A Orly, des fruits et légumes sous surveillance
© Xavier Remongin / Min.Agri.Fr
Assurer la protection des végétaux sur l'ensemble du territoire européen, telle est l'une des missions du pôle phytosanitaire du service régional de l'alimentation d'Île-de-France. C'est pour prévenir l'introduction d'insectes, de champignons ou de tout autre nuisible pour les cultures agricoles, les espaces végétalisés et les forêts françaises que les inspecteurs phytosanitaires à l'importation contrôlent les marchandises qui arrivent sur le territoire de l'Union Européenne. Zoom sur une inspection à l'aéroport d'Orly.

La mouche des fruits

Dans l'entrepôt de la société Worldwide Flight Service, manutentionnaire de fret aérien, des marchandises et palettes du monde entier restent en transit ou en attente d'être dédouanées. C'est ici que Delphine Allain et Aurélien Dechâtre, inspecteurs phytosanitaires, réalisent les contrôles habituels sur les fruits et légumes en provenance de pays tiers. Ce matin, des mangues, des aubergines et des concombres amers sont arrivés de République Dominicaine. Ces fruits sont soumis à un contrôle phytosanitaire obligatoire lors de leur arrivée dans l'Union Européenne. Une table, des lumières adaptées, un microscope… Ce local dédié à l'inspection phytosanitaire est l'un des points d'entrée communautaire (PEC) d'Île-de-France. « Je recherche sur les mangues des traces de parasites ou de larves principalement la mouche des fruits. A défaut, la marchandise pourra repartir vers la Grande-Bretagne » explique Delphine, agronome de formation.

Les enjeux de l'inspection phytosanitaire sont importants car l'introduction de nuisibles sur les territoires européens et français pourrait avoir des conséquences désastreuses pour les filières agricoles et les espaces naturels. Par exemple, le nématode du pin est une espèce exotique invasive. Sa taille est inférieure au millimètre. Ce nématode se reproduit, se nourrit et se développe au dépend des arbres hôtes que ses vers asphyxient. « Si ce nuisible était détecté en France, ce seraient des hectares de forêts de pins qui seraient menacés, et des mesures rigoureuses de gestion de foyer seraient mises en place, en particulier des coupes d'arbres autour des arbres contaminés » explique Carole Foulon, cheffe du pôle phytosanitaire. Les emballages en bois peuvent être porteurs de ce nématode, d'où le contrôle de ces marchandises lors de leur arrivée en Europe.

Au total, près de 1 500 inspections sont réalisées chaque année par les agents du pôle phytosanitaire dans les PEC d'Orly et de Rungis. Les agents du PEC dépendent directement du Service d’inspection vétérinaire et phytosanitaire aux frontières (SIVEP), un service à compétence nationale directement rattaché à la Direction générale de l'alimentation. Dans les PEC d'Orly et de Rungis, les contrôles se font essentiellement sur les fruits et légumes mais aussi sur les fleurs coupées, les boutures etc.

13 000 certificats d'exportation par an

De la même manière, les marchandises sont certifiées pour l'export. Ainsi, 13 000 certificats phytosanitaires d'exportation sont délivrés chaque année pour sécuriser et faciliter les échanges commerciaux. Des grumes de Seine-et-Marne envoyées vers la Chine, de la roquette expédiée vers la Martinique, des endives envoyées à Taïwan... les produits sont soumis aux règles édictées par les différents pays tiers. Ces certificats d'exportation sont délivrés en application de la convention internationale pour la protection des végétaux (accord international dans le domaine de la santé des végétaux qui a pour objectif de protéger les ressources végétales naturelles et cultivées contre l’introduction et la dissémination des organismes nuisibles des plantes, en réduisant au minimum toute entrave à la circulation internationale des personnes et des biens).

Au delà des inspections import-export, les agents du pôle phytosanitaire de la Direction Régionale Interdépartementale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt d'Île-de-France (DRIAAF Ile-de-France) inspectent les établissements pour contrôler le respect du paquet hygiène, sécuriser la distribution et l'usage des produits phytopharmaceutiques. Ils cordonnent les plans de surveillance vis-à-vis des organismes nuisibles réglementés et assurent également le co-pilotage du planEcophyto II.