Découverte de Mayotte, l'île aux parfums
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Cheick Saidou / agriculture.gouv.fr

Situé dans l’archipel des Comores, entre Madagascar et l’Afrique, Mayotte est le 101e département français depuis mars 2011 et a intégré l'Union Européenne en 2014.

L'île de l'océan Indien est actuellement secouée par des centaines de micro-secousses, un « essaim sismique » disent les spécialistes, ce qui n'empêche pas la mobilisation quotidienne des agents de la Direction de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt pour intervenir en appui des filières et notamment sur le pôle d’excellence rurale « plantes à parfums » en cours de mise en place sur le site de Coconi.

La surface agricole de l'Ile représente 20% des 374 km² du territoire mahorais. Celui-ci est très densément peuplé (environ 700 habitants/km², soit le département le plus dense hors Île-de-France). Les besoins alimentaires de la population évoluent par ailleurs rapidement du fait de l'accroissement démographique (+3,8% par an) et de l'augmentation du niveau de vie (+3% par an), ce dernier restant largement inférieur à celui des autres départements d'outre-mer.

L’essentiel des surfaces agricoles portent des associations de cultures pluri-étagées (cultures annuelles, arbres fruitiers…), atout non négligeable dans un paysage où les surfaces planes sont rares et où l'érosion des sols constitue une menace avérée pour le lagon. Si, en 2010, un tiers des ménages pratiquaient une activité agricole, sur une surface moyenne de 0,45 ha, la moitié de ces ménages auto-consommaient la totalité de leurs productions. Seul 361 exploitations cultivaient plus de 2 ha et la pluriactivité est de mise. La moitié des chefs d’exploitations recensés en 2010 étaient par ailleurs des femmes.

Les cultures vivrières sont prédominantes, en particulier les bananes (légume ou dessert) et le manioc. Mayotte est autosuffisante à 80% en fruits et légumes et le maraîchage est en plein développement. Les élevages de volaille (œufs et chair) offrent également de belles perspectives pour l'installation des jeunes agriculteurs.
Les cultures de plantes aromatiques (vanille) et de plantes à parfum (ylang-ylang), emblématiques de l'île, représentent aujourd'hui des surfaces modestes (moins de 200 ha), mais dont la relance est à l'ordre du jour.
Le développement de l'élevage bovin est rapide et les débouchés traditionnels (lait caillé, consommation de viande de zébu lors des mariages...) assurent une forte valorisation des produits.

Les activités de pêche à Mayotte sont réalisées par :

  • environ 230 barques de pêche immatriculée au registre national pêchant essentiellement à l'intérieur du lagon de la bonite et du capitaine ;
  • 3 navires palangriers de 10 mètres qui pêchent à l'extérieur du lagon principalement du thon albacore et de l’espadon.

La filière agroalimentaire représente le tiers du faible tissu industriel de l’île. Des incitations fortes à son développement ont été mises en place dans le cadre du POSEI (Programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité) et de nouvelles installations (abattoirs de volailles et de ruminants, station de conditionnement de fruits et légumes…) devraient prochainement sortir de terre. La filière avale de la pêche est également sous-dimensionnée (peu de points de vente aux normes) et un programme de mise en place de pontons et de halles de pêche débute cette année.

L'Établissement public national (EPN) de formation technique et professionnelle agricole de Coconi est fortement impliqué dans l'élaboration de nouveaux modes de production agricole et dans le transfert des connaissances vers les agriculteurs, notamment dans le cadre du RITA (Réseau d'innovation et de transfert agricole) et du programme Écophyto.

Un produit, un lycée agricole, une forêt, un événement, une initiative...

Retrouvez ci-dessous les spécificités de la région avec, au choix :

L'ylang-ylang, la plante à parfum emblématique de l'île

Mayotte est dénommée l’île aux parfums depuis le développement au début du 20e siècle de la culture de l’ylang-ylang (cananga odorata, la « fleur des fleurs » en langue locale), dont les fleurs embaument l’air le soir venu. Cette culture a longtemps constitué l’une des principales productions de rente et l’île comptait plus de 1 000 ha d'ylang dans les années 1950. Depuis une vingtaine d'années, les Comores et Madagascar ont supplanté Mayotte pour la fourniture d'huile essentielle aux parfumeurs.

Il reste cependant environ 130 ha de plantations où les arbres ont été suffisamment entretenus pour que la cueillette des fleurs puisse redémarrer rapidement. Les cours mondiaux sont actuellement élevés et un dispositif revu de compensation du surcoût de la main d’œuvre par rapport aux îles voisines est en place. L’ambition est de reprendre un courant d’exportation d’une dizaine de tonnes d’huile essentielle chaque année, d’ici 5 ans.

Portée par le ministère de l’Agriculture et le Conseil départemental, cette politique s'appuie en particulier sur le pôle d’excellence rurale « plantes à parfums » en cours de mise en place sur le site de Coconi et a pour ambition de faire vivre de la production d'ylang plus d’une centaine de familles agricoles insérées dans une filière de qualité labellisée Bio.

Le lycée agricole de Coconi, acteur majeur d'une agriculture durable

Au lycée de Coconi, les projets ne manquent pas. À l’heure où une nouvelle dynamique est impulsée pour toute l’île, avec un engagement fort de l’État, de la collectivité et de tous les acteurs, le lycée poursuit ses missions principales d'enseignement et de formation professionnelle tout en étant un acteur majeur de la recherche et du développement durable de l'agriculture de l'île.

L'internat de la réussite pour tous (ouverture prévue en septembre 2022) sera un véritable lieu d’épanouissement pour chaque élève. Il sera à la fois un lieu d’études et un lieu d’éducation. Il contribuera à réduire les inégalités sociales et culturelles du milieu familial, en mettant à la portée de tous un accompagnement dont beaucoup d’élèves mahorais ne bénéficient pas chez eux. Il ne s'agit donc pas d'un simple lieu d’hébergement, mais bien d'une réponse sociale et éducative au service de la réussite des élèves mahorais, un véritable atout pour Mayotte et sa jeunesse.

Depuis 2014, le lycée s’est fortement engagé dans la démarche « enseigner à produire autrement ». Des techniques innovantes en maraîchage, en agroforesterie, en transformation des produits sont testées au lycée puis diffusées auprès des producteurs. Ces techniques visent à améliorer la productivité et la durabilité du jardin mahorais traditionnel et contribueront à une plus grande autonomie alimentaire locale, tout en favorisant la mise en place d'un système fortement résilient.

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