Moins de désherbant dans les vignes
23/10/2012

Davantage d’enherbement naturel et de désherbage mécanique du sol : des techniques permettant d’utiliser moins de désherbants se répandent en viticulture. Continuant l’analyse des données recueillies lors du recensement agricole, une publication de juillet 2012 d’Agreste Primeur fait le point sur les pratiques phytosanitaires dans la viticulture en 2010.

Les maladies, les ravageurs et la concurrence d’autres plantes…ce sont les trois dangers qui guettent la vigne. Pour la protéger, les viticulteurs sont amenés à utiliser des produits phytosanitaires : 16 traitements phytosanitaires sont ainsi appliqués en moyenne en 2010. Parmi ces traitements, 10 %permettent de limiter ou supprimer la pousse de l’herbe. Des désherbants chimiques qui peuvent être à l’origine de pollution des eaux de surface et souterraines. Deux pratiques alternatives se sont progressivement développées dans le paysage viticole : le désherbage mécanique du sol et l’enherbement naturel. Résultat : en 2010, un cinquième des surfaces viticoles ne reçoit aucun herbicide.

Des sols plus travaillés

©Pascal.Xicluna/Min.Agri.Fr
Pour désherber, trois choix s’offrent au viticulteur : le désherbage mécanique du sol, sans aucun ajout de pesticide, le désherbage mixte, qui allie désherbage mécanique et herbicide, et le désherbage uniquement chimique. Aujourd’hui, seuls 14 %des surfaces sont concernées par le tout chimique. C’est encore le désherbage mixte qui a la faveur des viticulteurs, retenue pour les deux tiers des surfaces. Le choix entre ces différentes pratiques a des conséquences pour l’environnement mais aussipour le viticulteur. Désherber uniquement mécaniquement mobilise davantage de temps de travail car il faut plus de passages dans les vignes (en moyenne cinq passages, pour seulement deux en chimique exclusif). Cela entraîne aussi des coûts supplémentaires énergétiques et d’usure du matériel. C’est pourquoi le désherbage non chimique est réservé aux vignobles dont le vin sera mieux valorisé. Un tiers des viticulteurs ayant fait ce choix sont des viticulteurs bio.

Un enherbement maîtrisé

Autre façon de diminuer les traitements phytosanitaires : laisser pousser l’herbe dans la vigne, de façon contrôlée, ce qui limite l’étendue des surfaces traitées. En s’imposant sur la moitié des surfaces viticoles en 2010, l’enherbement permet d’économiser des traitements herbicides sur 110 000 hectares. D’autres avantages sont à mettre à son compte. Il permet de maîtriser la vigueur et le rendement de la vigne, donc la qualité du raisin, tout en favorisant la biodiversité. Les sols sont plus porteurs (le passage d’engins agricoles après la pluie sera facilitée), moins sujets aux risques d’érosion. Des critiques se font néanmoins entendre : la baisse de la vigueur de la vigne est parfois trop importante, et cela a des conséquences à la fois sur la qualité du vin et sur les rendements.

Pour en savoir plus sur les pratiques phytosanitaires dans la viticulture en 2010, et notamment sur les différences régionales de ces pratiques, consultez

©Pascal.Xicluna/Min.Agri.Fr

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