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Le point sur la vaccination contre la fièvre aphteuse


Historiquement, la fièvre aphteuse (FA) entraînait des pertes considérables en France comme dans de nombreux pays. En 1962, une politique nationale de lutte médico-sanitaire comprenant la vaccination annuelle de l’ensemble des bovins sur tout le territoire et, en cas de foyer, l’élimination systématique de tous les animaux des espèces sensibles a été mise en place. Cette méthode s’était montrée efficace, puisque la fièvre aphteuse a disparu du territoire national, le dernier foyer datant de 1981. En 1991, la Communauté européenne a décidé d’arrêter la vaccination, au vu :

D’arguments sanitaires  : en 1989 le territoire communautaire était indemne de FA depuis presque 10 ans. En outre, sur 34 foyers primaires déclarés en Europe entre 1977 et 1987, 13 étaient liés à la diffusion de virus échappés des laboratoires ou à des vaccins mal inactivés (c’est-à-dire à la pratique même de la vaccination).

D’arguments économiques  : dans un rapport de la Commission européenne en date de 1991, le coût de la vaccination a été estimé à 1,135 millions d’écus contre un coût de 35 millions d’écus en cas de non vaccination (calcul effectué sur l’hypothèse de 13 foyers primaires pour une période de 10 ans).

D’arguments commerciaux  : la vaccination entraîne la présence d’anticorps vaccinaux non différentiables des anticorps post-infectieux, en outre, les animaux vaccinés sont susceptibles d’héberger de manière inapparente du virus aphteux et représentent donc un risque important pour les cheptels non vaccinés. Elle entraîne des restrictions commerciales lourdes lors des échanges avec des pays qui ne vaccinent pas. L’absence de vaccination est donc une condition de la liberté des échanges d’animaux et de leurs produits entre les pays.

Par ailleurs, le risque de réapparition de la maladie sur le territoire national est lié à un risque à l’importation. Or, la vaccination des seuls bovins, qui représentent la moitié des effectifs des animaux sensibles à la FA, ne diminuerait que faiblement le risque d’apparition de foyer. En outre, le vaccin utilisé qui protège contre certains souches n’empêche pas l’infection liée à d’autres souches. Aussi, l’élimination des animaux contaminés en cas de réapparition de la maladie reste la méthode la plus efficace car elle permet de tarir complètement la source de virus ; cette élimination devant être la plus précoce possible pour éviter la diffusion de la maladie. Le retour à une politique de lutte contre la FA avec la vaccination (prophylaxie médicosanitaire) représenterait donc un changement majeur dans la stratégie de lutte contre la FA qui semble pour l’instant peu envisageable, compte tenu des restrictions commerciales majeures qui en résulteraient pendant plusieurs années. S’agissant de la réapparition de foyer de fièvre aphteuse sur le territoire communautaire et de l’intérêt du recours à une vaccination d’urgence, il convient de rappeler que la vaccination d’urgence ne pourrait être mise en place que sur autorisation de la Commission Européenne, avec pour objectif de limiter l’extension de la maladie lorsque l’abattage préventif des animaux ne peut être réalisé suffisamment rapidement, du fait du manque de moyen pour mettre en oeuvre la politique d’abattage systématique dans des délais rapides. Dans tous les cas, ces animaux vaccinés seraient abattus dès que les moyens humains et matériels seront disponibles (puisqu’ils ne peuvent plus être différentiés par des analyses sérologiques des animaux infectés).

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