Monpoisson.fr : En direct du port de l'Île d'Oléron

Delphine Dupuy, une poissonnière d'exception - © Les Pêcheries de la côtinière
Fille de marin, Delphine Dupuy rêvait de pêche et voulait en faire son métier. Associée à son mari mareyeur, elle est désormais à la tête des Pêcheries de la Côtinière sur l’Île d’Oléron, une entreprise familiale composée de deux poissonneries, une dizaine de marchés et du premier site de vente en ligne de poissons frais. Interview de Delphine, fondatrice d’une poissonnerie pas comme les autres.

En quoi votre poissonnerie diffère de celles plus traditionnelles ? Delphine : Dans notre poissonnerie, tout est fait pour que le client apprenne à mieux consommer.Ici, ils se servent eux-mêmes : ils enfilent des gants et mettent la main à la pâte. Si je suis toujours dans la poissonnerie pour les conseiller, il faut que les consommateurs se réapproprient le poisson. Je remarque que la plupart d’entre eux se tourne automatiquement vers des poissons carrés et insipides. Ils ont arrêté de manger des sardines ou des maquereaux car ils ont pris l’habitude de manger des poissons sans arêtes. Il faut leur redonner envie de cuisiner des petits poissons.

Pourquoi on se tourne plus facilement vers un poisson « carré et insipide » ? Delphine : Tout simplement parce que les consommateurs ont oublié qu’il existe une abondance de variétés, à la portée de n’importe quel budget. Ils pensent que manger du poisson coûte cher. Du coup,ils ne mangent que du poisson stéréotypé : dos de cabillaud, filet de perche.Pour profiter du poisson à prix raisonnable, il faut déjà commencer par acheter du poisson de saison : si sur les étals de ma poissonnerie, on trouve de tout, je mets en avant les espèces saisonnières à consommer. Mais ça ne suffit pas. Encore faut-il que les consommateurs les achètent. Il faut leur expliquer clairement pourquoi la coquille Saint-Jacques s’apprécie en hiver ou pourquoi on ne mange pas de la sole toute l’année. C’est aussi le rôle du professionnel que d’être pédagogue.

Les pêcheries de la côtinière - © Pascal Xicluna/Min.agr.fr
Aux Pêcheries de la Côtinières, les clients enfilent des gants et se servent eux-mêmes.

Comment faites-vous concrètement pour le consommateur se réapproprie le poisson ? Delphine : Il ne faut pas croire que le consommateur est passif face à son alimentation. Il est de plus en plus demandeur de conseils et d’informations quant à l’origine d’un produit par exemple. Malheureusement il s’adresse à la mauvaise personne. Pour y remédier, je travaille avec un chef.Bruno est présent à la poissonnerie tous les jours : il prépare le poisson à la demande des clients, il leur donne des conseils et leur réapprend à cuisiner simplement. De la confection d’une brandade à la cuisson des langoustines, en passant par les poissons panés, tous les jours, Bruno explique aux consommateurs que cuisiner du poisson est à la portée de tous.

Quel est le principal objectif de votre démarche ? Delphine : L’enjeu principal est de recréer un lien de proximité entre l’artisan poissonnier et son client, un lien qui va au-delà de la relation pécuniaire. Outre nos activités quotidiennes, on s’est associé à l’Office de tourisme de Marennes-Oléron qui fait découvrir aux touristes le port de la Côtinière et sa criée. Ils finissent par une dégustation autour de mon chef. Preuve de leur intérêt, les visites sont complètes dès les premiers beaux jours !

Vous avez aussi ouvert, il y a quelques années, un site internet...

Monpoisson.fr, le premier site de vente en ligne de poissons frais - © Pascal Xicluna/Min.agr.fr
Delphine : On a ouvert monpoisson.fr il y a cinq ans. Nous étions les premiers, à l’époque, à nous lancer dans la vente en ligne de poissons frais. Le début a été compliqué, nous n’avions pas de modèle. Il a fallu trouver un emballage capable de conserver la fraîcheur du poisson acheté le jour même à la criée, et surtout rentabiliser les frais de livraison, qui sont plutôt élevés. L’équilibre et l’emballage trouvés, le site fut lancé. Mon poisson.fr est une véritable poissonnerie virtuelle. Nous accompagnons toujours nos arrivages d’une recette et nous préparons le poisson à la demande du client. On peut commander du homard, des langoustines, des huîtres et tous les autres poissons, selon l’arrivage du jour !

Quelles ont été vos motivations pour vous lancer dans la vente en ligne de poissons frais ? Delphine : On a lancé ce site à la demande de nos clients saisonniers, qui souhaitaient profiter de nos poissons en rentrant chez eux. On s’est aussi rendu compte que dans beaucoup de villages, il n’existe plus de poissonneries, ou tout juste le rayon poisson des grandes surfaces ! On a peu de concurrence, c’est une niche qui nous a permis de créer un emploi mais surtout de continuer notre activité tout au long de l’année. Chacune de nos activités apporte sa pierre à l’édifice : si les marchés sont plus rentables l’été, le site Internet prend le relais l’hiver.

L’astuce du chef pour faire manger du poisson aux enfants

Les croquettes de Merlu Ingrédients : 2 filets de merlu sans peau, 2 œufs, de la farine, de la chapelure, sel, poivre et huile.Passez la chair du merlu au hachoir. Confectionnez avec vos enfants des petites boules avec la chair du merlu hachée puis salez et poivrez ces dernières. Battez les œufs dans une assiette creuse, salez et poivrez. Déposez dans deux autres assiettes la chapelure et la farine. Plongez les boules dans la farine, puis dans les œufs et enfin dans la chapelure. Faites ensuite frire à 170 °C.

Retrouvez Delphine et Olivier sur leur site Internet
www.monpoisson.fr et aussi aux Pêcheries de la CôtinièreQuai René Delouteau à Saint-Pierre d’Oléron

Voir aussi