Le Plan Ecophyto sur les bancs de l'école
Christine Klein est chef d’exploitation du lycée agricole de Rouffach, en Alsace, où les élèves sont notamment formés aux métiers de la vigne. Développer et communiquer sur les méthodes permettant de réduire l’utilisation de produits phytopharmaceutiques auprès de la future génération de viticulteurs fait partie de ses missions. Elle a ainsi engagé depuis cette année l’exploitation du lycée agricole dans le réseau des fermes DEPHY.


 

À sa manière d’arpenter le domaine viticole du lycée agricole, on devine que Christine Klein est confiante et fière du travail qui y a été accompli cette année ; en effet, malgré les conditions climatiques favorables au mildiou et à l’oïdium, les grappes colorées de Pinot gris semblent saines.

Des procédés astucieux

Visiblement, les techniques de protection de la vigne mises en place sur l’exploitation tout en limitant l’utilisation de produits phytopharmaceutiques ont porté leurs fruits : Aujourd’hui, elle n’utilise plus d’insecticide sur son exploitation, préférant notamment pratiquer la méthode de la confusion sexuelle, qui perturbe la reproduction des papillons ravageurs sur ses parcelles. Pour lutter contre les maladies liées aux champignons microscopiques, les actions préventives sont privilégiées. Par exemple, une taille bien maîtrisée permet d’obtenir une forme de souche aérée et de limiter significativement le développement des maladies. Quant au désherbage chimique, il est limité si possible à un seul passage par an, complété par du désherbage mécanique.

Le plan Ecophyto, une démarche logique

Il faut dire que ce résultat est le fruit d’une évolution constante des pratiques. Si l’exploitation du lycée agricole ne rejoint le réseau des fermes DEPHY qu’en 2012, cela fait plusieurs années qu’elle s’emploie à réduire l’utilisation de produits phytopharmaceutiques. « Cette sensibilité à la protection des cultures se développe au lycée depuis la fin des années 1990 », précise-t-elle. « Faire partie du plan Ecophyto est une démarche logique pour le lycée agricole, puisque nous mûrissons ce type de méthodes depuis longtemps. »

Née de parents viticulteurs, Christine Klein a grandi au milieu des vignes. La savoir-faire du vin d’Alsace, des Pinots et du Muscat, elle le connaît bien et ne tient pas à le voir disparaître. Mais elle veut aller plus loin en conjuguant respect des traditions et respect de l’environnement. « Mes parents avaient leur propre exploitation, gérée de manière plus classique », confie l’agricultrice. « En tant qu’exploitation de lycée, il est nécessaire d’aller plus loin. »

Une génération consciente du respect de l’environnement

Une prise de conscience générationnelle selon Christine Klein, qui a été sensibilisée dans sa jeunesse à la problématique de la protection de l’environnement : « Je fais partie de cette génération qui a commencé à travailler fin des années 1990, quand les questions d’environnement sont devenues une réelle préoccupation. Concernant l’environnement, c’est une génération éduquée. »

Quoi de plus naturel donc, à ce que l’agricultrice ait choisi la voie de l’enseignement? Au lycée agricole, elle témoigne des possibilités d’évolution des pratiques en matière d’utilisation des produits phytopharmaceutiques à la génération suivante. Les élèves ont entre seize et vingt ans et déjà, ils sont sensibilisés à la réduction des pesticides. « Dans un lycée agricole, il faut donner l’exemple, et c’est un moteur de changement », conclut la viticultrice.

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