Pâturage innovant à la Bergerie nationale de Rambouillet
© Xavier Remongin / Min.Agri.Fr

La Bergerie nationale de Rambouillet a, depuis sa création par Louis XVI, vocation à moderniser l’agriculture et son enseignement. Plateforme technologique et support de formations dispensées par l’établissement, l’exploitation de 220 hectares et de 50 vaches laitières s’est convertie en 2014 à l’agriculture biologique. Cherchant à gagner en autonomie pour alimenter leurs vaches, les salariés testent de nouvelles pratiques en agro-écologie et se lancent dans de nouveaux projets. Reportage.

Les mains dans une parcelle cultivée en méteil, mélange de triticale et de pois, Fabien Perrot explique à une dizaine d’étudiants en licence professionnelle en production animale comment l’exploitation de la Bergerie nationale de Rambouillet gère son autonomie alimentaire. Responsable de la ferme depuis deux ans, il s’est lancé avec ses collègues dans l’agro-écologie et l’agriculture biologique. « Associer les cultures pour nourrir son élevage est selon moi le système de production agricole le plus écolo qu’il soit. Mais c’est un boulot hyper pointu ! Produire des cultures et gérer ses prairies pour alimenter ses vaches en continu nécessite de connaître ses sols, les potentiels de pousses de chaque espèce et leur qualité alimentaire ! ».

Pâturage cellulaire

Plateforme de formation, d’expérimentation et de vulgarisation, la Bergerie nationale a depuis 2014 converti ses 50 vaches et ses 220 hectares à l’agro-écologie et au bio. Elle teste cette année le pâturage cellulaire, technique importée de Nouvelle-Zélande, pays pionnier en matière d’élevage à l’herbe. « C’est un pâturage tournant sur des demi-journées : on fait pâturer nos vaches sur de toutes petites surfaces. Elles mangent mieux et l’herbe a ensuite 28 jours pour se régénérer et être au stade le plus digestible pour les ruminants lorsque les vaches reviendront sur la parcelle ». Pour compléter leur ration et proposer aux vaches tout au long de l’année une alimentation équilibrée produite sur place, la ferme a diversifié ses cultures. Elle teste des associations d’espèces céréales-légumineuses pour enrichir le sol en azote, apporter de la protéine et de l'énergie à la vache.

De l’agroforesterie aux multiples essences

« Sur quelques hectares de prairies nous implanterons un mélange d’essences forestières (chênes, tilleuls, châtaigner…) et d’essences fruitières (pruniers, pommiers, poiriers) » explique Roland Delon, directeur adjoint de la Bergerie nationale. « Cette expérimentation vise à réconcilier l’arbre avec les cultures en imitant le fonctionnement d’une forêt pour améliorer la production agricole et le bien-être des troupeaux. Lancé à l’automne, ce projet d’agroforesterie sera ensuite complété par l’introduction de quelques porcs qui consommeront les glands, les châtaignes… Nous voulons aller vers une agriculture en économie circulaire ! ».

Des burratas « Bergerie nationale »

La ferme vend son lait 50 centimes à Biolait (au lieu des 24 centimes en collecte conventionnelle) et transformera dès septembre 2016 une partie de son lait en fromages frais. Pour cette diversification 100% locale, deux salariés - un français et une italienne - sont embauchés pour produire yaourts et fromages frais de type burrata. Pour Roland Delon, « aller jusqu’au produit fini nous permet de gagner le coût de la collecte, d’éviter quelques kilomètres de transport et valoriser au mieux notre production ».

Une journée à la Bergerie nationale de Rambouillet