L'emploi dans les IAA
Fromagerie de la coopérative laitière Haute-Maurienne - Vanoise de Lanslebourg. Fabrication du Beaufort. Test du pâton. ©Pascal Xicluna/Min.Agri.Fr
Avec 820000 salariés (1270000 en comptant la grande distribution alimentaire) répartis sur l’ensemble des territoires urbains et ruraux, la filière alimentaire est une filière stratégique pour l’emploi en France. Elle a résisté au mouvement de désindustrialisation qui a frappé d’autres secteurs, et son potentiel de développement est réel. Néanmoins, certains métiers de l’alimentaire se heurtent à un déficit d’image et à une faible attractivité, notamment chez les jeunes. Cette situation conduit à des difficultés de recrutement sur certains emplois au sein des entreprises de la filière alimentaire. A l’inverse, certaines entreprises, confrontées à des difficultés structurelles ou conjoncturelles, doivent s’adapter. Le contexte économique général rend nécessaire l’amélioration de l’employabilité des salariés et la construction des passerelles entre les secteurs de la filière.

Pour Guillaume Garot, « avec le Contrat de la filière alimentaire, c’est la bataille pour le redressement économique et productif du pays et donc la bataille pour l’emploi que nous menons ».

Les contrats de génération et les emplois d’avenir sont une des réponses et constituent une opportunité pour les entreprises et les salariés.

Focus sur l’emploi dans les industries agroalimentaires

Le secteur français des IAA compte environ 14 000 entreprises, employant plus de 500 000 salariés. A l’instar des autres secteurs industriels, le nombre de ces emplois diminue, mais de manière moindre, et après avoir augmenté de 1998 à 2003.

96 % des effectifs des IAA se situent dans les entreprises (hors artisanat commercial) de plus de 10 salariés. Les entreprises de plus de 250 salariés représentent 0,5 % des entreprises, mais emploient 37 % des effectifs salariés.

Entreprises de 0 à 9 salariés, de 10 à 249 salariés, de 250 salariés et : Nombres d’entreprises, effectifs et chiffres d’affaires. Source : INSEE (ESANE 2009)
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Une filière qui contribue à l’aménagement du territoire

Les nombreuses implantations en zone rurale représentent un véritable enjeu en terme de maillage et d’équilibre des territoires. Avec un cinquième des unités de production, la Bretagne et les Pays de la Loire rassemblent près du tiers de l’emploi salarié total, notamment grâce à leur place prééminente dans la transformation de la viande. Si l’on ajoute Rhône-Alpes, Nord-Pas-de-Calais, Île-de-France et Aquitaine, ces six régions regroupent près de la moitié des salariés de la filière.

Nombre d’établissements et rapport nombre d’établissements IAA/ nombre de salariés (ensemble des établissements IAA hors artisanat commercial -champ SSP MAP) dans les régions Source : INSEE-ESANE, retraitement SSP
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Attractivité et emploi

Industrie de process, l’industrie agroalimentaire française est confrontée à un double défi :

  • recruter et fidéliser une main d’œuvre qualifiée pouvant s’adapter aux évolutions induites par les nouveaux procédés de fabrication et la réglementation liée à la sécurité alimentaire,
  • faire face aux nombreux départs en retraite à court terme qui posent la difficulté du remplacement des salariés et des dirigeants.

Au centre de ces enjeux : l’attractivité des emplois des industries agroalimentaires, notamment auprès des jeunes. Le ministre délégué à l’agroalimentaire Guillaume Garot a annoncé un plan pour l'emploi dans l'alimentaire, où 10.000 emplois sont à pourvoir.

Les formations

Les établissements d’enseignement agricole qui préparent aux métiers de l’agroalimentaire connaissent des difficultés pour recruter les jeunes qui préfèrent s’orienter vers d’autres secteurs, par exemple, vers les métiers liés au marketing ou au commercial.

La rénovation des diplômes, dont celle du brevet de technicien supérieur agricole (BTSA) option « sciences et technologies des aliments », les nouvelles voies de formation pour préparer les diplômes d’ingénieur, permettent de répondre au mieux aux attentes des professionnels des industries alimentaires.

Les établissements de l’enseignement supérieur agricole développent également une série d’initiatives en faveur de l’ouverture sociale, parmi lesquelles les « cordées de la réussite ». Désormais 326 cordées opèrent sur tout le territoire, on compte aujourd’hui plus de 2000 établissements scolaires et près de 50 000 collégiens et lycéens concernés. Le Ministère de de l’Agriculture de l’agroalimentaire et de la forêt (MAAF) a veillé à ce que les établissements agricoles puissent être partie prenante, et a encouragé la mise en place de « cordées vertes de la réussite » .


Le réseau F2A "Formation agroalimentaire" regroupe 42 établissements publics agricoles qui forment les futurs salariés et collaborateurs du secteur agroalimentaire de la 3ème à la licence professionnelle. En savoir plus


Les professionnels ont mis en place un réseau de centres de formation par apprentissage dédiés aux métiers des industries agroalimentaires. En savoir plus sur le site de l’IFRIA

Les métiers

Voir les débouchés de l’enseignement agricole

L’amélioration des conditions d’emploi et des conditions de travail

L’amélioration des conditions de travail, ainsi que la mise en place d’une gestion des ressources humaines dans les petites et les moyennes entreprises, font l’objet d’une attention toute particulière. Un plan d’action pour l’amélioration de la sécurité au travail et des conditions de travail dans les secteurs agricole, forestier et agroalimentaire a été adopté au conseil supérieur d’orientation et de coordination de l’économie agricole et alimentaire (CSO) du Ministère en charge de l’agriculture en juin 2008. Il a depuis été intégré au plan santé au travail que pilote le ministère du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social. Pour les industries agroalimentaires, ce plan concerne plus particulièrement la lutte contre les troubles musculosquelettiques (TMS). Cet enjeu constitue un des volets de la charte « emploi ».

En savoir plus sur la charte de coopération des industries alimentaires
 

Sources : Insee et Agreste