Protection des animaux : inspection de loutres de mer à Roissy
© Xavier Remongin / Min.Agri.Fr

Le Service d'Inspection Vétérinaire et Phytosanitaire aux Frontières (SIVEP) de Roissy contrôle les produits d’origine animale et les animaux vivants à l'import. Rattaché à la Direction Générale de l'Alimentation du ministère de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt, ce service à compétence nationale est chargé de protéger la santé des animaux et de veiller à ce qu'aucune épidémie n'entre dans l'Union Européenne. Reportage sur l'inspection de loutres de mer en provenance d'Alaska, une espèce rare.

En ce mercredi 15 juin, une atmosphère effervescente règne sur le tarmac. Un avion en provenance de Memphis se pose après 19 heures de vol. A son bord, trois jeunes loutres de mer mâles qui ont été recueillies par le SeaLife Center, un centre de soin situé en Alaska.

Le bien-être animal au cœur du contrôle sanitaire

Les cages des animaux sont acheminées dans un hub de la plate-forme FedEx. Pas une minute à perdre : l'avion pour Brest part dans une heure. Camille Pineau, l'une des 13 agents de l'unité vétérinaire du SIVEP de Roissy, est déjà sur place.

Une fois les documents originaux vérifiés (certificat sanitaire, vaccination contre la rage...), Camille Pineau procède au contrôle physique à distance. La porte de la cage n'est pas ouverte car les loutres sont des animaux sauvages particulièrement sensibles au stress. A l'aide d'un lecteur de puce électronique promené contre la cage en plexiglas au plus près des animaux, la vétérinaire vérifie que ce sont bien les loutres identifiées sur le certificat sanitaire.

La vétérinaire s'assure que les animaux sont en bonne santé. Les animaux sont souvent stressés lors d'un voyage. « Je prête attention aux signes de déshydration  » explique l'agent. « Par exemple, les animaux peuvent avoir les yeux enfoncés lorsqu'ils sont déshydratés ». En cas de doute sur l'état sanitaire d'un animal, elle pourrait faire appel à un vétérinaire extérieur spécialiste.

« Je m'assure aussi que les animaux ont assez de nourriture et d'eau à leur disposition pour le reste du voyage » poursuit-elle. Les loutres sont friandes de gâteaux de glace, des galets ovales constitués de chair de poisson et d'eau. Elles en ont chacune un dans leur cage. « Cela les occupe pendant le voyage et leur fournit un en-cas frais pour le transport » précise Sami Hassani, Responsable Départemental Mammifères Marins et Oiseaux de mer à Océanopolis, venu accompagner les loutres avec d'autres membres de son équipe.

Après une formation vétérinaire classique et un tutorat de 3 mois au SIVEP, les agents peuvent être amenés à contrôler tout type d'animaux.

Inspecter les denrées alimentaires

Dernière étape  : la vérification des caisses de nourriture importées des Etats-Unis. Au menu des loutres : capelan, seiche, clams (palourdes) et calmars surgelés. Un scotch « service vétérinaire » est apposé sur les caisses. Il certifie que leur contenu est conforme aux normes sanitaires. Ces produits serviront à nourrir les animaux le temps que les loutres s'acclimatent à la nourriture car les espèces de poissons disponibles en Bretagne sont différentes de celles d'Alaska. D'un caractère très joueur, les loutres aiment jouer avec les coquilles des crustacés avant de les ouvrir.

L'agent du SIVEP édite enfin le  « Document vétérinaire commun d'entrée » (DVCE) prévu par la réglementation européenne. Ce document permet le dédouanement de la marchandise et sa libre circulation au sein de l'UE. Il est remis à l'équipe de soigneurs de Brest.

Les cages sont chargées à bord d'un autre avion. Destination Océanopolis à Brest, où trois bassins de quarantaine sont déjà prêts à accueillir les loutres. Deux loutres se sont adaptées à leur nouvel environnement et ont été transférées dans un bassin visible au public. Les visiteurs peuvent les contempler.

L'inspection des loutres de mer en images

Océanopolis, un centre consacré aux océans

Ouvert à Brest (Finistère) en 1990, Océanopolis est un centre de recherche européen. Trois bâtiments présentent des animaux marins en fonction des climats (tropical, tempéré, polaire). Ce centre accueille déjà des loutres européennes. Les vétérinaires du SeaLife Center d'Alaska et d'Océanopolis ont travaillé en étroite collaboration pour accueillir une espèce protégée : des loutres de mer, plus grandes que leurs cousines d'Europe. Ces loutres recueillies par l'équipe de soigneurs ne pouvaient être réintégrées dans leur habitat naturel car elles s'étaient trop habituées à l'Homme.