Ecoantibio est un plan pluriannuel mis en place par le ministère en charge de l’agriculture. Ce plan 2012-2017 prévoit un usage prudent et raisonné des antibiotiques, se traduisant par des objectifs qualitatifs et quantitatifs ( réduire de 25% en 5 ans, l’usage des antibiotiques en médecine vétérinaire, avec un effort particulier de réduction des antibiotiques d’importance critique)

Actualités
Dans le Finistère, un élevage de lapins réalise le "zéro antibiotique"
Anne Yvonne Colin élève des lapins à Ploudalmézeau, dans le Finistère. Si elle travaille de manière conventionnelle, elle a cependant décidé de réduire l’utilisation des antibiotiques jusqu’à leur suppression.
Produisons autrement - démédication 1
Première Conférence mondiale dédiée à l’usage prudent des antimicrobiens en médecine vétérinaire, organisée par l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) - 13/15 mars 2013
Réunis pendant trois jours pour la Conférence mondiale de l’OIE sur l’utilisation responsable et prudente des agents antimicrobiens chez les animaux, des experts et acteurs nationaux, régionaux et mondiaux en matière de pharmacologie, épidémiologie, santé animale et santé humaine se sont penchés sur la situation actuelle de l’utilisation des antimicrobiens dans le monde ainsi que sur l’antibiorésistance. Cette Conférence a été organisée en collaboration étroite avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et avec l’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO)
A cette occasion, Jean-Luc Angot, directeur général adjoint de la DGAL ( MAAF) a présenté le Plan national de réduction des risques d’antibiorésistance en médecine vétérinaire, « Ecoantibio » et l’importance de la législation et de sa mise en œuvre. (voir la présentation)
Le plan d’action Ecoantibio 2012-2017
Le contexte
Dans un document de travail de 2009, la Commission européenne estime que pour l’ensemble des États membres de l’Union, les infections causées par les micro-organismes résistants aux anti-microbiens sont responsables du décès de 25 000 patients chaque année. En outre, les coûts directs et indirects et les pertes annuelles de productivité induits par ce phénomène sont évalués à 1,5 milliards d’euros. De plus, dans les régions du monde les moins développées, l’antibiorésistance met également en péril des populations dont la survie dépend très largement de l’élevage.
Le développement de l’antibiorésistance constitue un enjeu de santé publique au niveau mondial qui justifie une prise de conscience accrue et nécessite une action urgente. Compte tenu du nombre d’acteurs concernés et de la diversité des questions soulevées, une approche globale prenant en compte à la fois le domaine vétérinaire et la médecine humaine est devenue indispensable.
Un plan national 2012-2017
Les nombreux échanges avec les représentants des organisations professionnelles agricoles et vétérinaires, les scientifiques et les représentants des laboratoires pharmaceutiques vétérinaires ont permis de dégager les propositions d’actions du plan national de réduction des risques d’antibiorésistance en médecine vétérinaire pour la période 2012-2017. Ce plan est cohérent avec le plan national d’alerte sur les antibiotiques 2011-2016 conduit par le ministère en charge de la santé ainsi qu’avec le plan d’action de la Commission européenne pour combattre les menaces croissantes de la résistance aux antimicrobiens.
L’objectif du plan d’action est de diminuer la contribution des antibiotiques utilisés en médecine vétérinaire à la résistance bactérienne et à ses conséquences sur la santé publique et la santé animale, et ce, tout en préservant de manière durable l’efficacité de l’arsenal thérapeutique que constituent les antibiotiques, d’autant plus qu’à ce jour la perspective du développement de nouveaux antibiotiques, en médecine vétérinaire, est très réduite.
Le principe général qui sous-tend le plan est que les antibiotiques sont des médicaments particuliers qui doivent être perçus comme un véritable bien commun dont il importe de préserver l’efficacité car ils sont indispensables à la santé humaine et animale. Pour cette raison, leur utilisation doit désormais être pensée de manière différente. Le recours aux antibiotiques doit se faire de manière prudente et raisonnée et seules les quantités appropriées strictement nécessaires aux besoins thérapeutiques des animaux, doivent être prescrites et administrées.
Voir aussi
- "Évaluer la consommation d’antibiotiques à usage vétérinaire et la réduire" Colloque organisé par le ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt (14/11/ 2012)
- Pourquoi limiter le recours aux antibiotiques vétérinaires?( Vidéo) Benoit Le Moigne et André Riou, éleveurs en Bretagne, nous expliquent comment ils procèdent dans leurs pratiques d’élevage, chaque jour, pour atteindre cet objectif.
Pour en savoir plus
- Bulletin spécial de l’ANSES : antibiotique et antibiorésistance
- Questions / réponses sur les antibiotiques à usage vétérinaire et sur l’antibiorésistance
- Les antibiotiques sont-ils automatiques ? - Interview de Jean Luc Angot, directeur général adjoint à la DGAL
- Résistance aux antibiotiques : une impasse thérapeutique ? Implications nationales et internationales - Présentation des interventions de la journée organisée par l’académie nationale de pharmacie (21 novembre 2012)
- Les bactéries résistantes aux antibiotiques - Centre d’analyse stratégique - note d’analyse 299, novembre 2012




