C’est dans l’élan du succès public et critique de Farrebique qu’Armand Deleule, connu aussi sous le nom d’Armand Chartier, prend la direction du Service cinématographique du ministère de l’agriculture (SCMA) en 1947. Ingénieur des eaux et forêts, Deleule équipe la Cinémathèque du matériel dernier cri et donne ainsi une nouvelle impulsion au SCMA.
Parallèlement à son travail de réalisation, il s’engage dans une grande politique culturelle de diffusion. La Cinémathèque joue un rôle « ressource » pour pallier les manques d’infrastructures culturelles du monde rural. L’objectif poursuivi est l’appropriation véritable par les campagnes de l’outil cinématographique. Le succès du SCMA est certain puisqu’on dénombre déjà environ 2 000 emprunteurs en 1952. Les séances de diffusion étant collectives, le public rural touché par les films de la Cinémathèque est beaucoup plus nombreux.
L’arrivée de la télévision bouleverse la donne dans les années 1960. La priorité reste la vulgarisation de la modernisation agricole, nécessaire à la reconstruction d’après-guerre, mais les modes de diffusion changent. Le SCMA s’associe par exemple à Pierre Desgraupes dans la production de la série « les cousins » qui réunit une personnalité « montée à Paris » et son cousin resté à la campagne.
« La période Deleule » est aussi celle où le « film-témoignage » prend de l’importance. La série La voix, réalisée dans les années 1970, illustre ce désir de livrer une parole rurale. Le documentaire crée un espace disponible de représentations pour le monde rural. De grands noms du cinéma français participent également à la renommée de la Cinémathèque. Jacques Doillon, Robert Enrico, Jean Chapot enrichissent de leurs œuvres la collection du ministère.

- Le pain de seigle
- de Pierre Desgraupes, 1964
_ extrait de la série « les cousins »

- Lili
- d’Armand Chartier, 1972
_ extrait de la série « La Voix »
_ Voir l’extrait

- Laissés pour compte. © Jacques Doillon, 1975
- de Jacques Doillon, 1975
_ Voir l’extrait
