La cinémathèque du ministère, une collection unique ouverte à tous
Paysanne servant le repas à deux paysans.
Structures atypiques au sein d’une administration, la cinémathèque et la photothèque du ministère de l’Agriculture et de l'Alimentation collectent, produisent et diffusent des images sur le monde rural depuis le début du XXe siècle. Aujourd’hui, leur activité se concentre autour de la conservation des patrimoines iconographique et cinématographique ainsi que de la production d’œuvres, afin de familiariser le grand public aux thématiques du monde rural.

Du ciné éducateur de l’entre-deux-guerre à la cinemathèque agricole contemporaine, plusieurs générations d’acteurs institutionnels, tels que le ministre Henri Queuille, et de réalisateurs de renom comme Jacques Doillon, Robert Enrico, ou plus récemment Christian Carion, se succèdent pour illustrer un monde rural en constante mutation. La modernisation est le mot d’ordre des commandes de la première moitié du XXe siècle : Jean Benoît-Lévy (1922-1935), mais aussi la commission du Plan Marshall (1947-1957) se font les chantres de la vulgarisation technique en vantant les mérites du progrès dans les campagnes.

Ces oeuvres institutionnelles côtoient des documentaires et fictions à destination du plus grand nombre : Farrebique de Georges Rouquier (Grand prix de la critique à Cannes en 1946) initie cette évolution. C’est surtout avec Armand Deleule-Chartier, que le «  film-témoignage » prend de l’importance. La série de portraits de femmes "La Voix", mais aussi "La part des choses" de Bernard Dartigues (prix George Sadoul en 1983), illustrent ce désir de délivrer la parole rurale. Plus récemment, la collection Carte blanche propose une réflexion autour d'une thématique rurale en s'appuyant sur la valorisation des films d’archives de la Cinémathèque agricole.

Mémoire du monde agricole et rural

Avec plus de 100 000 images d’archives et de photographies contemporaines, la photothèque du ministère de l’Agriculture et l'Alimentation représente depuis sa création en 1947, une véritable mémoire du monde agricole et rural. Des collections patrimoniales aux collections documentaires, le patrimoine iconographique du ministère constitue une source originale de savoir et d’intérêt.

Forte de ses partenariats prestigieux avec des agences telles que Vu, Rapho, Magnum Photo, la photothèque a pu mener à bien des projets diversifiés et novateurs. Le lancement du programme 12 villages en Europe en 1987 marque le début des collections photographiques contemporaines d'auteurs. À bien des égards, l’appel à des photographes de renom a permis d’introduire un regard neuf et artistique sur la ruralité.

Depuis, le travail quotidien du pôle de l'image du patrimoine et de la production audiovisuelle complète nos collections et documente l'évolution du monde agricole, des pratiques alimentaires et la transformation de nos paysages.

Ces collections sont accessibles sur la médiathèque du ministère.

1923, les débuts du cinématographe agricole

C'est au passage d'Henri Queuille, rue de Varenne que l'on doit la création du cinématographe agricole en 1923. Quatre fois ministre de l'agriculture pendant entre 1924 et 1940, il impulsera une profonde modernisation des campagnes par l'introduction de la mécanisation, l'électrification des villages ruraux. La modernisation est ainsi l’objet de la « propagande » gouvernementale, expression qui à l’époque n’a d’ailleurs aucune connotation péjorative. Pour le monde rural, il s’agit de promouvoir l’hygiène, les bonnes pratiques agricoles, l’acquisition de machines ou de nouveaux modes opératoires. En 1923, Henri Queuille donne au « cinématographe agricole » sa forme juridique et opérationnelle. Il a même l’idée de le financer par une taxe sur les paris équestres et de mettre sur pieds de véritables séances, avec actualité et film d’accompagnement. Accueillies dans les salles communales ou paroissiales, ces séances sont des événements à succès à une époque où, affaire de citadins, le cinéma était rare dans les campagnes. Ancêtre de l’actuelle cinémathèque du ministère de l’Agriculture, née après la deuxième guerre mondiale, le cinéma agricole a effectivement joué un rôle considérable jusque dans les années 1950.

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