Myriam Grouselle-Labouysse, les premiers pas d'une jeune cheffe d'exploitation
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© Cheick Saidou / Min.Agri.Fr
À 25 ans, Myriam est une jeune directrice d'exploitation agricole (DEA) aussi dynamique que passionnée. Membre du réseau Dephy, la ferme du lycée agricole d'Arras est très engagée dans l'agro-écologie. Ça tombe bien, elle aussi ! Rencontre.

Cela fait 4 mois que Myriam, ingénieure agronome diplômée de l'école ISA Lille, a pris ses quartiers au lycée agricole d'Arras (Pas-de-Calais), à la tête d'une exploitation pédagogique de 95 ha où sont cultivés pomme de terre, blé, colza, betterave, pois de conserve et endives. Un établissement qu'elle connaît bien pour y avoir réalisé son BTSA Gestion et protection de la nature 5 ans plus tôt, puis occupé, pendant 1 an à l'issue de sa formation d'ingénieur, le poste de chargée de mission expérimentation. Depuis septembre dernier, Myriam dirige une équipe de quatre personnes dont un apprenti. « Mon rôle est d'assurer l'activité de production de la ferme (gestion des stocks, des productions et des ventes), de mener à bien – en lien avec l'actuel chargé de mission expérimentation – tous les essais mis en place dans le cadre des programmes Dephy Ferme et Dephy Expérimentations et, enfin, de suivre l'ensemble des projets dont certains Casdar auxquels l'exploitation fait partie. »

La pédagogie, cœur battant de l'exploitation

L'année scolaire précédente, l'équipe de l'exploitation, très impliquée dans la vie de l'établissement, a consacré 450 heures à des activités pédagogiques. Temps auquel il faut ajouter celui passé en autonomie par les professeurs sur les parcelles. « La ferme est ouverte tout le temps, aux formateurs comme aux 520 élèves et apprentis, avec qui nous sommes en contact au quotidien », précise Myriam. « Je passe beaucoup de temps à rencontrer les équipes pédagogiques de manière à connaître leurs besoins et à voir quels ateliers on pourraient mettre en place. » La jeune DEA est d'ailleurs en pleine réflexion sur le prochain projet pédagogique. Un projet qui se veut collectif, élaboré avec les enseignants, en lien avec les autres fermes de la région Hauts-de-France, et auquel elle souhaite associer davantage les élèves. « Je suis intimement persuadée que les exploitations ont un rôle primordial à jouer en montrant aux élèves que tout cela n'est pas seulement de la théorie, mais aussi de la pratique. Et que ça marche ! La difficulté étant d'arriver à être durable sur le plan environnemental, mais aussi financier. »

S'ouvrir aux autres, un état d'esprit cultivé au quotidien

Au lycée agricole d'Arras, la dynamique « agro-écologie » est amorcée dès 2012. Cette (r)évolution, Myriam l'a d'abord vécue en tant que lycéenne, puis en tant que chargée de mission et enfin DEA. « En s'engageant dans le plan Écophyto, on a dû tout repenser et, notamment, passer d'un système géré au jour le jour à un projet qui s'inscrit dans le long terme. Tout cela n'a pas été simple à mettre en place. » Et pour rapprocher les filières « environnement » et « agriculture » – qui ont parfois du mal à communiquer –, Myriam essaye de faire comprendre aux élèves « qu'il n'existe pas de modèle idéal, et qu'il est donc nécessaire de se poser des questions, de travailler ensemble et, surtout, de ne pas rester cloisonné ». L'exploitation, comme toute cellule expérimentale, reçoit aussi de nombreux observateurs, agriculteurs et partenaires locaux. « C'est ce que j'aime dans mon métier : être au contact des jeunes et des professionnels, avoir différents projets et, ainsi, être en permanence autant dans la transmission que dans la découverte et l'apprentissage. C'est vraiment très stimulant. »

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