L'enseignement et la formation au cœur d'une coopération franco-japonaise
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© DRAAF Hauts-de-France
En juin dernier, l'accueil d'une délégation japonaise par le ministère de l'Agriculture français a posé les bases d'une coopération thématique autour de l'enseignement et de la formation. Elle concrétise une démarche globale de rapprochement entre nos deux pays qui devrait déboucher sur des partenariats pédagogiques concrets.

Fruit d'une coopération entre nos deux économies partageant, à des degrés divers, des enjeux communs, cette action – qui était une première – a été décidée lors du groupe de travail agricole bilatéral France-Japon qui s'est tenu à Tokyo en décembre 2016.

Ainsi, du 27 mai au 4 juin 2017, une délégation japonaise – constituée d'un représentant du ministère de l'Agriculture, d'un représentant du ministère de l'Éducation nationale et de cinq représentants de la communauté éducative en établissements agricoles – s'est rendue en France à la découverte de notre agriculture, mal connue au Japon, et de son système éducatif.

Cette semaine a permis à la Direction générale de l'enseignement et de la recherche (DGER) de faire connaître son appareil de formation et ses spécificités que sont, entre autres :

  • un fort ancrage territorial,
  • une prise directe avec le monde professionnel,
  • un engagement en faveur de l'agro-écologie,
  • le rôle des exploitations des lycées agricoles en matière d'expérimentation.

« Les Japonais ont été surpris par l’attachement des Français pour leur agriculture, la place des femmes dans la société française, la maturité des élèves rencontrés, la relation entre professeurs et élèves qui leur a semblé bien plus simple qu’au Japon », raconte Sabine Hofferer, conseillère agricole à l'ambassade de France au Japon.

La délégation a également pu appréhender la diversité des facettes de l'agriculture et de l'agroalimentaire, notamment dans les Hauts-de-France au lycée agricole d'Arras (Pas-de-Calais), et en Île-de-France au lycée horticole de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines).

Trois enjeux majeurs à relever

Nos deux agricultures, si elles ont des situations et des problématiques différentes, ont néanmoins plusieurs points communs, comme une agriculture de modèle familial prédominant, un attachement aux produits de qualité, des productions très diversifiées et le développement des circuits courts. Elles se rejoignent aussi autour de trois défis majeurs à relever :

  • la préservation de l'environnement avec l'évolution vers des pratiques plus durables et le développement de l'agro-écologie,
  • le renouvellement des générations avec la mise en place de dispositifs d'accompagnement à l'installation de jeunes agriculteurs,
  • la lutte contre le changement climatique avec l'initiative française « 4 pour 1000 », dont le Japon a été membre de la première heure.

« Avec une moyenne d'âge de ses agriculteurs de 66 ans, le Japon rencontre un vrai problème de renouvellement des générations et, aussi, de formation continue pour faire évoluer les pratiques vers une certaine modernité », explique Sabine Hofferer. « Au-delà du partage d'expériences, l'objectif est de trouver les domaines dans lesquels nous pouvons coopérer, s'inspirer les uns des autres, nouer des liens de confiance... »

Un partenariat qui s'inscrit dans la durée

Pour Naoto Namikawa, directeur de l’Association nationale des lycées agricoles japonais, l'enthousiasme était au rendez-vous. « Des pistes de collaboration sont d'ores et déjà identifiées : échanges d’élèves de BTS et apports pédagogiques croisés sur les métiers de l'aménagement paysager, échanges et commercialisation des produits agricoles issus des exploitations des lycées français et japonais, et coopération technique entre lycées agricoles autour de la production laitière. La délégation se réjouit des travaux communs qui seront lancés au plus vite ! »

Ainsi, au cours du premier semestre 2018, le Japon accueillera à son tour une délégation française de professeurs de lycées agricoles. Ils auront pour mission d'explorer le dispositif de formation agricole japonais. Ce sera également l'occasion d'aller à la rencontre de certaines filières d'excellence japonaises comme l'aménagement paysager, l'horticulture ou encore le maraîchage. Des filières sur lesquelles nos deux pays ont un intérêt réciproque à travailler ensemble.

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