L'agroforesterie : comment ça marche?
16/12/2015
Cultures maraîchères biologiques en agroforesterie. Exploitation de "Terres de Roumassouze".
©Pascal Xicluna/Min.Agri.Fr
L’agroforesterie : comment ça marche?

 

L’agroforesterie est l’association d’arbres et de cultures ou d’animaux sur une même parcelle. Plusieurs systèmes existent : formes bocagères, prés-vergers, prés-bois, alignements de peupliers ou encore plantations de noyers associées à l'élevage ou d’autres essences associées aux cultures. Cette pratique ancestrale est aujourd’hui mise en avant car elle permet une meilleure utilisation des ressources, une plus grande diversité biologique et la création d’un micro-climat favorable à l’augmentation des rendements.

En principe, l’arbre, par son système racinaire, crée des conditions dans les couches profondes du sol qui favorisent l’alimentation en eau et en minéraux des cultures de surface. Les techniques agroforestières permettent de disposer les arbres afin que ceux-ci favorisent au maximum les cultures et rentrent le moins possible en compétition avec elles. Les arbres permettent aussi de diversifier les productions (en capitalisant sur le long terme) : bois d’œuvre, bois énergie, fruits, fourrage.... Ils limitent également la fuite des nitrates dans les couches profondes du sol, ce qui réduit la pollution des nappes phréatiques. La fertilité du sol peut être améliorée par les feuilles des arbres qui tombent sur le sol et qui fournissent un important approvisionnement en biomasse susceptible d’être minéralisée. Lorsque des espèces fixatrices d’azote sont utilisées (comme l’acacia) en association, ils peuvent contribuer à l’alimentation azotée de la culture et ainsi réduire l’utilisation d’intrants de synthèse.

Les arbres et les haies dans les champs permettent d’obtenir une diversité des espèces et des habitats, ce qui est favorable aux insectes auxiliaires des cultures et pollinisateurs.
Par ailleurs, les arbres ont la capacité d’absorber le CO2 et, durant leur phase de croissance, de stocker le carbone. Ils participent donc à atténuer les effets du changement climatique. L’agroforesterie devient ainsi une composante essentielle du projet agro-écologique pour la France, contribuant également à l’initiative « 4 pour 1000 », par enrichissement du sol en matières organiques, et stockage du carbone par les différentes parties des arbres associés aux cultures ou à l’élevage.

 

Voir l'infographie

 

Lire "L'agroforesterie en France: intérêts et enjeux" Analyse n°37 du Centre d'Etudes et de Prospective

 

La prise en compte de l’agroforesterie dans la PAC

 

La réforme de la PAC, entrée en application au 1er janvier 2015, comporte plusieurs éléments relatifs à la prise en compte de la haie et de l’arbre dans les mécanismes d’aide.

Consulter la fiche

 

1) Les aides au titre du premier pilier

A titre du premier pilier, les surfaces en terres arables ou cultures permanentes sont admissibles dans la limite de cent arbres d’essence forestière par hectare.

- La conditionnalité des aides

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La conditionnalité des aides est un ensemble de règles à respecter pour tout agriculteur qui bénéficie d’une ou plusieurs des aides liées à la surface ou à la tête (paiements découplés, aides couplées pour des animaux ou des végétaux, ICHN, MAEC surfaciques, agroforesterie).

La conditionnalité comporte des exigences relatives au respect de dispositions réglementaires ("ERMG") dans le secteur de l’environnement, du sanitaire et du bien-être animal, et à de bonnes conditions agricoles et environnementales ("BCAE"), que l’agriculteur doit respecter sur les surfaces, animaux et éléments sur lesquels il a le contrôle.

Les haies sont visées par la BCAE7 « maintien des particularités topographiques » qui vise à les protéger et qui fixe également un calendrier pour la taille des haies et des arbres.

Consulter la fiche « haies – modalités pour une prise en compte large et pragmatique »

 

- Le paiement vert

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Le paiement vert est un paiement découplé, payé en complément des Droits à Paiement de Base (DPB), accordé à tout exploitant qui respecte (sauf cas dérogatoires) un ensemble de trois critères bénéfiques pour l’environnement. Parmi ces critères, il doit disposer de surfaces d’intérêt écologique (SIE) sur son exploitation, c’est-à-dire avoir des éléments (arbres, haies, bandes tampon, certaines surfaces en agroforesterie, certains types de culture...) correspondant, avec application de coefficient de pondération, à au moins 5 % de la surface en terres arables et SIE, et situés sur ces terres arables ou leur étant adjacents.

Consulter la fiche sur les surfaces d’intérêt écologique (SIE)


 

2) Les aides au titre du règlement de développement rural

La nouvelle programmation de développement rural a débuté en 2015 avec notamment la mise en place d'un nouvel ensemble de MAEC. Les Régions sont désormais «autorités de gestion du FEADER» et, à ce titre, elles décident, après consultation de l'ensemble des acteurs concernés, du contenu des Programmes de Développement Rural (PDR) et des mesures à mettre en oeuvre.

S'agissant des MAEC, les Régions s'appuient sur le Document de Cadrage National (DCN) qui décrit les cahiers des charges des MAEC. Ce document a été établi par l'Etat en concertation avec les partenaires. L’Etat est chargé de la négociation avec la Commission Européenne, afin que les MAEC puissent être mobilisées par les Régions.

Cadre national

Annexes

 

  • La mesure « agroforesterie » vise à soutenir la mise en place et l’entretien des systèmes agroforestiers, s’ils comportent des plantations d’arbres intraparcellaires.

Le choix d’ouvrir cette mesure et la définition de son contenu relève de la responsabilité de chaque autorité compétente, les Conseils régionaux.

Afin d’inciter ces derniers à mobiliser cette mesure, le MAAF apporte des crédits en co-financement, en ciblant l'installation et l'entretien de systèmes agroforestiers intra-parcellaires.

 

  • La plantation de haies peut être aidée au titre des investissements non productifs liés à la réalisation d'objectifs agro-environnementaux et climatiques (sous-mesure 4.4).

En savoir plus sur http://www.europe-en-france.gouv.fr/

 

  • L’entretien des haies peut être appuyé par des mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC, sous-mesure 10.1) si elles sont situées dans les zones à enjeux environnementaux identifiées par chaque Région dans son PDR. ».

 

  • L'entretien des arbres et bosquets (MAEC LINEA) peut également être aidé, dans les mêmes conditions, ainsi que les vergers de haute tige et prés vergers.

Les MAEC font partie des mesures cadrées au niveau national, et doivent obligatoirement être ouvertes dans les PDR.

 

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Voir aussi