Le dispositif de lutte contre la FCO
© Cheick Saidou / Min.Agri.Fr

Présentation de la stratégie de lutte contre la FCO.  

BTV8 : la stratégie mise en place depuis 2015

Une surveillance renforcée

La mise en place d’une surveillance renforcée en France continentale et en Corse en septembre 2015 a eu pour objectif de suivre l'évolution de la situation sanitaire dans le temps et l'espace, d'évaluer l'efficacité des mesures de gestion mises en place (notamment : la vaccination obligatoire en Corse), de détecter toute nouvelle introduction d’un autre virus de sérotype différent.

Cette surveillance reposait sur une sensibilisation des éleveurs et des vétérinaires afin qu’ils soient vigilants aux signes cliniques de la maladie et ainsi détecter rapidement une éventuelle présence du virus.
Des zones réglementées ont été déployées au fur et à mesure de la découverte des foyers.
La zone réglementée a été régulièrement étendue pour atteindre en novembre 2017 la totalité du territoire français continental.
A ce jour (31 décembre 2017), près de 3 000 cas de BTV8 ont été notifiés.

La stratégie vaccinale

La campagne de vaccination organisée par l’Etat en France continentale en septembre 2015 avait pour objectif de fluidifier les échanges et exportations d'animaux. Elle a visé en priorité les catégories d’animaux suivantes :

  • les animaux dans les troupeaux avérés infectés,
  • les animaux impliqués dans les schémas de sélection des races
  • les animaux destinés destinés aux échanges européens (notamment les broutards à destination de l’Espagne et de l’Italie) et à l'export vers les pays tiers, que ce soit à des fins d'engraissement ou de reproduction.

La stratégie initiale d'éradication du BTV4

Une vaccination obligatoire a été instaurée en Corse depuis 2014, initialement contre le sérotype 1 puis contre le sérotype 4. Cette vaccination avait pour objectif initialement de prévenir l'introduction de ces sérotypes circulant en Sardaigne, puis, après leur introduction sur l'île, des les éradiquer.

C'est avec ce même objectif d'éradication qu'une vaccination a été mise en place en France continentale vis-à-vis du sérotype 4, après la détection d'un premier foyer en Haute-Savoie.

Le faible nombre de foyers détectés en novembre 2017, tous concentrés dans la partie nord du département de la Haute-Savoie, et l'identification d'une source probable d'introduction du virus dans ce même département (découverte de bovins infectés en provenance de Corse), laissait espérer une détection précoce de l'infection et par conséquent de bonnes chances de l’éliminer.
Des mesures de lutte ont donc été mises en place sur le territoire continental, conformément à la législation européenne.
Un zonage a été instauré par arrêté ministériel du 10 novembre 2017 modifiant l'arrêté du 10 décembre 2008 :

  • mise en place d’un périmètre interdit (PI) de 20 km autour de chaque foyer,
  • d'une zone de protection (ZP) dans un rayon de 100 km autour des foyers (départements 01, 25, 39, 73 et 74 concernés)
  • ainsi qu'une zone de surveillance (ZS) 50 km au-delà de la zone de protection (départements 05, 21, 38, 69, 70 et 71) ;

Des mesures strictes de limitation des mouvements ont également été mises en œuvre dans les différentes zones.

Une vaccination obligatoire en zone de protection a été mise en place (en ciblant prioritairement le périmètre interdit).  Cette vaccination avait le double objectif d'éradiquer le virus et de prévenir sa diffusion, en prévision notamment de la reprise d’activité vectorielle du printemps prochain.

Une surveillance a été instaurée dans les départements des zones de protection et de surveillance (au moins 45 élevages par département).

Une enquête a été conduite dans les élevages ayant reçu des animaux provenant des périmètres interdits avant la découverte du premier cas.

La nouvelle stratégie BTV4 applicable à compter du 1er janvier 2018

Elle a été définie après consultation des professionnels et avis de l'Anses

L'Anses a été saisie afin d'évaluer la probabilité d'éradiquer le virus BTV4 au vu des mesures mises en place. Selon l'avis de l’ANSES rendu le 21 décembre 2017,  pour  parvenir à éradiquer la maladie : 

  • un zonage large, à l’échelle du département, doit être maintenu voire étendu en cas de découverte de nouveaux foyers,
  • une vaccination de 100 % des animaux des espèces sensibles sur une période d’au moins 3 ans serait indispensable, dans l'ensemble des départements situés en zone de protection et de surveillance,
  • ainsi qu'un contrôle strict des mouvements (absence de sortie des animaux de la ZP et des PI vers la ZS tant que la couverture vaccinale n'est pas complète ).

L’épidémiologie, la disponibilité des vaccins contre le BTV4 et l’analyse coûts-bénéfices ont conduit à renoncer à la stratégie initiale d’éradication au profit de l’extension de la zone réglementée BTV4 à l’ensemble du territoire continental avec priorisation de la vaccination à certaines catégories d'animaux (ovins, échanges, exports...).

Cette évolution a été approuvée par le CNOPSAV (instance de concertation du ministère avec les professionnels concernés) lors de sa réunion du 21 décembre.

Les nouvelles mesures à compter du 1er janvier 2018

Le passage de l'ensemble du territoire national continental en zone réglementée BTV4 conduit aux mesures suivantes :

  • les animaux peuvent désormais circuler librement sur le territoire national qui se trouve déjà réglementé au titre du BTV8 ;
  • la vaccination BTV4 devient volontaire, comme pour le BTV8. Les doses vaccinales achetées par l’État en novembre et décembre 2017, sont mises à disposition des éleveurs gratuitement jusqu'à épuisement du stock et sous réserve de respecter des priorités vaccinales (Animaux dédiés à l'export ou à l'échange, petits ruminants domestiques, outils génétiques communs et animaux devant recevoir la deuxième injection de primo-vaccination dans les départements de l'ancienne zone de protection, dès lors que la première injection a eu lieu avant le 31/12/2017)

Une procédure de commande des vaccins est définie et associée à la centralisation des données et au suivi des stocks pour permettre, le cas échéant, un ajustement des priorités vaccinales, en concertation avec les professionnels. Des contrôles aléatoires seront également organisés pour s'assurer que la procédure de commande en fonction des priorités est bien respectée.

Pour en savoir plus, consulter l'arrêté ministériel fixant les mesures techniques et administratives relatives à la lutte contre la fièvre catarrhale du mouton sur le territoire métropolitain paru au Journal Officiel du 31 décembre 2017.

 

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