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Le plan d’urgence contre la peste porcine classique


Le plan d’urgence vise à protéger le statut sanitaire des élevages et à limiter l’extension et la persistance de la maladie chez les sangliers sauvages.

1) Contrôler et préserver le statut sanitaire des élevages de suidés

En élevage , la prophylaxie de la PPC repose sur la surveillance du statut indemne des élevages de porcs et sangliers et sur le contrôle et la maîtrise des facteurs de réintroduction de la maladie sur le territoire national.

Surveiller le statut sanitaire des élevages de suidés L’épidémiosurveillance de la PPC en élevage est assurée par :

- des contrôles sérologiques annuels effectués sur les reproducteurs présents dans les élevages de sélection et de multiplication (15 000 à 20 000 analyses par an) ;
- des contrôles sérologiques (10 000 analyses par an) réalisés en abattoir sur les reproducteurs réformés provenant de tous les élevages qui en détiennent (sélectionneurs, multiplicateurs, naisseurs et naisseurs-engraisseurs). La détection précoce d’un éventuel foyer étant primordiale afin de limiter toute propagation à d’autres élevages, la déclaration de toute suspicion clinique (élevage, abattoir, autopsie) ou de laboratoire (sérologie, virologie) aux DDSV est obligatoire .

Prévenir la contamination des élevages de suidés La transmission de la maladie s’effectue de manière directe (introduction d’un animal infecté ou contact avec un animal infecté) ou indirecte (ingestion de viande infectée ou contact avec des objets souillés tels que des bottes ou une bétaillère). Les mesures élémentaires à suivre pour prévenir une contamination sont les suivantes :

Respecter l’interdiction de nourrir les suidés avec des déchets de cuisine

Dans le cadre de la lutte contre la PPC, les réglementations européenne et française interdisent aujourd’hui toute utilisation des déchets de cuisine et d’eaux grasses , même cuits ou traités thermiquement, dans l’alimentation des porcs, des sangliers d’élevage et des sangliers sauvages. En effet, le virus est très résistant dans les tissus des animaux infectés et la distribution aux suidés de déchets de table contenant de la viande infectée (par exemple à partir d’une venaison provenant d’une zone contaminée) constitue un réel danger.

Eviter les contacts avec les sangliers sauvages

En zone infectée de PPC chez les sangliers, le risque majeur de contamination des élevages se situe dans les élevages de suidés en plein air. En effet, les clôtures (grillages, fil électriques) de ces élevages n’empêchent pas le contact de groin à groin des suidés d’élevage avec les sangliers sauvages, qui peut suffire à transmettre la maladie. En outre, de nombreux élevages en plein air ne sont pas équipés de clôtures étanches aux sangliers sauvages, constituant ainsi un maillon faible dans le dispositif général de protection. C’est pourquoi il est prévu, dans la zone de surveillance sérologique de la PPC dans le nord-est de la France, que ces élevages renforcent rapidement l’étanchéité de leur clôture . Cette mesure devrait être étendue à la totalité des cinq départements. Enfin, sur tout le territoire français, a fortiori dans les départements infectés à risque de contamination PPC chez les sangliers, il est primordial de prohiber l’accès aux élevages de suidés de toute personne ayant manipulé récemment des sangliers . Cette précaution doit constituer une règle suivie dans tout élevage de porcs, surtout quand l’éleveur est lui même chasseur. Avant de visiter un élevage de porcs, les chasseurs doivent s’astreindre au respect de certaines mesures (lavage et désinfection des mains et des bottes sitôt la chasse terminée, changement de vêtements après tout contact avec un sanglier, manipulation des venaisons hors de l’élevage).

Garantir les importations des suidés

En ce qui concerne l’importation de porcs vivants, la réglementation communautaire impose aux autorités vétérinaires du pays expéditeur de fournir des garanties sanitaires, certifiées par des certificats vétérinaires , qui sont essentielles. En France, ces garanties sont complétées chaque année par de nombreux contrôles aléatoires sur les porcs vivants introduits, effectués par les DDSV sur les lieux de destination (élevages, abattoirs). L’importation frauduleuse peut en effet être à l’origine d’une épizootie.

2) Surveiller le statut sanitaire des sangliers sauvages

Un réseau de surveillance des causes de mortalité des sangliers existe sur l’ensemble du territoire national. Il est complété, dans les 5 départements du nord-est, les plus exposés au risque de contamination transfrontalière, par un programme de contrôle sérologique des sangliers chassés.

Le suivi national des causes de mortalité des sangliers sauvages Le réseau SAGIR, encadré par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, agit dans toute la France pour déterminer les causes de mortalité de la faune sauvage et en particulier des sangliers. Ce réseau national, dont le premier maillon est représenté par les chasseurs, a été sensibilisé afin de renforcer sa vigilance en matière de détection rapide de toute mortalité anormale (non accidentelle) de sangliers, car celle-ci constitue un signe caractéristique d’une contamination récente par le virus de la PPC. Grâce à ce réseau, tout cas suspect pourra faire l’objet d’une recherche du virus PPC en laboratoire, notamment dans les 5 départements les plus à risque.

La surveillance sérologique des sangliers chassés dans le nord-est de la France Dans les cinq départements les plus exposés au risque de contamination transfrontalière (Moselle, Meurthe-et-Moselle, Bas-Rhin, Meuse et Ardennes) , un dispositif basé sur la surveillance sérologique des sangliers tués à la chasse dans une bande territoriale d’une largeur de 10 km le long de la frontière a été mis en place depuis le mois de novembre 2001.

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