La coopération franco-allemande expliquée aux lycéens
Cheick Saidou/agriculture.gouv.fr
Mardi 5 juin, l'amitié franco-allemande était à l'honneur au ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation. Trois établissements dont un de l'enseignement agricole ont assisté à un après-midi de témoignages et d'illustrations concrètes de cette coopération qui perdure depuis la signature du traité de l'Elysée par le général de Gaulle et le chancelier Adenauer en 1963. Aperçu de ces échanges.

Co-organisée avec l'Ofaj (organisme franco-allemand pour la jeunesse), cette journée a réuni une soixantaine de lycéens : des élèves de seconde (allemand LV2) du lycée Michel Ange de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), des élèves de seconde et de première en section européenne allemande du lycée du Parc des Loges à Evry (Essonne) ainsi que des élèves du lycée agricole Le Chesnoy à Amilly (Loiret).

L'Allemagne et la France sont « deux pays à l'histoire tumultueuse » a rappelé Philippe Vinçon, Directeur général de l'enseignement agricole et de la recherche (DGER). Mais depuis le Traité de l’Élysée, la coopération franco-allemande se manifeste dans différents secteurs.

L'Allemagne et la France, une coopération agricole fructueuse

Mobilité, stages, échanges de fonctionnaires, échanges de pratiques et de points de vue… la coopération dans le domaine agricole revêt différentes formes. Au cours de cette journée, les lycéens ont pu comprendre comment le couple franco-allemand fonctionne au sein des ministères.

Par exemple, l'échange de fonctionnaires. Andreas Flach, fonctionnaire allemand, travaille à la DGPE (Direction générale de la performance économique et environnementale des entreprises) depuis avril 2018 sur un projet de coopération franco-allemande : « en matière de bioéconomie, l'Allemagne et la France sont toutes deux des poids lourds en Europe. Bien qu'ils aient chacun leur propre stratégie, les deux pays avancent ensemble ».

Par ailleurs, dans le secteur sanitaire, l'Allemagne et la France échangent ensemble régulièrement sur des projets européens comme l'antibiorésistance et pour identifier des positions communes.

Depuis quelques années, les mobilités entre la France et l'Allemagne se développent aussi dans l'enseignement agricole grâce notamment aux financements du programme ERASMUS+. Stages, voyages d'études, mobilités académiques...nombreux sont les jeunes qui se tournent vers l'Allemagne, « pays de l'apprentissage ». À Blanquefort, l'EPL Gironde Bordeaux a établi un partenariat avec le lycée Louise Schroeder de Wiesbaden. Chaque année, des apprentis viennent ainsi travailler dans des entreprises locales d'aménagement du paysage ou dans le secteur viticole pendant trois semaines.

C'est le cas de Sébastien Lasselin, apprenti à l'EPL Gironde Bordeaux. Cet étudiant en aménagement paysager est parti deux fois en mobilité de stage en Allemagne grâce au programme ERASMUS+ : « ça m'a permis d'acquérir et de découvrir un nouveau mode de travail, de nouvelles habitudes de vie et une ouverture d'esprit. La langue n'a pas été une barrière, malgré quelques réticences au début ».

Propositions des lycéens pour l'avenir de l'Europe

Cette journée s'est poursuivie par un débat citoyen autour de l'alimentation et de l'Europe. Les propositions des lycéens seront remises au Conseil de l'Europe fin 2018. Parmi celles-ci figurent  :

  • recouvrer le lien de confiance entre consommateurs et producteurs en développant la culture bio et les circuits courts, en menant des campagnes de sensibilisation pour inciter les consommateurs à mieux manger ;
  • aider le consommateur dans son acte d’achat en favorisant par exemple, le nutriscore ;
  • lutter contre le gaspillage alimentaire en utilisant les fruits et légumes hors calibre ;
  • rendre l'alimentation de qualité accessible à tous avec des prix raisonnables ;
  • aider les producteurs qui privilégient la qualité ;
  • changer les modes de production : « faire que la production de masse soit moins rentable » et permettre aux petites exploitations d’être plus compétitives en demandant à l’Union européenne de financer le différentiel de marge ;
  • l’aspiration à une nourriture sans OGM et avec le moins de pesticides possibles ;
  • limiter la concurrence venue de pays tiers, dont les standards de production ne sont pas aussi exigeants qu’en Europe notamment pour le lait, la viande et les fruits.

L'alimentation demeure une préoccupation majeure chez les jeunes Européens : « On aime l’Europe, car elle nous protège du bœuf aux hormones, du poulet à l’eau de javel et des OGM ».