L’Éducation socioculturelle, une utopie en marche
© Xavier Remongin / Min.Agri.Fr

Le séminaire organisé à l'occasion des 50 ans de l’Éducation socioculturelle (ESC) les 17 et 18 mars 2016 a mis en valeur l’originalité d’une pédagogie unique en son genre. Enseignement multiforme, l’ESC séduit bien au-delà du cadre où il est apparu. C’est ce qui lui permet d’être clairement identifié comme un maillon essentiel de l’enseignement agricole. Ce séminaire a permis de reposer les bases de cet enseignement pionnier tout en traçant les perspectives d’avenir.

Atelier d’expression artistique ou culturelle, dessin, peinture, danse, musique, cinéma, vidéo, multimédia, aménagement paysager, la plupart des réalisations présentées à l'occasion des 50 ans de l'ESC témoignent d’une variété, d’une créativité et d’une qualité hors du commun.

La force de ces représentations tient au fait que tout commence de la volonté partagée de réaliser quelque chose ensemble. Bien souvent, l'objet importe peu et il arrive que ni les enseignants, ni les élèves n’aient la moindre idée au départ de ce qu’ils vont réaliser. Travailler ensemble sur un projet commun pour bien vivre ensemble, rien que cela mais, tout cela à la fois. Et c’est à partir d’un tel objectif a priori anodin qu’un groupe va naître, se souder. Par la force de sa motivation, il sera susceptible de créer une cohésion d’ensemble.

Chacun va prendre, donner, apprendre de l'autre tout au long du projet. L’enseignant s’inspire de l’univers de ses élèves, de leurs centres d’intérêt, de leurs aspirations, de leurs désirs, pour trouver les moyens de les questionner sur la société et sur eux-mêmes, de les mettre en activité, en les aidant à prendre de la distance avec ce qui les touche, ou au contraire à se rapprocher de ce qu’ils ignorent ou de ce qu’ils craignent. C’est ce déclic que l’enseignant cherche à provoquer, c’est même pour cela qu’il s’engage.

La pratique des arts : réflexion, effusion, innovation

Des projets qui ne mobilisent les élèves que quelques heures dans un semestre de leur vie, entre deux examens, mais des heures qui les marquent parfois à jamais. Des anciens passés par l’ESC en témoignent. Car ce n’est pas seulement la réalisation artistique qu’il s’agit d’apprécier, mais aussi la/les question(s) sociétale(s) qu'il aborde et surtout la force du collectif qui laisse son empreinte dans les consciences. La motivation du groupe qui permet aussi à ces jeunes adultes de se révéler aux autres et à eux-mêmes. Dans ses échanges avec les enseignants, Mireille Riou-Canals, directrice de l’enseignement et de la recherche, a rappelé à quel point elle est attachée aux spécificités de l’Éducation socioculturelle, à la nécessité de lui fournir un cadre davantage pour la protéger que pour la contraindre dans sa capacité d’innovation. Le parcours pour devenir enseignant d’ESC est déjà un modèle atypique en soi, c’est aussi ce qui donne toute sa richesse à ce corps d'enseignant unique. Cet atypisme est venu irrigué l'ensemble des pratiques enseignantes et éducatives de l'enseignement agricole par le développement de la pédagogie de projet, de la pluridisciplinarité Une subtilité que la ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem a su percevoir, indiquant avec une pointe d’humour qu’elle y voyait presque un « plagiat anticipé » de sa prochaine réforme de l’Éducation.

Imaginer l'agriculture, fabriquer la nature

« Rêvons, inventons la vie et le monde de demain avec ces jeunes de l’enseignement agricole en prise directe avec la nature qui par la force des leurs créations utopiques, montrent aux adultes les voies du progrès ». Par ces mots, le ministre, Stéphane Le Foll a clairement insisté sur ce qu’il espérait de ces jeunes attachés à la campagne, qu’ils aident les citadins à mieux connaître la nature, à regarder différemment nos paysages, à réinventer la ville. Le travail artistique permet aux jeunes de l'enseignement agricole de s'ouvrir à des problématiques et à des questions qui à la base leurs sont étrangères. Dans notre environnement où l’horizon est encore à portée de vue, les jeunes Français mesurent-ils la chance qu’ils ont, comparée à ceux d’Asie de pouvoir inventer les verticalités urbaines du futur qui feront davantage place à l’animal et au végétal, au vivant en somme ? L'approche de la verticalité de la cité, le développement d'une agriculture urbaine, la lutte contre l'érosion des surfaces agraires ne sont-elles pas des questions qui se poseront aux générations émergentes ?

L’utopie est en marche, l’ESC est une des voies pour la mettre à portée de main.

Retour sur le séminaire en vidéo

<h2><iframe allowfullscreen="true" class="player" frameborder="0" height="432" mozallowfullscreen="true" scrolling="no" src="https://webtv.agriculture.gouv.fr/player-html5-402b023234e53cf5dfe82ec256fdbd7f.html" webkitallowfullscreen="true" width="768">Retour sur 50 ans d&amp;rsquo;éducation socioculturelle</iframe></h2> <p>Dispensée dans les lycées agricoles, l&amp;rsquo; <a href="https://webtv.agriculture.gouv.fr/nom-education.html">éducation</a><a href="https://webtv.agriculture.gouv.fr/nom-socioculturelle.html">socioculturelle</a> ( <a href="https://webtv.agriculture.gouv.fr/nom-esc.html">esc</a> ) accompagne avec succès l&amp;rsquo; <a href="https://webtv.agriculture.gouv.fr/nom-enseignement-agricole.html">enseignement agricole</a> dans son ambition de mener les élèves à la réussite.</p> <p>Inspirés de l&amp;rsquo; <a href="https://webtv.agriculture.gouv.fr/nom-education.html">éducation</a> populaire, les principes et les méthodes de l&amp;rsquo; <a href="https://webtv.agriculture.gouv.fr/nom-esc.html">esc</a> privilégient la pédagogie active, de projet ou la primauté de la capacité sur les savoirs. Unique en son genre, s&amp;rsquo;appuyant sur l&amp;rsquo; <a href="https://webtv.agriculture.gouv.fr/nom-education.html">éducation</a> artistique, le développement de l&amp;rsquo;esprit critique par l&amp;rsquo;analyse des médias, ou le vivre-ensemble, l&amp;rsquo; <a href="https://webtv.agriculture.gouv.fr/nom-education.html">éducation</a><a href="https://webtv.agriculture.gouv.fr/nom-socioculturelle.html">socioculturelle</a> a su évoluer, se généralisant peu à peu, au point d&amp;rsquo;acquérir aujourd&amp;rsquo;hui une dimension visionnaire et universelle.</p> <p>A l&amp;rsquo;aune des événements tragiques de 2015, après la série de débats 100% citoyen qui ont mis en évidence ce que Stéphane Le Foll identifiait comme &amp;laquo; un vrai divorce entre le monde des réseaux sociaux et le monde politique ou celui des grands médias &amp;raquo;, l&amp;rsquo; <a href="https://webtv.agriculture.gouv.fr/nom-education.html">éducation</a><a href="https://webtv.agriculture.gouv.fr/nom-socioculturelle.html">socioculturelle</a> , n&amp;rsquo;apparaît-elle pas aujourd&amp;rsquo;hui comme une réponse positive à la crise citoyenne que nous traversons ?</p> <p>Tout au long de l&amp;rsquo;année 2015, une trentaine d&amp;rsquo;établissements de l&amp;rsquo; <a href="https://webtv.agriculture.gouv.fr/nom-enseignement-agricole.html">enseignement agricole</a> se sont mobilisés pour contribuer à cette réflexion citoyenne au travers de projets artistiques et culturels. La célébration de cet anniversaire offre enfin l&amp;rsquo;opportunité au ministère de l&amp;rsquo;Agriculture de présenter de nombreux travaux dont la qualité interpelle.</p>

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