Origine des produits : quelle information du consommateur ?
L’origine des produits est l’une des préoccupations principales de la quasi-totalité des consommateurs. Selon une enquête réalisée par l’association de consommateurs CLCV [1], près des ¾ des Français apprécient de pouvoir vérifier si leurs achats participent au développement d’un pays ou d’une région.

Des consommateurs avides d’informations

Les consommateurs veulent des informations précises : pour la viande, ils sont ainsi près de 80 % à vouloir retrouver sur les étiquettes toute la vie de l’animal (comme c’est le cas actuellement sur le bœuf) : son lieu de naissance, mais aussi d’élevage et d’abattage. Pour les confitures, connaître l’origine des fruits ne suffit pas à 92 % des consommateurs, qui veulent aussi connaître leur lieu de transformation.

Rappel de la réglementation

Les obligations d’étiquetage sur l’origine varient en fonction des produits.

L’indication d’origine est obligatoire pour les fruits et légumes, la viande bovine, les produits de la pêche, le miel et l’huile d’olive. Cette obligation sera étendue à partir du 13 décembre 2013 aux viandes de porc, de volaille, de mouton et de chèvre, et ce dans toute l’Europe.

La viande de bœuf sur les étals :

Depuis 2002, la réglementation européenne impose de préciser « le lieu de naissance, le lieu d’élevage et le lieu d’abattage des bovins ».

A savoir : si une seule origine est mentionnée, elle désigne à la fois la naissance, l’élevage et l’abattage. Si ces trois étapes n’ont pas eu lieu dans le même pays, l’étiquette précise les lieux de naissance, d’élevage et d’abattage. De plus, l’étiquette indique toujours le pays et le numéro d’agrément de l’abattoir et de l’établissement de découpe de la carcasse. Les viandes commercialisées sous le logo VBF (Viande bovine française) sont ainsi issues de bovins nés, élevés et abattus en France.

 

Les plats préparés :

Si la viande fraiche doit obligatoirement être étiquetée, ce n’est pas le cas des viandes entrant dans la préparation des produits transformés à base de viande, qui ont seulement l’obligation de mentionner le type (l’espèce) de viande utilisé.

Suite à l’annonce de la découverte de viande de cheval dans des plats cuisinés à base de bœuf, Stéphane Le Foll a déclaré : « Aujourd’hui, chez le boucher, on sait d’où vient le steak. On doit connaître l’origine des viandes dans les produits transformés. il y a un problème d’étiquetage de ces produits. »

Les denrées emballées doivent mentionner l’origine des produits si son omission risque d’induire le consommateur en erreur (ex. : chorizo espagnol, fabriqué en France), on peut indiquer seulement le pays, ou le département, voire la commune (ex. : Fabriqué en Ardèche).

Les fruits et légumes :

Depuis 2010, l’origine géographique des fruits et légumes vendus au détail doit être affichée en caractères d’une taille égale à celle du prix. Selon la DGCCRF, cette obligation est bien respectée dans les supermarchés, mais elle l’est moins chez les petits distributeurs et sur les marchés.

Info + : Évolutions de la réglementation européenne

Fin 2013, outre les indications sur l’origine des produits, la réglementation européenne imposera :
- L’indication de la date de congélation sera exigée pour les viandes, préparations de viande et les produits de la pêche et la mention « décongelé » sera, le cas échéant, obligatoire.
- L’usage de nanomatériaux manufacturés devra être mentionné dans la liste des ingrédients. Il faudra attendre le 13 décembre 2016, pour l’obligation d’affichage de la composition nutritionnelle de denrées alimentaires, date à laquelle elle figurera sur tous les produits alimentaires transformés, sur l’un des côtés de l’emballage, sous forme de tableau comprenant la valeur énergétique, les quantités de graisse (on ne parle plus de lipides), d’acides gras saturés, de glucides de sucres, de protéines et de sel (la mention sodium sera interdite). Le type d’huile végétale utilisé devra être précisé dans les ingrédients.

Zoom sur : les produits labellisés

- Les logos AOC/AOP (Appellation d’origine contrôlée / protégée) désignent des produits (fruits, légumes, fromages, viandes, vin...) dont la production, la transformation et l’élaboration sont réalisées dans une zone géographique déterminée, selon un savoir-faire reconnu et un cahier des charges particulier.

 

- Le logo IGP (Indication géographique protégée) désigne des produits dont les caractéristiques sont liées au lieu géographique dans lequel se déroule au moins sa production ou sa transformation. A savoir : Les contrôles de l’origine géographique de ces produits labellisés (comme des autres obligations du cahier des charges) sont réalisés par des organismes indépendants accrédités par le COFRAC et par l’INAO. Depuis 2006, pour éviter un mélange des genres, les activités de gestion et de défense des produits (rédaction des cahiers des charges, promotion, conseil technique...) et les activités de contrôle sont soigneusement séparées les unes des autres. A noter que les produits labellisés sont par ailleurs contrôlés au plan sanitaire par l’État, comme tous les autres produits alimentaires commercialisés en France.

[1] Sondage réalisé en ligne par l’association CLCV auprès de 1040 internautes représentatifs, entre le 13 décembre et le 28 janvier.