Le patrimoine scientifique et technique ancien des établissements d'enseignement supérieur agricole
18/04/2018
Denis Feignier, Jean-Marc Vallauri
Une mission interministérielle (culture-agriculture) a été chargée de réaliser un inventaire des collections et des compétences disponibles pour la conservation et la mise en valeur du patrimoine scientifique ancien des établissements d'enseignement supérieur agronomique, vétérinaire et de paysage

Légende ci-après

Rapport de mission interministérielle de conseil n° 16019 CGAAER - IGAC

Août 2017

Mots clés : patrimoine scientifique et technique, collections, conservation, valorisation

Enjeux

Certains établissements d'enseignement supérieur agronomique, vétérinaire et de paysage ont hérité d'un patrimoine qui présente un intérêt du point de vue de l'histoire des sciences naturelles, de l'agronomie, de la médecine et des techniques.

Il était dès lors utile de jeter les bases d’un inventaire en caractérisant ce patrimoine, d'identifier les collections en péril, d’évaluer l’intérêt des initiatives régionales, associatives ou privées auxquelles les écoles pourraient être associées et, enfin, de proposer un plan d’action pour les établissements franciliens et les collections en péril, en privilégiant la mutualisation et les partages de compétences et de bonnes pratiques.

Méthodologie

La mission interministérielle était composée de Bertrand-Pierre Galey (IGAC), Bruno Saunier (Conservateur général du patrimoine), Denis Feignier et Jean-Marc Vallauri (CGAAER).

Elle s'est intéressée aux établissements qui trouvent leur origine au XVIIIème ou au XIXème siècle : écoles vétérinaires de Lyon, d’Alfort et de Toulouse, AgroParisTech, Montpellier Sup Agro, Agrocampus Ouest, et l'École nationale supérieure de paysage de Versailles.

Au-delà des fonds anciens des bibliothèques, l’objet de la mission portait sur les « pièces anatomiques, collections d’histoire naturelle, échantillons de tissus et de minéraux, instruments scientifiques, mobiliers… qui présentent un intérêt du point de vue de l’histoire des sciences naturelles, de l’agronomie, de la médecine et des techniques ». La mission s'est également intéressée à ce que ce patrimoine pouvait apporter à « l’histoire de l’enseignement agronomique » en procédant en trois temps : collationnement de l'information, visites in situ et analyses des perspectives offertes.

Résumé

Au regard de la spécialité d’enseignement supérieur des établissements, la conservation et la valorisation des collections patrimoniales ne constituent pas pour eux une mission justifiant l'allocation de moyens spécifiques. Cependant, « ce patrimoine peut participer à la promotion et au rayonnement des établissements dans leur territoire et au-delà », ce que confirme une rapide comparaison internationale faisant ressortir l'importance de la dimension identitaire incarnée par « le musée de l'école ».

Les réponses des écoles ont été réunies dans un document de référence qui constitue de facto un premier inventaire. Des fiches descriptives normalisées sont annexées au rapport.

Cet effort d'inventaire, bien engagé, doit être généralisé, harmonisé et poursuivi.

Les visites in situ ont confirmé l'importance de l'engagement personnel des responsables et des agents et, en même temps, la fragilité du dispositif. Il est donc recommandé de le fortifier, notamment en inscrivant la dimension patrimoniale dans le projet d'établissement, en reconnaissant l'existence de métiers de conservation et en approfondissant la formation des personnels en charge.

La qualité d'une grande partie des collections est remarquable, que les objets soient d'importance nationale (comme les fameuses pièces du docteur Auzoux) ou qu'ils constituent des témoignages de l'histoire propre de chaque établissement.

Le patrimoine existant a été passé au crible critique des principes de gestion de collections muséales. Aussi bien en termes de conservation que de valorisation, l'intérêt des établissements d'enseignement supérieur agricole est clairement de coordonner leur action (autour d'Alfort) et de rejoindre (certains l'ont déjà fait) d'autres institutions comparables (universités, grandes écoles, musées) dans le cadre des réseaux scientifiques de coopération et d'échanges.

Dans la perspective de conserver, d'inventorier, de restaurer et d'étudier mieux ce patrimoine,  la mission recommande :

  • d'encourager et de valoriser les initiatives locales, en établissant dans chaque établissement un inventaire formalisé,
  • de constituer un réseau et de nouer des partenariats à l'échelon national, en formalisant l'existence d'un point central de référence et en insérant les établissements dans les réseaux nationaux du patrimoine scientifique existants ou en voie de constitution (PATSTEC, RECOLNAT, OCIM, Musées de France…).

Le remarquable « fonds écologiste » du Musée du Vivant d'AgroParisTech est un cas particulier par son origine (legs du parti « Les Verts »), son importance et sa nature. Il pourrait gagner à être étudié en liaison avec le service des archives.

La mission préconise enfin l'organisation d'une grande exposition des pièces majeures ou significatives d'un patrimoine qui mérite d'être beaucoup mieux connu, les « Trésors des grandes écoles agronomique, vétérinaire et de paysage ».

Lien vers le rapport : Le patrimoine scientifique et technique ancien des établissements d'enseignement supérieur agronomique, vétérinaire et de paysage (PDF, 2.09 Mo)


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