Protection des cultures et maîtrise des produits phytosanitaires
Avec une production agricole d’un montant de 65 milliards d’euros en 2010, la France contribue à hauteur de 19 % de la production agricole de l’Union européenne à 27 Etats membres. Elle se place ainsi au premier rang des Etats membres, loin devant l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne (source Eurostat).

Des enjeux différents..

Dans les zones agricoles

  • Les agriculteurs font face à trois principaux enjeux :

- Réduire les pertes de production (quantitatives et qualitatives), pertes qui se répercutent directement ou indirectement sur l’exploitation, le secteur agro-industriel, et la société,
- Garantir des produits sains, en agissant sur deux risques : le risque de contamination des produits par des résidus de pesticides, et le risque de contamination par des composés toxiques produits par certains bioagresseurs, comme les mycotoxines,
- Contribuer aux équilibres des écosystèmes, anthropisés ou non.

A ces enjeux s’ajoutent les préoccupations patrimoniales (capital de l’exploitation et savoirs faire), ainsi que les enjeux paysagers.

  • En forêt , les enjeux diffèrent :

- Maintenir les écosystèmes et les peuplements forestiers en protégeant les peuplements très sensibles, en protégeant les forêts de protection menacées..
- Conserver la productivité des peuplements lorsque l’avenir de jeunes peuplements de production est menacé.
- Assurer le renouvellement des peuplements en luttant contre la concurrence lorsque les méthodes mécaniques sont inefficaces, en protégeant les fructifications en vue d’une régénération naturelle.
- Garantir le confort des usagers : contre les chenilles urticantes comme la processionnaire, contre l’aspect inesthétique des arbres défeuillés des boisements très fréquentés par le public.

Dans les zones non agricoles
La protection des végétaux et l’entretien de l’espace en zones non agricoles (espaces verts, jardins, voiries, transports, industries, postes électriques, sites pétroliers, ...) sont réalisés dans des buts esthétiques, commoditaires, fonctionnels ou sécuritaires.
Les enjeux varient selon les compartiments : par exemple, le niveau de sécurité lié à l’enherbement spontané est très élevé pour une société d’autoroute.

... une problématique similaire

La santé des plantes est au cœur de tous ces enjeux.
La santé d’une plante dépend de nombreux facteurs, dont :

- La variété cultivée, et ses caractéristiques (en particulier plus ou moins grande tolérance à telle ou telle maladie),
- Les précédents de culture,
- Les conditions climatiques,
- Les pratiques culturales.

Avec une production agricole d’un montant de 65 milliards d’euros en 2010, la France contribue à hauteur de 19 %de la production agricole de l’Union européenne à 27 Etats membres. Elle se place ainsi au premier rang des Etats membres, loin devant l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne (source Eurostat).

Les productions végétales concourent pour 59 %à la production agricole nationale soit un peu en dessus de la moyenne de la part des productions végétales de l’Union européenne qui est de 54 % . La France se place dans ce secteur au premier rang pour notamment ses productions de céréales, de betteraves sucrières, d’oléagineux et de pommes de terre. Près de 40 %des céréales produites dans l’Union européenne sont récoltés en France et en Allemagne, le blé contribuant à hauteur de 59 %des productions végétales françaises.

La superficie agricole utile, en France, occupait en 2010, 27,541 millions d’hectares dont 19,198 millions d’hectares arables et de cultures pérennes essentiellement de vignes et d’arbres fruitiers. Avec une SAU représentant 16 %de la SAU de l’Union européenne, la France est par sa SAU le premier pays agricole de l’Union européenne devant l’Espagne contribuant pour 14 %(24,656 millions hectares de SAU dont 17,686 millions d’hectares de terres arables et de cultures pérennes) et l’Allemagne 10 %(16,889 millions hectares de SAU dont 12.145 millions d’hectares de terres arables et de cultures pérennes) (source Eurostat).

Réduire l’usage des pesticides

Le plan Ecophyto, a pour objectif de réduire l’utilisation des produits phytopharmaceutiques en France tout en maintenant une agriculture performante écologiquement et économiquement. Depuis son lancement en 2009, il a permis de déployer plus d’une centaine d’initiatives concrètes dont l’ensemble des agriculteurs peuvent aujourd’hui bénéficier.

Parmi les avancées concrètes du plan Ecophyto, figure la création d’un réseau de fermes agricoles dédiées à la démonstration et à l’expérimentation de nouvelles méthodes agricoles plus économes en produits phytopharmaceutiques. Ce sont aujourd’hui plus de 1.900 fermes DEPHY qui couvrent l’ensemble des types de cultures présentes dans le pays.

Un réseau d’épidémiosurveillance s’est également mis en place. Concrètement, ce réseau permet à tous les agriculteurs de disposer d’une information en temps réel sur la situation phytosanitaire en France et son évolution. Ils peuvent ainsi ajuster plus efficacement les traitements utilisés sur leurs cultures et réduire avoir leurs utilisations de produits.

Autre exemple, on compte aujourd’hui 200 000 professionnels dont 160 000 agriculteurs qui ont suivi la formation pour l’utilisation des pesticides et obtenu leur Certiphyto.

Récemment un outil Internet de référence sur la protection intégrée des cultures a été lancé. Il s’agit, pour cet outil nommé EcophytoPIC, d’animer, filière par filière, avec l’apport de l’ensemble des partenaires, une plateforme d’information et d’échange pour les agriculteurs, les conseillers et tous les formateurs pour les aider à mettre en œuvre les principes de la protection intégrée des cultures et réduire leurs usages de produits phytopharmaceutiques.

Ainsi des progrès encourageants sont observés sur le terrain mais les résultats en termes d’indicateurs de suivi se font attendre. En effet, sur la période 2008-2011, bien que la quantité de substances actives vendues soit stable, on a constaté une augmentation de 2,7%du recours aux pesticides entre la période 2009-2010 et 2010-2011, mesurée grâce au NODU (nombre de doses unités de pesticides utilisées sur l’ensemble du territoire cultivé).
Ainsi, à l’occasion du Comité National d’Orientation et de Suivi du plan Ecophyto le 9 octobre 2012, le Ministre en charge de l’agriculture a souligné l’importance d’engager une nouvelle étape dans la réduction de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques. Ce point a également été soulevé par la mission commune d’information sur les pesticides et leur impact sur la santé qui a également recommandé de renforcer l’application du plan Ecophyto.

Pour ce faire et dans le cadre de la démarche « Produisons autrement » lancée en décembre 2012, le Ministre en charge de l’agriculture a souhaité donner six orientations complémentaires pour rénover et renforcer le plan Ecophyto et accentuer ainsi la pression sur les leviers d’actions essentiels pour atteindre l’objectif :

-  Favoriser une mobilisation et une responsabilisation accrue des acteurs de l’amont à l’aval, en identifiant des objectifs et des moyens par bassins de production et types de cultures.
-  Soutenir le développement et l’adoption de la lutte biologique et du biocontrôle (soutien aux PME productrices, initiation à ces techniques, facilitation des autorisations de mise sur le marché, etc.) ;
-  Étudier la mise en place d’une fiscalité incitative afin de faire évoluer la redevance sur les produits phytopharmaceutiques et de l’affecter aux démarches vertueuses ;
-  Mieux appréhender les ressorts du conseil agricole et ses évolutions, vers une plus grande professionnalisation et une indépendance du conseil ;
-  Renforcer le contrôle par la Brigade Nationale Enquête Vétérinaire et Phytosanitaires sur les pratiques d’importation illégales et frauduleuses ainsi que sur les contrefaçons dans le domaine des produits phtopharmaceutiques.
-  Renforcer la formation initiale et continue aux nouvelles pratiques
La note de suivi et le rapport d’activité présentant les résultats du plan Ecophyto est disponible en téléchargement sur le site Internet agriculture.gouv.fr/ecophyto.

Voir aussi