La formation, levier de la coopération agricole franco-chinoise
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Cet automne, une quarantaine d'agriculteurs chinois s'est rendue en Bretagne pour y découvrir pendant une semaine notre agriculture. Encadrée par l'établissement d'enseignement supérieur agricole Agrocampus Ouest, cette formation intervient dans le cadre d'un plan de coopération avec la Chine, qui souhaite faire évoluer son agriculture. Pour la France, l'objectif est double : valoriser son modèle agricole à l'international et nouer des partenariats stratégiques pour son agriculture et ses entreprises.

Avec ses dizaines de millions d'agriculteurs et son vaste territoire, la Chine est l'une des premières puissances agricoles mondiales. L'agriculture fait partie des atouts du pays et participe à hauteur de 9% (source : Banque mondiale, 2014) de son PIB (Produit intérieur brut). Un secteur stratégique que le gouvernement chinois a mis au centre de ses grands chantiers prioritaires. La Chine souhaite en effet accélérer la restructuration agricole du pays et faire évoluer sa politique agricole. Et si elle prend exemple sur les grandes exploitations australiennes, la France est, elle, un modèle en ce qui concerne les moyennes exploitations et les fermes familiales.

Former les futurs leaders agricoles du Jilin

Ainsi, entre septembre et novembre 2017, une quarantaine d'agriculteurs chinois (éleveurs, horticulteurs, arboriculteurs…) de la province du Jilin, située dans le nord-est de la Chine, ont participé en Bretagne à une semaine de formation accélérée. Objectif : recueillir les bonnes pratiques des agriculteurs bretons afin de les mettre en pratique sur leurs territoires.

Comme en Bretagne, l'agriculture de cette province chinoise se caractérise par des fermes familiales de type polycultureélevage. Mais les points communs s'arrêtent là : le Jilin est principalement tourné vers une agriculture intensive peu structurée, ce que le gouvernement veut changer.

À leur retour, ils auront donc pour mission de faire évoluer le modèle agricole de leur province - qui représente 10% de la production céréalière nationale - selon les instructions de leur gouvernement :

  • la meilleure prise en compte du respect de l'environnement et du bien-être animal,
  • la création de valeurs avec l'agriculture biologique et/ou la mise en place de labels.

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Une semaine de formation intensive

Deux sessions de formation ont déjà eu lieu en 2017, en septembre avec 20 agriculteurs et en novembre avec 26 agriculteurs, autour d'un programme désormais bien rodé :

  • des échanges institutionnels et avec des étudiants d'Agrocampus Ouest ;
  • des rencontres avec des agriculteurs sur le terrain et avec des entreprises ;
  • des échanges avec des associations qui veillent à la création de valeur ajoutée ;
  • des visites de plate-formes et d'exploitations expérimentales ;
  • des expériences culinaires, des moments de détente et de visites touristiques.

Ce plan de formation est le fruit d'une mission exploratoire organisée en juin 2017 par le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation grâce au budget d'influence qui a permis à plusieurs établissements d’enseignement supérieur et technique de rencontrer leurs homologues dans le nord-est de la Chine

Un partenariat qui s'inscrit dans la durée

La coopération dans le domaine de la formation ne s'arrête pas là. La création d'autres formations agricoles « à la française » en Chine est notamment à l'étude. De même, en septembre 2017, Agrocampus Ouest a accueilli sa première étudiante chinoise dans le cadre d'un programme d'échange. Weitong Zhang va y suivre le trimestre dispensé en anglais consacré à l'agro-écologie. Il s'agit de la première concrétisation de l’accord signé avec l'Université agricole de Jilin, située à Changchun. Sans doute le début d'une longue série d'échanges avec les établissements d'enseignement supérieur agricole français qui accueillent déjà, par ailleurs, des centaines d'étudiants étrangers chaque année.