Les toxines paralysantes des coquillages

Certains coquillages – les coquilles Saint-Jacques, les moules, les huîtres notamment – peuvent être contaminés par des toxines, couramment appelées toxines paralysantes. Le point sur ces substances toxiques et sur les moyens de s’en prémunir.

Les toxines paralysantes des coquillages, qu’est-ce que c’est ?

coquillages
Les coquillages filtreurs, notamment les moules, les huîtres et les pectinidés (coquilles St Jacques, pétoncles…), peuvent accumuler dans leur organisme des toxines produites par des micro-algues. Ces toxines peuvent par exemple se développer dans les micro-algues en cas d’ensoleillement important : l’augmentation de la température de l’eau et la lumière sont en effet des facteurs de croissance.

Lorsqu’ils sont contaminés par les toxines de ces algues (aussi appelées toxines PSP), ces coquillages deviennent toxiques pour l’homme, du fait de leur action potentiellement paralysante.

Les zones les plus fréquemment affectées par ces contaminations sont :
- en Bretagne : la Rade de Brest, la Rance, la baie de Morlaix et les Abers
- en Languedoc-Roussillon, l’étang de Thau, la rade de Toulon (Provence-Côte d’Azur) n’a connu qu’un épisode en 2000, qui ne s’est pas renouvelé jusqu’à maintenant. Ces épisodes toxiques sont observés à des saisons différentes en Atlantique et en Méditerranée : entre juin et septembre en Bretagne, entre octobre et décembre dans l’étang de Thau.

Quels risques court-on si l’on consomme des coquillages contaminés ?

La consommation de coquillages contaminés par cette toxine peut causer une intoxication alimentaire. Les premiers symptômes apparaissent généralemententre 5 et 30 minutes après l’ingestion de coquillages contaminés.

Quels symptômes ? Ces toxines ont une action neurologique sur l’homme, et provoquent des paralysies : engourdissement des lèvres, du visage, voire des bras et des jambes, ainsi que des maux de tête, des nausées et des vertiges. Dans les cas les plus graves, les toxines peuvent provoquer une perturbation de la motricité et une incohérence de la parole avec risque de décès par paralysie des muscles respiratoires.Cette intoxication n’est pas contagieuse.

Une guérison complète et sans séquelle est possible en trois jours après un traitement symptomatique et d’appoint (vidange du contenu gastrique, administration de charbon actif ou de boissons alcalines afin d’inactiver les toxines, administrations de diurétiques afin de favoriser l’élimination). Pour les cas les plus graves impliquant des troubles respiratoires, le patient doit être mis sous assistance respiratoire le temps que l’organisme élimine naturellement les toxines.

Les personnes les plus sensibles sont les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées, ainsi que toute personne dont l’état physiologique et immunitaire est dégradé (diabétiques, insuffisants rénaux, immunodéprimés…).

En cas d’ingestion de coquillages contaminés, consultez votre médecin traitant ou le centre antipoison le plus proche de chez vous.

Comment s’organise la surveillance de cette toxine ?

Une surveillance basée sur l’observation et le dénombrement des algues productrices de toxines, de manière régulière, est effectuée sur différents points sur l'ensemble du littoral. Lorsque le seuil d’alerte est atteint, cela déclenche la recherche de toxines dans les coquillages en mer. Cette surveillance est effectuée par un réseau, appelé REPHY (pour Réseau de Surveillance du Phytoplancton et des Phycotoxines).

A savoir : depuis la mise en place de ce réseau de surveillance en 1984, aucune intoxication liée à cette toxine n’a été constatée en France.

De plus, une recherche systématique de toxines est réalisée sur les coquillages présents dans les gisements au large et à grande profondeur (comme les coquilles Saint-Jacques) avant l’ouverture de la pêche (un mois avant l’ouverture, puis deux semaines avant), et toutes les semaines pendant les périodes de pêche.

Des plans de surveillance des biotoxines marines sont mis en place chaque année par la DGAL afin de s'assurer de la bonne conformité des produits mis sur le marché. Les professionnels réalisent également de nombreux autocontrôles pour garantir la sécurité sanitaire des produits qu’ils mettent sur le marché.

Que se passe-t-il lorsque la toxine est détectée sur des coquillages ?

Des mesures de gestion sanitaire (fermeture de zones de production de coquillages contaminées notamment, correspondant à l'interdiction de commercialisation des coquillages) sont prises par le préfet lors de la contamination de zones, en fonction des espèces de coquillages existants sur la zone.

Comment s’informer ?

- être attentif aux affichettes apposées sur les lieux de vente
- les médias locaux et parfois nationaux se font l’écho des alertes sanitaires les plus préoccupantes, suite à la publication par les professionnels de communiqués de presse pour les en informer. Toutes les alertes nationales sont mises en ligne sur alimentation.gouv.fr/actu-alertes
- pour les amateurs de pêche à pied de loisir : consultez le site baignades.sante.gouv.fr

Que faire en cas d’alerte sanitaire liée à des toxines paralysantes sur des coquillages ?

Il est essentiel de ne pas ingérer de coquillages issus d’une zone contaminée. En cas de consommation de coquillages contaminés, il est indispensable de consulter son médecin traitant ou le centre antipoison le plus proche.

A savoir : les toxines PSP sont stables à la chaleur, la cuisson des coquillages ne diminue donc pas leur toxicité.


Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le site de lIFREMER


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