Miimosa, plateforme de financement participatif
Ci-après crédit
©Pascal.Xicluna/Min.Agri.Fr

L’espace numérique d’internet et des réseaux sociaux a permis l'émergence de plateformes de financement participatif (ou crowdfunding), complétant ou remplaçant la traditionnelle souscription. Ce mode de financement se fait sans l'aide des acteurs traditionnels en faisant appel à un grand nombre de personnes afin de financer un projet. Florian Breton, petit-fils d’agriculteurs, a créé en 2014 Miimosa, première plateforme française dédiée à l’agriculture et à l’alimentation. Rencontre.

Qu'est-ce qui pour vous caractérise le financement participatif en agriculture ?

Le financement participatif est un vrai mouvement sociétal. En parallèle aux circuits courts, notre activité crée un lien social, c'est « le circuit court du financement ». En 18 mois, on constate un record de levée de dons. 300 porteurs de projets dont 75% d’agriculteurs et 25% de petites entreprises agroalimentaires, avec 1,5 million d’euros de dons collectés sur la plate-forme, où chacun peut donner du sens à son argent, en le fléchant vers un territoire et de nouvelles formes de distribution. 78% des contributeurs sont des provinciaux. Les gens veulent d’abord défendre le territoire où ils vivent. Les campagnes contribuent aux campagnes. Le financement participatif est pour tout le monde, c’est une agriculture qui prend en main son destin. En général, un projet financé par la plate-forme s’élève à 6500 euros alors que la moyenne nationale est de 4000, et les contributions sont autour de 100 euros sur Miimosa, alors qu’elles ne dépassent pas 55 euros sur les autres plate-formes.

Êtes-vous en concurrence avec les banques ?

Le financement participatif est alternatif et complémentaire des services des banques. Le coût moyen d’une installation agricole est de 100 000 euros. Les banques redirigent vers Miimosa les porteurs de projets de circuit court alimentaire, ceux qui veulent s’agrandir ou se spécialiser. Ils peuvent ainsi compléter leur plan de financement et y trouver en même temps la culture digitale, virale et communautaire que les banques n’apportent pas. C'est une PAC 2.0.

« C'est une agriculture qui prend en main son destin ». Auriez-vous un exemple ?

Je pourrais citer un producteur de vaches laitières de 58 ans, en Normandie. Condamné par la politique des quotas laitiers, il a voulu anticiper la crise, sans baisser les bras, en trouvant d’autres moyens de valoriser sa production. Il s'est regroupé avec quatre familles dans un GAEC de plus de 100 vaches, et il a voulu financer une nouvelle activité : fabriquer des glaces artisanales, salées et sucrées. Il est parvenu à lever 21 000 euros pour financer un camion réfrigéré, alors qu’il avait seulement 5 000 euros en poche. Autre exemple, une installation dans le Lot-et-Garonne, d'une jeune femme qui voulait s'installer en élevage. Elle avait besoin de cinq hectares de prairies. Elle a obtenu plus de 10 000 euros de collecte, ce qui a incité les banques à l’accompagner. Ainsi, elle a pu gagner un an
sur son installation.

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