des Zones Non Agricoles (ZNA). Le diagnostic des bassins versants est achevé dans 45 %d’entre eux.

Des groupes filières sont chargés de réaliser la synthèse des données produites par substance active et d’orienter les plans d’action qui tournent autour des mesures suivantes :

  • limitation des intrants et modification des pratiques d’utilisation des pesticides,
  • confinement de la pulvérisation et contrôle du matériel,
  • limitation de la dérive et respect des ZNT,
  • enherbement le long des cours d’eau et entre rang,
  • collecte et traitement des effluents phytosanitaires,
  • mise en œuvre de solutions alternatives à l’emploi de pesticides.

A l’issue de ces plans d’action, un nouveau diagnostic de la qualité des eaux sera dressé pour juger de l’efficacité des mesures au regard d’indicateurs pertinents choisis sur chaque bassin versant.

Etude de l’efficacité des bandes enherbées

De 1994 à 1998, le service de la protection des végétaux de la DRAF Midi-Pyrénées a expérimenté l’efficacité des dispositifs enherbés sur la réduction des transferts de produits phytosanitaires dans l’eau. Dans le Gers, le bassin versant d’Auradé a été choisi pour ces essais. Sur ce bassin, les céréales (blé dur, blé tendre) et le tournesol occupent plus de 80%de la surface agricole utile. Caractérisé par une forte emprise agricole, des pentes marquées (15 à 20% ) et un ruissellement prépondérant (sols argilo-calcaires sur substrat imperméable), le site se prête tout particulièrement à l’évaluation de l’impact des bandes enherbées sur les transferts.

A partir de 1992, 35 km de bandes enherbées d’une largeur moyenne de 8 mètres ont été implantés le long des cours d’eau. Depuis 1994, quelques parcelles ont été équipées de dispositifs de récupération (gouttières) des eaux de ruissellement, dispositifs situés de part et d’autre de la bande enherbée. Ainsi, les concentrations en pesticides des eaux de ruissellement en amont et en aval de la bande ont pu être comparées.

Les analyses des pesticides réalisées au niveau de la bande enherbée dans le sol et dans la biomasse végétale montrent qu’il n’y a pas de risque de déstockage ultérieur des pesticides à partir de la bande enherbée.

De nombreuses expérimentations ont confirmé les résultats d’Auradé. La bande enherbée a aujourd’hui toute sa place dans la boîte à outils des actions en faveur d’une préservation de la qualité des eaux. Elle a d’ailleurs été retenue dans la synthèse régionale des mesures agro-environnementales de Midi-Pyrénées.

Les groupes régionaux ’phyto’ s’emploient à développer ces dispositifs enherbés le long des cours d’eau et dans le paysage. Un développement qui sera facilité par la récente réforme de la PAC autorisant la largeur de 5 mètres au titre dérogatoire pour des conditions environnementales. Les résultats acquis au fil des campagnes, sur tournesol, blé et colza, montrent sans équivoque l’efficacité des dispositifs enherbés sur la réduction des concentrations en pesticides des eaux de ruissellement.

Les fondamentaux