Le point sur l'interdiction des substances néonicotinoïdes en France
© Pascal Xicluna / Min.Agri.Fr

En 2012, la France a interdit l'usage du thiamethoxame (produit Cruiser) en traitement de semences en raison de risques inacceptables pour les pollinisateurs suite à une étude de l'Inra. Sur la base d'une première évaluation de l'EFSA, cette initiative française a conduit la Commission européenne à imposer des limitations de l'usage des trois substances thiaméthoxame, clothianidine et imidaclopride aux plantes non attractives pour les abeilles, aux céréales d'hiver, aux cultures sous serre, aux pulvérisations après floraison.

En 2016, la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages a prévu que l'utilisation de l'ensemble des produits de la famille des néonicotinoïdes sera interdite à compter du 1er septembre 2018. Des dérogations pourront être accordées jusqu'au 1er juillet 2020 par arrêté conjoint des ministres chargés de l'Agriculture, de l'Environnement et de la Santé, sur la base de données fournies par l'Anses comparant les risques et bénéfices de ces produits et de leurs alternatives possibles.

La réévaluation des données disponibles a donné lieu à un rapport de l'EFSA en octobre 2016 concluant à un risque élevé dans un certain nombre de situations. Ce rapport a donné lieu en mars 2017 à une proposition de la Commission européenne qui a été soumise au vote ce 27 avril 2018. L'adoption de la proposition de la Commission ce matin, en restreignant l'utilisation de ces substances aux seuls usages sous serre permanente ou au traitement de semences destinées à être utilisées sous serre permanente, vient confirmer le bien-fondé de la position française sur la nécessité de mieux protéger les insectes pollinisateurs.

À la fin de l'année 2018, la totalité des productions européennes de plein champ seront concernées par une interdiction de l'utilisation de ces trois substances au niveau européen.