Organisation économique – Circuits courts

Les circuits courts de commercialisation des produits agricoles sont une activité non négligeable pour de nombreuses exploitations en France. En effet, la vente directe concerne toutes les filières, surtout celles des fruits et légumes, de l’horticulture, de la viticulture et des filières animales. 4% des fruits et légumes achetés le sont en vente directe, ce pourcentage atteint 7% si l’on prend en compte l’ensemble des formes des circuits courts. Plus généralement, 16,3 % des exploitations agricoles font de la vente directe, dont 47% qui transforment les produits.

De nombreux pays sont concernés par le sujet du développement des circuits courts qui font l’objet d’un grand intérêt.

La démarche des circuits courts de commercialisation a toujours existé, mais elle tend à se développer depuis plusieurs années. Elle a pris des formes multiples, qui présentent la caractéristique commune d’améliorer la captation de valeur au bénéfice de la production. Parmi les typologies utilisées pour différencier les différentes formes de "circuits courts", celles faisant état de ventes directes d’une part (ventes collectives, marchés, ventes en tournée, à distance ou à domicile), de ventes indirectes d’autre part (via un intermédiaire tel qu’un restaurateur, un commerçant) sont certainement les plus décrites et les plus claires.

Les circuits courts constituent un mode de distribution complémentaire aux autres types de commercialisation
Les circuits courts permettent à certains producteurs de diversifier leur activité agricole. Ils permettent surtout de répondre à une forte demande des consommateurs. Ils apportent une réponse à une exigence grandissante de produits de terroir, de tradition, d’authenticité restaurant le lien social entre consommateur et producteur, valorisant les qualités de fraîcheur, d’innovation et de qualité nutritionnelle des productions en question ainsi que la connaissance des produits et de leurs modes de production. Dans son approche territoriale, le circuit court peut permettre de valoriser la production locale.

En termes de potentiel, les enjeux de ce type de commercialisation sont décrits comme considérables, puisque, outre la captation de valeur en faveur du producteur, il permet la réalisation d’économies sur les autres segments de la chaîne de coûts (transports, transaction pour le commerce sur internet) et la création de valeur sur des actifs immatériels (marque, ancrage territorial, authenticité, lien social).

Les circuits courts contribuent au développement d’une consommation durable et responsable Ils participent également au maintien de l’agriculture périurbaine et de zones touristiques, à l’amélioration de la compréhension de l’agriculture par les consommateurs et , dans un certain nombre de cas, à la promotion de pratiques favorables à l’environnement.

Renforcer le lien entre le producteur et le consommateur traduit aussi un nécessaire renforcement du lien au territoire, même si une telle démarche n’exclut pas le développement d’autres formes de commercialisation (vente à distance). Cette approche territoriale milite aussi pour le développement de synergies locales entre les différents acteurs concernés : producteurs, intermédiaires, artisans, commerçants, collectivités locales et consommateurs.

Un plan de soutien au développement des circuits courts

Début 2009, le ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt a mis en place un groupe de travail chargé d’étudier les différents leviers qui pourraient être mis en œuvre pour favoriser et développer le mode de commercialisation par les « circuits courts ». Sur la base de son rapport, le ministère a lancé en juin 2009 un plan de soutien au développement des circuits courts contenant un ensemble de propositions concrètes

Un comité chargé du suivi de la mise en œuvre des mesures annoncées a été institué.

Typologie des circuits courts

Ventes directes
Vente par le producteur directement au consommateur :

  • ventes à la ferme (vente en panier à l’avance, vente en cueillette, magasin de vente, etc...)
  • ventes par correspondance (internet, etc...)
  • ventes en tournées (avec éventuellement points relais de livraison) ou à domicile
  • vente sur les marchés de détail (le producteur vend directement aux consommateurs sur les marchés)

Ventes indirectes
Vente par le producteur à un intermédiaire (c’est l’intermédiaire qui vend au consommateur)

  •  ventes à des commerçants-détaillants : restaurateurs, bouchers, charcutiers, traiteurs, épiceries, grandes et moyennes surfaces, etc... (ces derniers peuvent vendre aux consommateurs soit dans leur boutique/magasin, soit sur des marchés de détail)
  •  ventes à la restauration collective (ex : cantines des écoles, des maisons de retraite, d’entreprises, etc...)

Toutes ces ventes, directes ou indirectes, peuvent se faire éventuellement de manière groupées via un point de vente collectif ou une plateforme collective, afin que les producteurs puissent potentialiser le volume et la variété des produits proposés aux clients (qu’ils soient consommateurs ou intermédiaires).

Certains producteurs souhaitent transformer leurs produits : cela peut être fait à la ferme , dans des ateliers de transformations via la prestation de service ou sous-traitance, ou dans des ateliers de transformation collectifs (c’est le producteur qui effectue lui-même la transformation, mais en mettant en commun les locaux avec d’autres producteurs, chacun utilisant le local et le matériel selon des règles définies dans un règlement intérieur).
Dans tous ces cas, des conditions sanitaires sont à respecter

Comment accéder à un marché de détail ?

Un producteur ou un intermédiaire qui souhaite vendre des produits sur un marché de détail doit :

  •  prendre contact avec la mairie et le placier dont dépend le marché (ils fourniront l’ensemble des informations relatives aux démarches à effectuer)
  • se déclarer à la préfecture (déclaration d’installation)

Le titulaire d’un emplacement dans un marché de détail doit se conformer à l’ensemble des règles figurant dans le règlement du marché qui définissent le fonctionnement général du marché (horaires, règles de propreté, métrage, paiement des places, etc...).

Découvrir les circuits courts

  • Guide de la restauration collective : favoriser proximité et qualité (09/10/2010) : Depuis 2007, direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DRAAF) Rhône-Alpes développe un plan régional d’approvisionnement local pour la restauration collective. Un guide pour aider les acheteurs publics à s’approvisionner en circuits courts vient de sortir.