Mieux maîtriser les quantités utilisées: la recherche au service de l'agro-écologie
main ouverte avec des cerises
Cheick.Saidou/MinAgri.Fr

Réduire de 50 % le recours aux produits phytosanitaires dans l’agriculture à l’horizon 2025, c’est l’ambition du plan EcoPhyto II. Comment y parvenir ? En prenant en compte les réalités de chaque filière et en misant par exemple sur les avancées de la recherche. Système embarqué pour optimiser les quantités de pesticides utilisées, alternative à l’épandage aérien… autant de projets qui pourraient changer demain le quotidien des exploitations. Leur point commun : ils sont tous développés par l’Institut national de recherche en sciences et en technologies (Irstea). Zoom sur de nouveaux outils prometteurs.

Maîtriser l’utilisation des produits phytosanitaires sans impacter la rentabilité de son exploitation n’est pas systématiquement du seul ressort de l’agriculteur. Celui-ci doit également pouvoir s’appuyer sur de nouveaux procédés. C’est notamment sur ce type de projets que travaille l’Irstea. Créé en 1971, cet institut se situe au carrefour de plusieurs expertises : sciences biophysiques, informatique, mathématiques appliquées, sciences économiques, humaines… Ses recherches s’étendent sur quatre champs principaux : l’agriculture, l’agroalimentaire, le traitement des eaux usées et la métrologie environnementale1.

Réinventer les agroéquipements 

Dans le domaine des agroéquipements, l’Irstea a développé des dispositifs ayant un impact concret sur la limitation des produits phytosanitaires, notamment :

  • un outil mobile embarqué pour le réglage des pulvérisateurs : ce dispositif sans fil permet à l’agriculteur de diminuer de 10 à 15 % l’utilisation de produits phytosanitaires.

  • un système terrestre « tout-terrain » pour le traitement phytosanitaire des bananiers2 : il remplace avantageusement l’épandage par avion en optimisant l’utilisation des produits phytosanitaires.

Même si nombre de ces inventions sont encore à l’état de prototypes, elles pourraient bien trouver leur place dans les exploitations agricoles d’ici quelques années. Outre les bénéfices attendus sur l’environnement, ces nouveaux outils doivent également permettre à l’agriculteur de gagner du temps sur les tâches de pulvérisation et de réaliser des économies sur ses charges. Un progrès à tout point de vue.

1 Littéralement science de la mesure. Appliquée à l’environnement, cette discipline concerne notamment l’hydrométrie, l’hydrologie, la granulométrie, la topographie...

2 Le système a vocation à s’adapter à d’autres types de cultures en terrain pentu.

BSV : Vous informer pour économiser

Dès à présent, des outils sont à votre disposition pour vous aider à maîtriser les quantités de phytosanitaires dans votre exploitation. Mis en place dans le cadre du plan Ecophyto 2018, le Bulletin de Santé du Végétal (BSV) propose une véritable radioscopie de l’état sanitaire des cultures et une évaluation du risque lié aux bio-agresseurs par région et par culture.

Basée sur les observations de plus de 4 000 experts répartis sur l’ensemble du territoire, cette synthèse vous permet d’ajuster votre utilisation de produits phytosanitaires en vous concentrant sur les parcelles réellement menacées. Vous pouvez ainsi éviter un traitement préventif systématique coûteux.

Le BSV est édité au format PDF, vous pouvez vous y abonner, le télécharger depuis le site de votre DRAAF ou de votre chambre d’agriculture, ou encore le retrouver sur le portail de la protection intégrée des cultures EcophytoPIC (#mettre le lien#).

Consultez la Liste des Bulletins de santé du végétal disponible par région.

Zoom sur les projets

Outil mobile embarqué pour le réglage des pulvérisateurs, la traçabilité et la maîtrise des traitements phytosanitaires

Fonctionnement général

  • Ce système électronique peut être embarqué sur un matériel type tracteur ou pulvérisateur.

  • Il mesure et enregistre en continu les débits de produits phytosanitaires, le volume utilisé par hectare et le niveau de la cuve. Il analyse en parallèle la vitesse et l’orientation du vent, la température et l’hygrométrie.

Bénéfices attendus

  • Réduction de 10 à 15 % de l’utilisation de phytosanitaires (doses ajustées aux surfaces à traiter).

  • Pulvérisation plus précise.

  • Gain de temps.

  • Suivi des tâches amélioré.

Stade de développement

  • Premier prototype opérationnel depuis mai 2015


 

Système terrestre pour le traitement phytosanitaire des bananiers

Fonctionnement général

  • Cette solution terrestre est une alternative aux épandages aériens, interdits depuis le 15/09/2014.

  • Un véhicule tout-terrain, adapté aux fortes pentes, permet de circuler dans les rangs de bananiers sans abîmer les régimes.

  • Un mât porteur de mini-canons permet de fendre la canopée sans l’abîmer et d’y opérer une pulvérisation ciblée et régulière.

  • Une centrale météorologique peut être associée au système, pour ajuster le débit pulvérisé.

Bénéfices attendus

  • Réponse à une impasse locale suite à l’interdiction des épandages aériens

  • Travail sur terrain pentu facilité

  • Optimisation des quantités de produits phytosanitaires utilisés (pulvérisation ciblée)

  • Économies

Stade de développement

  • Démonstrateur environnement réel


 

 

 

 

  • Mots clés :

Pesticides, Ferme Dephy, Produits Chimiques, Ecophyto