Le point sur la fièvre catarrhale ovine, avec Patrick Dehaumont, Directeur général de l’alimentation
Pascal.Xicluna/MinAgri

La confirmation d’un foyer de FCO a été établie en septembre dernier par le laboratoire national de référence de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Il s’agit d’un cas de FCO à sérotype 8. Immédiatement, le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt a décidé de mettre en place des mesures afin de prévenir tout risque éventuel de propagation de la maladie : l’élevage a été placé sous surveillance renforcée et les mouvements d’animaux ont été bloqués au sein de l’exploitation. Une zone de protection et de surveillance de 150 km de rayon autour de l’élevage concerné a été définie. Dans cette zone et en conformité avec la réglementation européenne, des mesures de gestion sont appliquées : restriction des mouvements d’animaux, interdiction de regroupement, surveillance active. Explications avec Patrick Dehaumont, Directeur général de l’alimentation

Qu’est ce que la fièvre catarrhale ovine ?

C’est une maladie virale, transmise par des moucherons, également appelée maladie de la langue bleue ("Bluetongue" en anglais), Comme son nom ne l’indique pas, la FCO peut affecter tous les ruminants domestiques (ovins, bovins, caprins) et sauvages.

Quels en sont les symptômes ?

Fièvre, troubles respiratoires, troubles locomoteurs, salivations, oedème de la face, etc.

Peut-elle affecter l’homme ?

Absolument pas ! Cette maladie est strictement animale. Elle n’a également aucune incidence sur la qualité des denrées (viande, lait, etc).

D’où vient la maladie et où est-elle présente ?

C’est une affection exotique dont l’extension était limitée aux zones les plus chaudes du Sud de l’Europe (Grèce, Italie, Espagne). Elle a pourtant fait son apparition, de façon inattendue, en août 2006 dans le Nord de l’Europe (Allemagne, Belgique, Pays-Bas) et s’est étendue très rapidement les années suivantes à l’ensemble du territoire métropolitain français pour provoquer jusqu’à 32 000 foyers déclarés en 2008. Plus récemment, en 2014, des cas ont été détectés dans l’Est de l’Europe (Bulgarie, Albanie, Serbie, Roumanie). La France était indemne de FCO sur son territoire continental depuis 2012.

En quoi consiste la surveillance renforcée en France métropolitaine  ?

Dans chacune des 21 régions de France continentale, 60 élevages détenant au moins 30 bovins sont sélectionnés par tirage au sort. Dans chacun de ces élevages, 30 bovins préférentiellement présents dans l’exploitation depuis au moins 2 ans, sont prélevés.. 60 analyses sont réalisées par mois et par département, à l’abattoir sur de animaux âgés de 6 à 12 mois. Cette surveillance passe également par une sensibilisation des éleveurs et des vétérinaires afin qu’ils soient vigilants aux signes cliniques de la maladie et ainsi détecter rapidement une éventuelle présence du virus.

Quelles sont les stratégies de lutte contre cette maladie ?

Il n’y en a qu’une : vacciner. Il faut deux injections de primovaccination à 3 semaines d’intervalle, puis des rappels annuels pour que l’animal soit valablement vacciné. Le ministère en charge de l’agriculture a acquis un total d’environ 2,2 millions de doses de vaccin contre le sérotype 8, ce qui a permis de sécuriser la totalité des animaux visés par les priorités ci-dessous. De nouvelles doses seront disponibles pour 2016.

Quelles sont les conséquences potentielles pour le commerce des animaux et notamment pour les échanges intra-UE et les exportations vers les pays tiers ?

Etant donné les restrictions de rassemblement et de circulation dans une zone de production importante pour l’élevage (4,6 millions de bovins, 700 000 ovins et 160 000 caprins dans la première zone de protection et de surveillance de 150 km établie le 11 septembre), il y a des conséquences en termes de commerce. Néanmoins, concernant les exportations et les échanges, le Ministre et la Direction générale de l’alimentation ont déjà conduit des négociations avec un certain nombre de pays  importateurs tant européens qu’extra-européens . La réactivité des autorités et des différents acteurs est essentiel pour la maitrise de la situation sanitairemais aussi pour le maintien de la confiance nécessaire aux relations commerciales.