Pour quoi s’engager quand on a 15 ou 20 ans ? Contre quoi résister et s’indigner ? "Maquisarbres" instaure un dialogue artistique entre les jeunes élèves de terminale Bac Pro "gestion et conduite de chantiers forestiers" du lycée forestier de Meymac (Corrèze) et celles et ceux qui, au même âge il y a 70 ans, se sont engagés dans les maquis du Limousin. Affiches, ferronnerie, travaux paysagers, les œuvres produites avec l’aide de l’association Pulsart interrogent le présent tout en transmettant le flambeau de la Résistance.
« L’union a permis de saper les forces de l’occupant. Actuellement, la solidarité se dégrade et ne protège plus la population ». Ce titre d’affiche lie, par delà les décennies, l’engagement des jeunes résistants des années 40 aux préoccupations sociétales actuelles des élèves de terminale du lycée forestier de Meymac en Corrèze. Maquisarbres présente au Sénat 33 affiches dont les textes et illustrations ont été réalisés par des élèves puis imprimés avec des moyens qui auraient put être ceux des résistants historiques. L’arbre, debout face à l’adversité, et la forêt corrézienne qui abrita les maquis servant de fil d’Ariane inter-générationnel entre anciens résistants et futurs techniciens forestiers.
« Nous avons d’abord dialogué avec des résistants, sur le sens de leur engagement, mais aussi sur des questions d’actualité qui nous préoccupent, soulignent Aurélien et Fabien, auteurs de l’affiche. Par la suite, en atelier socioculturel, il a été décidé de scinder le texte en trois parties : les années 40, la remise en question actuelle des acquis sociaux et des valeurs de solidarité et enfin un questionnement plus personnel sur la fragilité des couples et les difficultés de préserver une vie de famille. En marge de l’affiche, nous avons réalisé un « objet de lutte » en bois et en ferronnerie C’est un nœud étranglant la liberté sous l’Occupation. Il évoque aussi un stéthoscope et symbolise la remise en cause de la couverture sanitaire. Enfin, il représente la cellule familiale entravée par le stress de la vie professionnelle. »
« Un film documentaire sur la genèse de cette exposition est en cours de réalisation, », précise Maxime Apostolo, président de Pulsart une association qui a apporté son expérience et son savoir faire artistique aux élèves.
« Ce qu’il y a d’extraordinaire dans cette exposition c’est qu’elle est le fruit des échanges et de la solidarité de quatre générations qui cohabitent en même temps dans le même pays ! », a souligné le sénateur de la Corrèze René Teulade lors du vernissage.
« Il faut savoir aborder certains sujets, notamment le devoir de mémoire, autrement que par les disciplines traditionnelles de l’enseignement. Dans ce type de démarche, les établissements d’enseignement agricole sont souvent pilotes, grâce à leurs équipes socioculturelles, a rappelé Marion Zalay, directrice générale de l’enseignement et de la recherche agricole et de souligner, reprenant une réflexion du Président de la République, Que la culture doit s’inviter dans l’Éducation et pas seulement le contraire. »
L’exposition est visible à Paris à partir du 16 février, à l’Hôtel de ville puis dans différentes structures jeunesses de la ville.
Plus d’information sur le site de l’association Pulsart, partenaire de l’action : http://www.pulsart.org. Contacts : Franck Lemaire, professeur d’ESC (lemaire@neuvic.com - 05 55 95 29 31) et Maxime Apostolo, association Pulsart (06 80 84 43 17)
Comment conserver les aliments ? DLC, DLUO, quelle différence ?