L'agriculture et les forêts au cœur de la COP23
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© Pascal Xicluna / Min.Agri.Fr

La 23e conférence des Parties (COP23) de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC) se tient à Bonn, en Allemagne, du 6 au 17 novembre 2017, sous la présidence des Îles Fidji. Un rendez-vous important pour la France qui s'investit pour intégrer l'agriculture et les forêts dans la lutte contre le changement climatique.

Cette COP23 s'inscrit dans la séquence du programme de travail de Paris, commencée par la signature de l'Accord de Paris, signé lors de la COP21 en décembre 2015, et qui s'achèvera par l'approbation au consensus des décisions d'application de l'Accord à Katowice (Pologne) lors de la COP 24, en 2018.

À ce jour, sur les 197 Parties de la Convention, 169 ont ratifié l'Accord de Paris.

L'agriculture et les forêts font partie des secteurs les plus affectés par le changement climatique et nécessitent des mesures d'adaptation. Elles sont aussi sources de solution pour le climat avec notamment :

  • la réduction des sources d'émissions de gaz à effet de serre ;
  • l'augmentation des puits de carbone terrestres, y compris les sols (initiative 4 pour 1000).

La sécurité alimentaire au cœur des débats

L'agriculture et les forêts présentent en effet de nombreuses spécificités, à commencer par leur rôle crucial pour la sécurité alimentaire.

En 2015, l'Accord de Paris a renouvelé l'importance de la sécurité alimentaire et introduit de nouvelles dispositions pour le secteur des terres, y compris les forêts. Comme le souligne la FAO, 90% des Contributions nationalement déterminées (NDC) des Parties incluent l'agriculture ou le secteur des terres dans leurs objectifs d'atténuation. Sur les 70% de NDC dotées d'un volet adaptation, la quasi-intégralité mentionne l'agriculture ou le secteur des terres comme des secteurs prioritaires. Une caractéristique importante des absorptions du secteur des terres est leur non-permanence : l'accumulation des stocks de carbone peut être annihilée quasiment instantanément par une catastrophe naturelle ou par une action anthropique.

L'implication du ministère dans la COP 23

Des agents du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation font partie de la délégation française à la COP 23. Ils participent aux négociations dans le cadre du groupe de l'Union européenne (UE), dont les positions ont été collectivement définies tout au long de ces derniers mois.

Au sein de l'UE, mais aussi des autres pays développés, la France s'investit pour intégrer l'agriculture et les forêts dans la lutte contre le changement climatique.
Pour le ministère, il s'agit de :

  • Promouvoir la multiperformance de l'agriculture, de l'agro-écologie, y compris l'agroforesterie ;
  • Promouvoir l'initiative 4 pour 1000 : les sols pour la sécurité alimentaire et le climat qui tiendra sa réunion annuelle le 16 novembre ;
  • Promouvoir la gestion durable des forêts, l'optimisation du bilan carbone et l'articulation entre atténuation et adaptation au changement climatique.

Les positions portées par le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation témoignent d'une attention particulière aux besoins et aux défis des pays les moins avancés et s'inscrivent dans une recherche active de compromis entre toutes les Parties, dans l'esprit de l'Accord de Paris et de ses principes d'une action climatique internationale équitable et ambitieuse. Le ministère est également mobilisé sur l'Agenda de l'action, deuxième pilier des conférences climat depuis la COP21, et soutient plusieurs initiatives comme Beef Carbon et Carbon Dairy des secteurs de production lait et viande bovine ou encore l'initiative pour les forêts d'Afrique centrale (CAFI).

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